María Corina Machado, l'opposante pro-israélienne qui pourrait tirer profit de la chute de Maduro
Lauréate du Prix Nobel de la Paix 2025, l'opposante vénézuélienne María Corina Machado affiche un soutien indéfectible à Israël et à Benjamin Netanyahu. Alors que Nicolas Maduro vient d'être capturé par les forces américaines, cette alliance entre l'opposition vénézuélienne et l'État hébreu soulève des questions sur les véritables bénéficiaires de ce changement de régime spectaculaire.
Le 3 janvier 2026, les forces américaines ont mené une opération militaire sans précédent au Venezuela. Nicolas Maduro et son épouse ont été capturés et transférés à New York, où l'ancien président fait face à des accusations de narcoterrorisme. Derrière cette intervention se profile une figure centrale de l'opposition : María Corina Machado, dont les liens étroits avec Israël interrogent sur l'orientation future du pays.
En 2020, le parti de Machado, Vente Venezuela, a signé un accord de coopération stratégique avec le Likud de Netanyahu. Ce pacte porte sur les questions idéologiques, géopolitiques et sécuritaires. L'opposante a promis, en cas d'accession au pouvoir, de déplacer l'ambassade vénézuélienne à Jérusalem, suivant l'exemple de dirigeants comme Javier Milei en Argentine.
Après l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023, Machado a exprimé sa solidarité avec Israël, qualifiant l'attaque de terroriste. Elle a depuis maintenu des contacts réguliers avec le gouvernement israélien, s'entretenant notamment avec le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar début 2025.
Le pétrole, véritable enjeu de l'intervention américaine
Si Washington justifie officiellement son intervention par la lutte contre le narcoterrorisme, les observateurs pointent des motivations économiques évidentes. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde. Donald Trump a d'ailleurs annoncé vouloir investir des milliards dans les infrastructures pétrolières du pays et y implanter les compagnies américaines.
L'embargo pétrolier imposé depuis 2019 avait asphyxié l'économie vénézuélienne. Le pétrole représentait 96% des revenus nationaux, dont les trois quarts provenaient de clients américains. La Chine, devenue premier acheteur du brut vénézuélien, pourrait perdre cet accès stratégique.
La question migratoire pèse également dans la balance. Huit millions de Vénézuéliens ont fui leur pays en une décennie. Les 700 000 migrants présents aux États-Unis pourraient être renvoyés vers un Venezuela stabilisé sous influence américaine.
Du côté géopolitique, le Venezuela de Maduro s'était rapproché de l'Iran, du Hezbollah, de la Russie et de la Chine. Ces alliances contraires aux intérêts américains dans l'hémisphère constituent un facteur déterminant de cette intervention.
María Corina Machado incarne une opposition alignée sur les positions américaines et israéliennes. Son parcours politique la positionne comme candidate idéale pour un Venezuela post-Maduro. Reste à savoir si le peuple vénézuélien, après des années de crise, bénéficiera réellement de ce bouleversement ou si les richesses pétrolières du pays profiteront avant tout aux puissances étrangères qui ont orchestré cette transition.