Être sans abri, à Paris - ou partout ailleurs - c'est être 'au bord du monde", c'est être au bord d'un gouffre sans fond avec le risque menaçant de l'inéluctable chute.
Le froid, la faim, l'insécurité, le non lieu de vie constituent l'horizon de l'errance douloureuse, quotidienne et sans fin, de ceux qui sont désignés par les simples initiales de SDF.
Ils s'appellent Pascal, Wenceslas, Michel, Chistine, et résument leur situation de marginaux qui, nulle part, n'ont un pied à terre: "Si encore on pouvait vraiment se mettre quelque part! Mais on dérange toujours!".
Leur extrême précarité n'est pas assumée comme elle le devrait par la société, qui, indéniablement, a contribué à la générer: "La non-réponse au problème qui nous maintient ici, c'est ça le pire!".
Ceci dans un déni catégorique de leurs "efforts pour remonter la pente", qui sont systématiquement ignorés, comme si leur sort tragique était scellé...