Biarritz : un pan de falaise s'effondre sur des plongeurs, deux disparus
Un drame s'est joué mercredi 24 juin 2026 en début de soirée à Biarritz : un important pan de falaise s'est détaché aux abords du phare, vers 20h20, et s'est écrasé dans l'océan à l'endroit précis où évoluaient des plongeurs. Selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, deux d'entre eux seraient ensevelis sous les matériaux issus de l'éboulement, tandis qu'un troisième a pu regagner le rivage, indemne mais fortement choqué.
Il était environ 20h30 lorsque le calme de cette douce soirée d'été a été brisé par un fracas assourdissant. Sur la côte biarrote, plusieurs témoins ont d'abord cru à un coup de tonnerre avant de comprendre l'ampleur de ce qui venait de se produire. Un large fragment de la paroi rocheuse, situé sous le phare emblématique de la ville, venait de céder et de plonger dans la mer.
La préfecture a confirmé dans la soirée, par communiqué, « un effondrement significatif de falaise aux abords du phare de Biarritz, vers 20h20 ». L'autorité parle d'un éboulement représentant « environ 2000 m² » de matériaux, un volume considérable qui s'est abattu sur une zone où plusieurs nageurs et chasseurs sous-marins se trouvaient au moment des faits.
La scène s'est déroulée au niveau de la plage dite de Bernain, également connue sous le nom de « l'épave de l'aiglon ». Ce site, situé en contrebas du phare, est interdit d'accès toute l'année en raison précisément des risques de chutes de pierres. Dès le déclenchement de l'alerte, le périmètre a été évacué et bouclé par les secours.
« Un énorme bruit, comme un coup de tonnerre »
Vincent Pariset, un Biarrot d'origine, se trouvait sur l'eau au moment du drame. « Il était 20h30, on a décidé avec ma fille de se balader au large du Miramar en paddle. On était tous les deux et tout d'un coup on a entendu un énorme bruit, comme un coup de tonnerre, sous le phare. On s'est retourné et on a vu tout un pan de falaise tomber », raconte-t-il, encore sous le choc.
Le témoin décrit une scène impressionnante : la chute du bloc rocheux a provoqué « une énorme vague de 1,50 m ». En se rapprochant, il aperçoit alors les bouées orange de trois plongeurs équipés de combinaisons, de poids et de harpons, signe qu'ils pratiquaient la chasse sous-marine près de la paroi qui venait de s'effondrer.
« On s'est dirigés avec les surfeurs et les paddle vers cet endroit et on a vu, au bout de 10 minutes, un des trois plongeurs rentrer avec ses deux bouées. Je l'ai aidé à sortir de l'eau, il était effondré. Il a dit que ses deux amis manquaient à l'appel », poursuit Vincent Pariset. C'est ce rescapé qui a donné l'alerte sur la disparition de ses compagnons, déclenchant l'intervention massive des secours.
Des recherches sous haute tension dans la nuit
Vers 22h, la préfecture précisait que « deux de ces plongeurs seraient actuellement ensevelis sous les matériaux issus de l'effondrement ». Les sapeurs-pompiers, appuyés par des équipes spécialisées de plongeurs et de secours en milieu périlleux, ont engagé immédiatement des recherches qui se poursuivaient activement, de nuit, plusieurs heures après le drame.
Les opérations, démarrées vers 21h15 à proximité du phare, ont mobilisé un hélicoptère et des jet-skis pour ratisser la zone alors que l'obscurité compliquait sérieusement la tâche des sauveteurs. L'instabilité du terrain, fragilisé par l'effondrement, rendait par ailleurs toute approche du pied de la falaise particulièrement périlleuse pour les équipes engagées. Le troisième plongeur, indemne physiquement mais profondément traumatisé, a été pris en charge et bénéficie d'un accompagnement médical et psychologique. Le maire de Biarritz ainsi que le sous-préfet de Bayonne se sont rendus sur place pour suivre le déroulement des recherches.
Ce drame survient dans un contexte de fragilité bien connu du littoral basque. Soumises à une érosion constante, les falaises de la région reculent en moyenne de 20 à 30 centimètres chaque année sous l'action des vagues et des intempéries. Les chutes de blocs y sont régulières, et les autorités multiplient depuis des années les mises en garde sur les zones réputées dangereuses.
Pour tenter d'endiguer le phénomène, la Ville de Biarritz mène un vaste chantier de confortement des falaises de la Côte des Basques, estimé à plusieurs millions d'euros. La deuxième tranche de ces travaux, qui consiste à ériger des parois clouées, des plateformes et des talus végétalisés, s'est déroulée de janvier à avril 2026, de la villa Toki Ederra jusqu'au sud de la résidence Eugénie. Mais l'efficacité de ces aménagements face à la puissance de l'océan fait débat. « On va dépenser des millions, mais la mer, elle va avancer », confiait récemment une habitante. L'effondrement meurtrier de ce mercredi soir rappelle, tragiquement, la dangerosité persistante de ces côtes spectaculaires mais imprévisibles.