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Grèce : 60 incendies en 24 heures, deux usines ravagées près de Thessalonique

La Grèce a vécu l'une de ses journées les plus noires de l'été : les services de secours ont dû faire face à une soixantaine d'incendies déclarés en seulement vingt-quatre heures, dans un pays écrasé par la canicule et balayé par des vents violents. Dans la région de Thessalonique, deux usines ont été entièrement détruites après la propagation fulgurante des flammes, plongeant le nord du pays dans un épais nuage de fumée toxique et contraignant des milliers d'habitants à évacuer en pleine nuit.

Selon les pompiers grecs, près de 60 départs de feu ont été recensés sur l'ensemble du territoire au cours de la seule journée de samedi, mettant à rude épreuve des moyens de secours déjà saturés en ce début d'été. La Macédoine-Centrale, dans le nord du pays, a concentré à elle seule une quinzaine de sinistres distincts. Classée en zone de risque extrême de catégorie 4, la région a vu les flammes se rapprocher dangereusement des habitations, obligeant les autorités à déclencher des ordres d'évacuation successifs tout au long de la nuit. Températures élevées, sécheresse persistante et rafales de vent ont formé un cocktail explosif que redoutent chaque année les autorités helléniques.

Les faubourgs de Thessalonique et la péninsule très touristique de Chalcidique ont été les plus durement frappés, en pleine saison estivale. Dans les localités de Kipoupolis et d'Ampelakia, les habitants ont reçu l'ordre de rejoindre en urgence la commune de Nea Kallikrateia. C'est toutefois dans la banlieue d'Oraiokastro, à l'ouest de la métropole, que la situation a pris une tournure dramatique : le feu a atteint une usine de recyclage avant de se propager à un second site industriel voisin, transformant le ciel en un rideau de suie.

Deux usines réduites en cendres, un nuage toxique sur Thessalonique

La combustion de plastiques et de matériaux industriels a projeté une épaisse fumée noire au-dessus de Thessalonique, dont l'agglomération dépasse le million d'habitants. Poussé par le vent, le panache s'est étendu bien au-delà de la ville, jusqu'à l'Attique et le Péloponnèse, à plusieurs centaines de kilomètres de là. « Nous demandons à tous les résidents, en particulier les personnes âgées, les enfants et les malades respiratoires, de garder leurs fenêtres fermées et d'éviter tout déplacement inutile », ont averti les autorités sanitaires, redoutant les effets d'un air fortement pollué sur une population déjà éprouvée par la chaleur.

La mobilisation a été à la hauteur du danger. Environ 160 pompiers ont lutté toute la nuit contre les flammes, appuyés par de nombreux véhicules et des volontaires, en attendant que les avions bombardiers d'eau et les hélicoptères puissent décoller à l'aube. Quatre soldats du feu ont été hospitalisés. La fondation Saint-Pantéléimon, un centre de soins de longue durée hébergeant plus de 150 résidents, en majorité des enfants et des personnes atteintes de maladies chroniques, a été évacuée dans l'urgence : une centaine d'entre eux ont été transférés vers un gymnase municipal transformé en refuge. Les quartiers d'Anthoupolis et de Filothéi ont eux aussi été vidés de leurs habitants, dirigés vers des stades et des salles couvertes.

Une piste criminelle et un été à haut risque

Les enquêteurs de la direction chargée des incendies volontaires ont rapidement privilégié la piste humaine. Un homme de 76 ans a été arrêté dimanche : conduisant sous l'emprise de l'alcool, il aurait provoqué des étincelles avec son véhicule, à l'origine du brasier qui a ravagé les deux usines. Cet épisode ravive le débat sur la vulnérabilité de la Grèce face aux incendies, un fléau récurrent que connaissent aussi d'autres régions méditerranéennes durement éprouvées ces dernières années. Sur place, la colère monte chez des riverains qui dénoncent un manque de prévention autour des sites industriels.

La Grèce n'est pas seule à brûler. Le Portugal et l'Espagne affrontent au même moment des feux de grande ampleur, sur fond de vague de chaleur qui embrase tout le pourtour méditerranéen et mobilise les mécanismes d'entraide européens. Pour Athènes, l'enjeu est aussi économique : le tourisme, moteur essentiel de l'économie nationale, se retrouve fragilisé par ces catastrophes à répétition, alors même que la destination connaissait un rebond touristique historique. Face à un dérèglement climatique qui allonge et intensifie les saisons de feux, les autorités grecques savent que l'été 2026 est encore loin d'être terminé.

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