Samia Ghali, sénatrice, maire des 15 et 16ème arrondissements de Marseille (DR)

Samia Ghali, maire des 15/16ème à Marseille : « à part les ministres en visite, nous n’avons encore rien vu… »

Dans un entretien accordé à mediaterranee, Samia Ghali, maire PS des 15ème et 16ème arrondissement de Marseille et sénatrice, déplore l’absence de réponse globale à la recrudescence de la violence dans les quartiers. Les dispositifs d’accompagnement social des jeunes chômeurs et des familles pauvres font gravement défaut. Rien n’a changé depuis le Comité interministériel du 6 septembre 2012, selon la sénatrice qui confirme par ailleurs sa candidature à la mairie de Marseille.

mediaterranee.com : le gouvernement socialiste  affirme se mobiliser pour Marseille, quel changement avez-vous noté dans vos quartiers ?

Samia Ghali: Rien, pas grand-chose … Nous avons certes eu 150 fonctionnaires de police en renfort, 250 autres annoncés jeudi par le ministre de l’Intérieur. Mais dans la réalité, rien n’a changé, le niveau de violence n’a pas baissé. Il faut se rendre à l’évidence, la réponse ne peut être seulement d’ordre sécuritaire. Il faut d’urgence une réponse à caractère social. On ne le dira jamais assez : la ville collectionne tous les mauvais chiffres. Dans les quartiers, un quart de la population vit dans la pauvreté, la grande majorité est confrontée au chômage, à l’échec scolaire, au mal-logement. Mis à part, les visites de ministres et des patrouilles de police supplémentaires, nous n’avons rien vu de nouveau. On parle par exemple de « contrat d’avenir », les jeunes des quartiers n’en ont pas encore vu la couleur.

Les services de l’Etat, et notamment la sous-préfète parle « d’atelier éducatifs » et de programme sociaux dans les cités…

On essaye effectivement de faire travailler des jeunes sur des chantiers de rénovation dans leur cité, c’est la moindre des choses, mais c’est très épisodique, de là à parler de chantiers éducatifs… La sous-préfète peut dire ce qu’elle veut, pour ma part je reçois constamment dans ma permanence des jeunes qui viennent dire leur détresse, leur condition de chômeurs sans issue.

Que disent les familles que vous rencontrez à la maire socialiste, supposée être solidaire de ce gouvernement qui ne fait pas ce qu’il faut ?

Les familles que je rencontre m’encouragent et me soutiennent, elles me remercient de les représenter en disant haut et fort que les réponses ne sont pas à la hauteur. C’est mon rôle de dire que les choses ne vont pas, c’est dans l’intérêt du gouvernement et de mon parti. Il faut bien comprendre que la situation à Marseille ne se résume pas au trafic de drogue. Nous sommes en présence d’un phénomène impressionnant d’explosion de la violence. Il faut une réponse globale, pas des mesures au coup par coup.

Confirmez-vous votre candidature à la mairie de Marseille ?

Oui, absolument, je suis candidate aux primaires du PS dans l’objectif d’aller à la conquête de la mairie. Le dernier sondage du JDD (Journal du Dimanche, ndlr) me place en tête. Je pense être en mesure de réunir les soutiens nécessaires et je vais me battre...

Propos recueillis par Nadjib TOUAIBIA