Aoà»t 2010. Les experts du CERD (Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale) ont dénoncé une recrudescence des actes racistes en France. Rendant leur premier rapport sur la France depuis 2005, ces observateurs ont principalement déploré le manque de "vraie volonté politique" et se sont montrés très critiques envers la France. Se rapport dénonce entre autres : Le débat sur l'identité nationale, la politique d'expulsion des Roms, la non-reconnaissance du droit des minorités dans la législation ou encore la déchéance de la nationalité pour des criminels d'origine étrangère, ainsi que le durcissement du discours politique : le pays des droits de l'Homme a été sévèrement rappelé à l'ordre par les experts de l'ONU. Le CERD a par exemple critiqué le système d'attribution de visas de circulation aux gens du voyage ainsi que le droit de vote conditionné à plusieurs mois de vie dans la même commune. Le carnet de circulation, obligatoire pour toute personne ne disposant pas d'adresse fixe, rappelle "l'époque de Pétain", selon un membre du Comité. Les récentes déclarations du président franà§ais Nicolas Sarkozy qui souhaite retirer la nationalité à " toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte " à un " dépositaire de l'autorité publique " n'ont pas trouvé, non plus, grâce aux yeux des 18 experts. Un membre du Comité s'est étonné : " Je ne comprends pas ce que c'est qu'un Franà§ais d'origine étrangère et je me demande si cela est compatible avec la Constitution ". La délégation franà§aise n'a pas pu rassurer les experts, estimant impossible de commenter un projet de loi dont les contours n'ont pas encore été définis. Plusieurs associations antiracistes espèrent que les critiques venant de l'ONU porteront leurs fruits : " Je suis triste de voir la France épinglée et montrée du doigt de la sorte, a déclaré Alain Jakubowicz, président de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), mais il faut dire que la plupart des critiques et reproches sont fondés ". De son côté, Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des droits de l'Homme s'est félicité : " Nous sommes satisfaits que des experts internationaux partagent notre inquiétude. Cela veut dire que notre diagnostic n'est pas teinté d'anti-sarkozysme ou d'angélisme. Ces dérives inquiètent aussi la communauté internationale ". Les experts du CERD ont jugé que les résultats de la lutte contre la discrimination et le racisme ne sont pas à la hauteur et dénoncent une " recrudescence notable du racisme et de la xénophobie " dans le pays des droits de l'homme. Le Comité de l'qui doit rendre ses conclusions d'ici le 27 aoà»t prochain.