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Supprimer ses données personnelles d'internet : effacement, Google, CNIL

Photo, adresse, numéro de téléphone ou fichier de prospection : le RGPD permet de faire effacer ses données d'un site et de faire retirer un résultat de Google. Les démarches, le modèle de courrier, les délais et le recours devant la CNIL.

Des touches de clavier forment le mot DELETE sur un fond corail
Réponse rapide

Écrivez d'abord au site ou à l'organisme qui détient vos données en invoquant l'article 17 du RGPD : il doit les effacer ou motiver son refus dans un délai d'un mois, trois mois au plus s'il justifie un report. Pour un résultat Google affiché à votre nom, demandez en plus le déréférencement au moteur de recherche. Sans réponse ou en cas de refus, déposez une plainte auprès de la CNIL.

Une ancienne photo sur un forum, votre numéro de téléphone sur un annuaire en ligne, votre adresse dans un résultat Google, un fichier de prospection qui vous relance après une fuite de données : le règlement général sur la protection des données (RGPD) vous donne les moyens d'obtenir leur suppression. La démarche est gratuite et se fait le plus souvent seul, avec un courrier ou un formulaire. Elle suit toujours le même ordre : demander à celui qui détient les données, garder la preuve, puis saisir la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) si la demande reste sans suite.

Effacement, déréférencement, opposition : trois droits différents

On parle souvent de « droit à l'oubli » pour tout. En pratique, trois droits distincts coexistent, et le bon choix dépend de ce que vous voulez obtenir : faire disparaître l'information à la source, la rendre introuvable à partir de votre nom, ou ne plus être sollicité.

Les trois droits pour faire supprimer ses données
Critère Effacement Déréférencement Opposition
Ce que vous obtenez La suppression des données chez l'organisme Le retrait d'un lien des résultats associés à votre nom L'arrêt d'un usage précis de vos données
À qui s'adresser Le site, l'entreprise ou l'administration Le moteur de recherche L'organisme qui utilise les données
Motif à donner Un des cas prévus par le RGPD Pourquoi ce lien vous nuit Aucun pour la prospection, votre situation sinon
La page source disparaît Oui, pour les données visées Non, elle reste en ligne Pas forcément
Texte Article 17 du RGPD Article 17 du RGPD Article 21 du RGPD

Sources : RGPD (règlement UE 2016/679) et fiches pratiques de la CNIL, consultés le 18 octobre 2026.

L'effacement s'obtient si au moins une de ces situations vous concerne, selon la CNIL : vos données servent à de la prospection ; elles ne sont plus nécessaires au but pour lequel elles ont été collectées ; vous retirez votre consentement ; leur traitement est illicite (des données piratées publiées, par exemple) ; elles ont été collectées quand vous étiez mineur sur un blog, un forum ou un réseau social ; une obligation légale impose leur effacement ; ou vous vous êtes opposé à leur usage et l'organisme n'a pas de motif impérieux de continuer.

Demander l'effacement à un site ou à un organisme

  1. Trouver le bon interlocuteur

    Cherchez la rubrique « politique de confidentialité », « vie privée » ou « mentions légales » du site : elle indique l'adresse ou le formulaire réservé aux droits, souvent celle du délégué à la protection des données (DPO). La CNIL publie une fiche pour retrouver ces coordonnées quand elles sont introuvables.

  2. Désigner précisément les données

    Une demande d'effacement ne supprime pas tout. Effacer une photo ne ferme pas votre compte, et fermer un compte n'efface pas les factures, que l'entreprise doit garder dix ans pour respecter ses obligations comptables. Listez donc chaque élément : photo, commentaire, adresse, numéro, profil.

  3. Envoyer la demande par écrit

    Formulaire en ligne, courriel ou lettre recommandée : tous les canaux sont valables. L'organisme ne peut demander une pièce d'identité qu'en cas de doute raisonnable sur votre identité, et jamais des justificatifs disproportionnés. La démarche est gratuite (article 12 du RGPD).

  4. Garder la preuve

    Capture d'écran datée du formulaire, copie du courriel, accusé de réception du recommandé : ces pièces fixent le point de départ du délai et seront exigées si vous saisissez la CNIL.

  5. Compter un mois

    L'organisme doit répondre dans les meilleurs délais et au plus tard dans un mois. Il peut prolonger de deux mois si la demande est complexe ou s'il en reçoit beaucoup, à condition de vous prévenir dans le premier mois et de dire pourquoi. Un refus doit être motivé.

Le modèle de courrier

La CNIL propose sur son site un générateur de lettres. Le texte de son modèle « Supprimer des données personnelles » tient en quelques lignes, à compléter :

« En application de l'article 17.1 du Règlement général sur la protection des données (RGPD), je vous prie d'effacer de vos fichiers les données personnelles suivantes me concernant : [données à supprimer]. Je demande que ces informations soient supprimées car : [motif]. Vous voudrez bien également notifier cette demande d'effacement de mes données aux organismes auxquels vous les auriez communiquées (article 19 du RGPD). Enfin, je vous prie de m'informer de ces éléments dans les meilleurs délais et au plus tard dans un délai d'un mois à compter de la réception de ce courrier (article 12.3 du RGPD). À défaut de réponse de votre part dans les délais impartis ou en cas de réponse incomplète, je saisirai la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) d'une réclamation. »

La mention de l'article 19 compte : elle oblige l'organisme à prévenir les destinataires à qui il a transmis vos données, sauf si c'est impossible ou exige des efforts disproportionnés, et à vous indiquer qui ils sont si vous le demandez. La CNIL propose aussi un modèle pour clôturer un compte en ligne.

Google et les moteurs de recherche

Le déréférencement retire un résultat qui apparaît quand on tape vos nom et prénom. La page elle-même reste en ligne et reste accessible par d'autres recherches : pour la faire disparaître, il faut aussi écrire au site source. Google offre deux portes d'entrée, à choisir selon ce qui s'affiche.

Faire retirer un résultat de Google : les trois voies
Critère Outil « Résultats vous concernant » Formulaire RGPD de Google Demande au site source
Pour quoi Adresse, téléphone, courriel Tout contenu lié à votre nom Tout contenu publié
Conditions Compte Google, plus de 18 ans Adresse du lien et motif Un cas d'effacement du RGPD
Surveillance Alerte quand vos coordonnées apparaissent Non Non
La page disparaît Non Non Oui

Sources : aide de la recherche Google et fiche « déréférencement » de la CNIL, consultées le 18 octobre 2026.

Avec « Résultats vous concernant », accessible depuis l'appli Google ou le Web, vous saisissez votre nom et les coordonnées à surveiller ; les résultats trouvés arrivent dans l'onglet « À examiner », où un bouton lance la demande de suppression. Google précise que ce bouton n'est pas proposé pour certains sites jugés utiles au public (sites publics, journaux en ligne, sites d'entreprises). Pour une personne de moins de 18 ans, ou pour tout autre contenu, passez par le formulaire de demande de Google : collez l'adresse exacte du résultat (clic droit, « copier l'adresse du lien ») et expliquez pourquoi il vous nuit.

Les autres moteurs ont leur formulaire : Bing et Qwant, notamment. Le délai est le même : un mois, porté à trois mois au plus avec justification. Le moteur peut refuser s'il démontre que l'information doit rester accessible au public. Le laboratoire de la CNIL a créé une extension pour Firefox et Chrome qui vérifie si un lien a bien disparu des résultats à votre nom.

Prospection, courtiers en données et démarchage

Après une fuite de données, comme celles qui ont touché Relais Colis ou le fichier bancaire Ficoba, les sollicitations se multiplient. Contre la prospection commerciale, le droit d'opposition (article 21 du RGPD) s'exerce sans avoir à se justifier : un lien de désinscription, un courriel ou une lettre suffisent, et l'organisme doit retirer votre adresse de sa base de prospection dans les meilleurs délais. Vous pouvez aussi demander d'où viennent vos données (droit d'accès, article 15) : la réponse permet de remonter jusqu'au fichier d'origine.

Les courtiers en données, qui revendent des fichiers de contacts à des annonceurs, sont des organismes comme les autres : mêmes droits, mêmes délais, même recours devant la CNIL. Des services payants proposent d'envoyer ces demandes à votre place à une liste de courtiers. Ils ne disposent d'aucun pouvoir supplémentaire : ils font en série ce que le modèle de courrier permet de faire soi-même. Mediaterranee n'a de partenariat avec aucun d'eux.

Pour le téléphone, la règle a changé le 11 août 2026, avec l'article 13 de la loi du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques : un professionnel ne peut plus démarcher par téléphone un consommateur qui n'y a pas consenti au préalable, sauf pour un contrat en cours et sur son objet, et ce consentement peut être retiré. Ce régime remplace la liste d'opposition Bloctel ; ses modalités sont fixées par le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026, publié au Journal officiel du 25 juillet. Le professionnel doit mettre fin à l'appel dès que vous vous y opposez. Les manquements se signalent sur SignalConso.

Saisir la CNIL quand le site ne répond pas

  1. Vérifier que la plainte est recevable

    La CNIL n'agit qu'après une demande restée sans réponse au bout d'un mois, ou une réponse refusée ou incomplète. Si la réponse vous semble fausse, contestez-la d'abord auprès de l'organisme ou de son DPO. La CNIL ne peut pas exercer vos droits à votre place.

  2. Réunir les pièces

    La plainte, rédigée en français, indique l'organisme visé (nom, coordonnées, numéro Siren), votre identité, et joint la copie de votre demande, de la réponse éventuelle et l'adresse des pages en cause. Un mandat écrit est nécessaire si vous agissez pour un proche.

  3. Déposer la plainte

    En ligne, sur le service de plaintes de la CNIL, après création d'un compte qui permet de suivre le dossier. Ou par courrier : CNIL, Service des plaintes, 3 place de Fontenoy, 75007 Paris.

  4. Suivre le dossier

    Si la plainte porte sur l'exercice de vos droits, la CNIL écrit à l'organisme pour qu'il y donne suite. Elle s'engage à vous informer de l'avancement, au moins dans les trois mois suivant le dépôt. Contre une clôture qui ne vous satisfait pas : recours gracieux auprès de la présidente de la CNIL dans les deux mois, puis le Conseil d'État.

La CNIL ne fixe pas de dommages et intérêts et sa plainte n'est pas une plainte pénale. Si vos données ont servi à une fraude, les deux démarches se mènent en parallèle : voir notre guide usurpation d'identité : que faire. Quand elle constate un manquement, la CNIL peut aller jusqu'à la sanction financière, comme pour France Travail.

Mineurs, décès, articles de presse : les cas particuliers

Données publiées quand vous étiez mineur. La loi Informatique et Libertés (article 51) renforce le droit à l'effacement des données collectées par un site, un réseau social ou une application quand la personne était mineure : l'organisme doit les effacer dans les meilleurs délais. Sans réponse sous un mois, la CNIL saisie doit se prononcer dans les trois semaines qui suivent la réception de la réclamation.

Comptes d'une personne décédée. Chacun peut laisser des directives sur le sort de ses données après sa mort : générales, enregistrées auprès d'un tiers de confiance, ou particulières, déposées auprès d'un service donné (article 85 de la même loi). Sans directive, les héritiers peuvent faire clôturer les comptes du défunt, s'opposer à la poursuite du traitement de ses données ou les faire mettre à jour, et le service doit leur justifier, sans frais, qu'il l'a fait.

Articles de presse. Dans une fiche du 5 août 2026, la CNIL rappelle que les droits d'effacement et d'opposition s'appliquent aux médias en ligne, mais seulement aux éléments qui vous identifient, jamais à l'article entier. Le média met en balance votre demande et la liberté d'information (ancienneté des faits, intérêt actuel, notoriété, préjudice) et doit motiver un refus.

Les limites. L'effacement peut être refusé au nom de la liberté d'expression, d'une obligation légale de conservation, de l'intérêt public en santé, de l'archivage ou de la recherche, ou de la défense de droits en justice. Les informations qu'une loi oblige à publier, comme celles des registres officiels d'entreprises, relèvent en général de ces exceptions.

Questions fréquentes

Faut-il payer pour faire supprimer ses données ?

Non. Le RGPD impose que l'exercice des droits soit gratuit. Seule une demande manifestement infondée ou excessive, par exemple répétitive, peut donner lieu à des frais raisonnables ou à un refus.

Quelle différence entre droit à l'oubli et droit à l'effacement ?

Le RGPD les confond dans son article 17, intitulé « droit à l'effacement (droit à l'oubli) ». Dans l'usage, « droit à l'oubli » désigne souvent le déréférencement par un moteur de recherche, qui ne supprime pas la page source.

Un site peut-il exiger une copie de ma carte d'identité ?

Seulement s'il a un doute raisonnable sur votre identité. Il ne peut pas réclamer de pièces abusives ou disproportionnées par rapport à la demande.

Supprimer mon compte efface-t-il toutes mes données ?

Non. Les données que l'entreprise doit conserver par la loi, comme les factures, restent archivées pendant la durée légale. Les autres doivent en principe être effacées si vous le demandez, puisqu'elles ne sont plus nécessaires une fois le compte fermé.

Que faire si le site est hébergé hors de France ?

Le lieu d'hébergement ne compte pas : le RGPD s'applique à tout organisme établi dans l'Union européenne, et à ceux, établis ailleurs, qui proposent leurs services à des personnes situées dans l'Union ou suivent leur comportement (article 3). Écrivez de la même façon, en français ou en anglais, puis saisissez la CNIL en cas de silence : elle coopère avec ses homologues européennes.

Combien de temps prend le déréférencement ?

Le moteur dispose d'un mois, porté à trois mois au plus s'il justifie un report. Le résultat retiré peut encore apparaître dans des recherches faites sans votre nom.

Journal des modifications

  • Mis à jour : première publication, le
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