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Ramadan 2026 : la Grande Mosquée de Paris confirme le début du jeûne au 19 février

La Grande Mosquée de Paris a officiellement annoncé, lundi 17 février 2026, que le mois sacré du Ramadan débuterait le mercredi 19 février. Après la traditionnelle Nuit du Doute, l'institution religieuse la plus emblématique de France a confirmé que le premier jour de jeûne du Ramadan 1447 de l'Hégire tomberait ce mercredi, une annonce attendue avec impatience par près de six millions de musulmans vivant dans l'Hexagone.

La conjonction de la nouvelle lune s'est produite le 17 février 2026 à 13h01, heure de Paris. Selon le Centre international d'astronomie, « la visibilité du croissant lunaire est impossible ou irréalisable depuis l'ensemble du monde arabe et islamique ». Ce constat scientifique a conduit plusieurs autorités religieuses à s'appuyer sur les calculs astronomiques plutôt que sur l'observation traditionnelle à l'œil nu, une méthode qui continue de faire débat au sein de la communauté musulmane mondiale.

La Grande Mosquée de Paris, qui préside la commission religieuse d'observation du croissant lunaire, a réuni lundi soir les représentants des principales fédérations musulmanes de France. Parmi les organisations présentes figuraient le Rassemblement des Musulmans de France (RMF), la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris et plusieurs conseils régionaux du culte musulman. À l'issue de cette réunion solennelle, le recteur Chems-Eddine Hafiz a confirmé le 19 février comme premier jour du Ramadan. L'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du mois de jeûne, est provisoirement prévu pour le vendredi 20 mars.

Plusieurs pays avaient annoncé leur décision dès le week-end. Le sultanat d'Oman, la Turquie, Singapour, l'Australie et l'Indonésie ont confirmé la date du 19 février dès dimanche. L'Algérie, la Tunisie, les Émirats arabes unis, le Qatar et le Bahreïn se sont ensuite alignés sur ce consensus international, formant un front quasi unanime parmi les nations à majorité musulmane.

L'Arabie saoudite en décalage, une divergence récurrente

L'Arabie saoudite a annoncé le 18 février comme date de début du jeûne, soit un jour plus tôt que la majorité des pays musulmans. Les données astronomiques indiquaient pourtant que le croissant lunaire n'aurait que 2 heures et 14 minutes de visibilité au coucher du soleil, rendant son observation physique théoriquement impossible. Cette divergence récurrente illustre les différences entre les écoles juridiques islamiques sur les méthodes de détermination du début du mois sacré.

Le royaume wahhabite s'appuie traditionnellement sur des critères de visibilité plus souples, acceptant des témoignages oculaires même lorsque les conditions astronomiques rendent l'observation improbable. Cette approche contraste avec celle adoptée par la majorité des pays du Maghreb et par la Grande Mosquée de Paris, qui privilégient une combinaison de calculs scientifiques et d'observation effective du croissant lunaire.

En France, la question de l'unification du calendrier musulman fait débat depuis des décennies. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) tente régulièrement de proposer un calendrier lunaire harmonisé, mais les différentes sensibilités au sein de la communauté rendent l'exercice délicat. Cette année toutefois, la convergence entre calculs astronomiques et observation traditionnelle a permis une annonce relativement consensuelle, saluée par la plupart des acteurs du culte musulman en France.

Des conditions de jeûne favorables et une mobilisation logistique importante

Pour les habitants du bassin méditerranéen, ce Ramadan coïncide avec la fin de l'hiver et le début du printemps, offrant des durées de jeûne modérées, comprises entre 12 et 14 heures par jour. À Paris, le jeûne du premier jour débutera à 6h27 pour s'achever à 18h20. Les horaires de l'iftar varient selon les villes méditerranéennes, de Marseille à Montpellier en passant par Nice et Toulouse.

Le CFCM a fixé le montant de la Zakat el-Fitr, l'aumône obligatoire de fin de Ramadan, à 9 euros par personne cette année. Cette contribution, destinée aux plus démunis, doit être versée avant la prière de l'Aïd el-Fitr. Les associations caritatives musulmanes, comme le Secours Islamique France, ont d'ores et déjà lancé leurs campagnes de collecte pour accompagner les familles les plus vulnérables durant ce mois de solidarité.

L'approche du mois sacré a eu un impact significatif sur les prix des billets d'avion, notamment vers l'Algérie, où les tarifs ont atteint jusqu'à 360 euros pour un aller-retour depuis la France. De nombreuses familles franco-maghrébines souhaitent en effet passer une partie du Ramadan auprès de leurs proches restés au pays. Les grandes villes françaises ont préparé des dispositifs d'accueil renforcés pour les prières de Tarawih qui débuteront dès mercredi soir, avec des mesures de sécurité adaptées aux rassemblements nocturnes.

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris a tenu à rappeler que « le Ramadan est un moment de recueillement, de générosité et de vivre-ensemble ». Un message qui résonne particulièrement dans le contexte actuel, alors que la communauté musulmane de France s'apprête à vivre ce mois de spiritualité, de partage et de fraternité.

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