60 incendies déclarés en Grèce en 24h : deux usines brûlées près de Thessalonique
La Grèce a été confrontée à une situation d'urgence majeure ce week-end avec 60 incendies déclarés en l'espace de 24 heures, testant les limites des services de secours du pays. Dans la région de Thessalonique, la deuxième plus grande ville grecque, un brasier dévastateur a ravagé deux usines dans une zone industrielle, provoquant un panache de fumée toxique s'étendant sur plus de 20 kilomètres. Les autorités ont émis des alertes d'urgence et ordonné aux habitants de rester confinés chez eux, fenêtres fermées, tandis que les pompiers luttaient contre les flammes dans tout le pays.
Au total, 96 feux en zones ouvertes ont été recensés en deux jours à travers le territoire grec, selon les services d'incendie. La Macédoine centrale, dans le nord du pays, s'est révélée être l'épicentre de cette crise avec quinze foyers distincts déclenchant de multiples évacuations d'urgence dans les banlieues de Thessalonique et la péninsule de Chalcidique. Le ministère de la Protection civile a envoyé 112 messages d'alerte aux résidents et aux visiteurs, illustrant l'ampleur de la catastrophe. Cette situation rappelle les violents incendies qui ont frappé la Grèce ces dernières années.
Deux usines ravagées par les flammes à Oraiokastro
L'incendie le plus préoccupant s'est déclaré samedi soir dans le faubourg d'Oraiokastro, près de Thessalonique. Démarré dans une zone forestière, le feu s'est rapidement propagé vers une zone industrielle où sont implantées plusieurs usines et entreprises. Deux installations ont été complètement ravagées : une usine de recyclage de plastiques de grande envergure et une installation de traitement de lubrifiants et de produits pétroliers. Les flammes ont également touché des entreprises textiles, créant un cocktail toxique de fumées qui s'est répandu au-dessus de l'agglomération thessalonicienne. "Les résidents doivent impérativement rester à l'intérieur avec leurs fenêtres fermées", ont martelé les autorités sanitaires grecques.
Les pompiers grecs, déployés en nombre sur les lieux, ont fait face à des conditions extrêmement dangereuses. Quatre d'entre eux ont été blessés et transportés à l'hôpital militaire général 424 de Thessalonique : trois souffraient de problèmes respiratoires dus à l'inhalation de fumées denses, tandis que le quatrième nécessitait des soins pour une blessure orthopédique. Tous les quatre sont restés sous observation médicale. Heureusement, aucune victime civile n'a été signalée lors de cet incident, grâce notamment aux évacuations préventives menées par les forces de l'ordre.
Un contexte de canicule européenne record
Cette vague d'incendies en Grèce survient dans un contexte de canicule record qui frappe l'ensemble de l'Europe méridionale. Le Portugal et l'Espagne font également face à des brasiers importants, confirmant une tendance inquiétante liée au réchauffement climatique et aux conditions météorologiques extrêmes. Les températures élevées, combinées à une végétation desséchée après plusieurs semaines sans précipitations significatives, créent des conditions idéales pour l'embrasement et la propagation rapide des feux. Les scientifiques alertent depuis plusieurs années sur l'intensification de ces phénomènes catastrophiques en région méditerranéenne.
Les enquêteurs ont rapidement identifié la cause probable de l'incendie d'Oraiokastro. Un homme de 76 ans a été arrêté, soupçonné d'avoir provoqué le départ de feu par sa conduite imprudente. Selon les autorités, le suspect aurait causé des étincelles avec son véhicule alors qu'il conduisait sous l'emprise de l'alcool. Cette arrestation intervient dans un contexte particulièrement douloureux pour la région, qui avait déjà été endeuillée fin juin par un incendie près de Dervéni ayant coûté la vie à un père et son fils de 12 ans. Face à cette répétition tragique, les autorités grecques renforcent les contrôles et appellent à la vigilance maximale de tous les citoyens pendant cette période à haut risque.
Les services d'urgence grecs restent en état d'alerte maximale alors que les prévisions météorologiques n'annoncent aucune amélioration à court terme. Les équipes de pompiers, appuyées par des renforts venus d'autres régions du pays, continuent de surveiller les points chauds et de combattre les foyers résiduels. La catastrophe industrielle d'Oraiokastro soulève également des questions sur la sécurité des zones d'activité situées à proximité de zones boisées, ainsi que sur les protocoles de prévention et d'intervention en cas d'incendie dans ces secteurs à risque. Les habitants de Thessalonique, traumatisés par cet événement, espèrent un retour rapide à la normale mais savent que la saison des incendies est loin d'être terminée.