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Municipales à Montpellier : Rémi Gaillard interpelle Delafosse sur l'argent public

À quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, le candidat Rémi Gaillard a vivement interpellé le maire sortant Michaël Delafosse lors d'un débat organisé par Midi Libre. L'humoriste devenu candidat a mis sur la table les questions de transparence financière et d'utilisation des deniers publics.

Le cinéma Pathé Odysseum de Montpellier a été le théâtre d'un affrontement inattendu ce 19 février 2026. Face aux huit candidats réunis pour débattre des enjeux locaux, Rémi Gaillard a choisi une stratégie offensive. « Pour moi, le pire déchet c'est le politique. Donc moi, je m'occuperai de ça quand je serai maire », a-t-il lancé d'emblée, annonçant la couleur de son intervention.

Le YouTubeur aux millions d'abonnés n'a pas mâché ses mots concernant les finances de la ville. Il a notamment questionné le maire sur son voyage officiel en Chine, dont le coût fait polémique. « Monsieur Delafosse, avant d'être élu, disait qu'il était inspiré du modèle suédois. En Suède, une députée a dû démissionner pour s'être acheté un Toblerone avec de l'argent public », a-t-il rappelé avec ironie. Selon plusieurs sources, ce déplacement à Chengdu aurait coûté entre 63 000 et 150 000 euros de fonds publics.

Des questions restées sans réponse

Rémi Gaillard a multiplié les interrogations : « Le voyage en Chine, combien d'invités avec quel argent ? Est-ce que la famille était invitée ? Est-ce que les journalistes étaient invités ? Les nuits d'hôtel à 1000 euros... J'attends des réponses ». Ces questions font écho à une enquête de la Cour des comptes qui examine actuellement les frais de déplacement du maire depuis 2020.

L'échange s'est envenimé lorsque le candidat a interpellé directement les organisateurs du débat sur les subventions accordées par la mairie au groupe Midi Libre. « Est-ce que vous êtes la propagande de Michaël Delafosse ? », a-t-il demandé, provoquant un malaise palpable dans la salle. Le journaliste a tenté de recadrer le débat, mais Gaillard a insisté : « Combien de subventions vous donne Michaël Delafosse ? Ça vous dérange que je parle de ça ? »

L'affaire des troènes du Japon

Le candidat a également évoqué des dépenses d'aménagement urbain qu'il juge excessives. « Il a mis des arbres sur la Comédie. Bon, on va applaudir. Combien ça a coûté ? Et juste avant, il avait mis 14 troènes du Japon. J'ai calculé : si j'avais été chercher les arbres au Japon en avion, un par un, ça aurait coûté moins cher », a-t-il affirmé.

Face à ces attaques, Michaël Delafosse est resté mesuré, renvoyant aux réalisations de son mandat comme la gratuité des transports en commun. Le maire, donné en tête des sondages avec 35% d'intentions de vote selon l'Ifop, fait par ailleurs l'objet d'une enquête ouverte en novembre 2024 pour des soupçons de détournement de fonds publics.

Rémi Gaillard, qui revendique une campagne à « 0 euro de dépense » validée par la Cour des comptes, est crédité de 10% dans les sondages. En 2020, il avait obtenu 9,59% au premier tour, se plaçant devant tous les partis traditionnels hormis le PS. « Je suis la seule campagne à avoir dépensé 0 euro », martèle-t-il, opposant sa frugalité aux dépenses qu'il dénonce. À deux semaines du scrutin, ce débat aura au moins eu le mérite de placer la transparence financière au cœur de la campagne montpelliéraine. Les autres candidats comme Mohed Altrad devront désormais se positionner sur ces questions de gestion des deniers publics.

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