Tunisie : ce que l'on sait de l'opération antiterroriste meurtrière près de Kasserine
Une opération antiterroriste menée samedi 4 janvier 2025 dans la région de Fériana, dans le gouvernorat de Kasserine, a coûté la vie à un agent de sécurité tunisien et à un djihadiste affilié à l'organisation État islamique. Les forces de l'ordre ont également procédé à l'arrestation d'un second individu. Retour sur cette intervention qui rappelle que la menace terroriste persiste dans l'ouest de la Tunisie.
C'est aux abords du marché hebdomadaire de Fériana, localité située dans le gouvernorat de Kasserine, que les unités de sécurité tunisiennes ont mené une opération préventive ce samedi matin. L'objectif : neutraliser un groupe d'éléments extrémistes repérés dans cette zone montagneuse proche de la frontière algérienne. L'intervention a conduit à l'élimination d'un terroriste considéré comme particulièrement dangereux et à l'interpellation de son complice, dont l'identité n'a pas été révélée par les autorités.
Selon le ministère de l'Intérieur tunisien, le terroriste abattu a été identifié comme étant Seddik Ben Moncef Ben Amara Laabidi, né le 6 août 1997 dans le gouvernorat du Kef. L'homme était membre de la katiba Jounoud Al-Khilafa, une faction ayant prêté allégeance à l'organisation État islamique. Son nom figurait sur la liste nationale des entités liées au terrorisme, mise à jour le 18 décembre 2024.
Un djihadiste impliqué dans plusieurs attaques
D'après les informations relayées par la radio privée Mosaïque FM, Seddik Laabidi était considéré comme l'un des plus anciens et des plus dangereux extrémistes encore actifs dans les montagnes de l'ouest tunisien, aux environs des localités de Kasserine et de Sidi Bouzid. Il était impliqué dans plusieurs opérations ayant ciblé des citoyens ainsi que des patrouilles sécuritaires et militaires au cours des dernières années.
L'affrontement a toutefois coûté la vie à l'un des agents engagés dans l'opération. Le ministère de l'Intérieur a annoncé dans la soirée de samedi le décès de Marouen Kadri, agent de sécurité grièvement blessé lors de l'intervention. Les autorités ont salué son dévouement et son sens du sacrifice, soulignant qu'il a contribué à déjouer une opération visant à troubler l'ordre public et à semer l'insécurité parmi la population.
Le gouvernement tunisien et les institutions sécuritaires ont rendu hommage au courage de cet agent, tombé en martyr pour la défense de son pays. Des messages de condoléances ont afflué sur les réseaux sociaux, saluant le sacrifice de ce fonctionnaire qui a donné sa vie pour protéger ses concitoyens.
Une région sous haute surveillance
La région de Kasserine demeure l'une des zones les plus sensibles de Tunisie sur le plan sécuritaire. Située à proximité de la frontière algérienne, cette zone montagneuse et difficile d'accès sert régulièrement de refuge à des éléments djihadistes. Les forces de sécurité y mènent des opérations de ratissage fréquentes pour traquer les cellules terroristes qui s'y dissimulent.
Cette opération intervient dans un contexte de coopération sécuritaire renforcée entre la Tunisie et l'Algérie, les deux pays partageant les mêmes préoccupations face à la menace terroriste à leurs frontières communes. La neutralisation de Seddik Laabidi constitue un coup porté aux réseaux djihadistes encore actifs dans cette région, même si les autorités restent vigilantes face à d'éventuelles représailles ou à l'émergence de nouvelles cellules.
Le bilan de cette opération – un terroriste neutralisé, un complice arrêté, mais aussi un agent des forces de l'ordre tombé au combat – illustre la dangerosité persistante de la lutte antiterroriste dans l'ouest tunisien, plus de dix ans après la chute du régime de Ben Ali et l'émergence de groupes armés dans cette zone frontalière.