Les taux des crédits immobiliers repartent à la hausse dès ce mois d'avril
La Banque de France a publié le 27 mars dernier les nouveaux taux d'usure applicables du 1er avril au 30 juin 2026. Si les emprunteurs bénéficient d'une légère détente sur les durées courtes, la tendance s'inverse pour les prêts de longue durée et les prêts-relais, qui affichent une hausse des plafonds légaux.
Les taux d'usure, qui représentent les taux maximums auxquels les établissements bancaires peuvent prêter, évoluent de manière contrastée pour ce deuxième trimestre 2026. Calculés trimestriellement par la Banque de France, ces plafonds sont essentiels pour protéger les emprunteurs contre des taux abusifs.
Pour les crédits immobiliers à taux fixe de moins de 10 ans, le taux d'usure s'établit désormais à 4%, contre 4,12% au premier trimestre. De même, les prêts d'une durée comprise entre 10 et 20 ans voient leur plafond passer à 4,48%, contre 4,59% précédemment. « Cette baisse sur les durées courtes reflète la stabilisation des taux d'emprunt observée ces dernières semaines », expliquent les courtiers spécialisés.
Hausse pour les longues durées et les prêts-relais
En revanche, les emprunteurs qui sollicitent des prêts de 20 ans ou plus constatent une augmentation du taux plafond, qui passe à 5,19% contre 5,13% au trimestre précédent. Cette hausse, bien que modeste, concerne la majorité des dossiers, la durée moyenne des crédits immobiliers en France se situant autour de 21 ans.
Plus significativement, les prêts-relais voient leur taux d'usure grimper à 6,20%, contre 6,15% au premier trimestre. Ces crédits de courte durée, destinés à financer l'achat d'un nouveau bien avant la vente de l'ancien, sont particulièrement sensibles aux variations de taux.
Malgré cette hausse des plafonds légaux, les taux effectivement pratiqués par les banques restent nettement en dessous des seuils d'usure. Selon les dernières observations de Meilleurtaux, les taux moyens constatés en avril 2026 s'établissent autour de 3,20% sur 15 ans, 3,35% sur 20 ans et 3,45% sur 25 ans, offrant ainsi une marge de sécurité confortable pour les emprunteurs.
Un marché sous surveillance
Cette évolution des taux d'usure intervient dans un contexte de relative stabilité du marché du crédit immobilier. Les établissements bancaires maintiennent des conditions d'octroi vigilantes, tout en proposant des taux compétitifs aux profils solides.
Pour les candidats à l'acquisition immobilière, cette hausse des taux plafonds sur les longues durées pourrait néanmoins signaler un durcissement progressif des conditions de financement dans les mois à venir. « Les emprunteurs ont tout intérêt à concrétiser rapidement leurs projets s'ils bénéficient actuellement d'une offre attractive », conseillent les professionnels du secteur.
La Banque de France publiera les prochains taux d'usure fin juin, pour une application au troisième trimestre 2026. D'ici là, les acteurs du marché scruteront l'évolution des taux obligataires et la politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui influencent directement le coût du crédit immobilier.