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Crise gazière : Vladimir Poutine menace l'Europe, l'Algérie en embuscade

Alors que les tensions au Moyen-Orient provoquent une flambée des prix du gaz naturel, Vladimir Poutine a laissé entendre le 4 mars que la Russie pourrait cesser ses livraisons vers l'Europe dès maintenant, sans attendre 2027. Cette menace intervient au moment où l'Union européenne redoute une crise énergétique majeure – et où l'Algérie se positionne comme un acteur clé pour combler le vide.

Le président russe a déclaré qu'il serait « plus avantageux » pour Moscou de se détourner du marché européen au profit de destinations alternatives en Asie. Ces propos font suite à l'interdiction imposée par Bruxelles en janvier 2026, prévoyant l'abandon progressif du gaz russe d'ici fin 2027. Mais Poutine veut inverser la donne : « Pourquoi attendre ? », a-t-il lancé, liant sa décision aux « politiques erronées » de l'UE.

Cette offensive verbale survient dans un contexte explosif. Les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, suivies de représailles iraniennes sur les pays du Golfe, ont paralysé le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz et forcé le Qatar à suspendre sa production de gaz naturel liquéfié (GNL). Résultat : le prix du gaz européen a bondi de 35 % en une seule journée, atteignant plus de 60 euros par mégawattheure, selon le marché de référence néerlandais TTF.

L'Europe dans la tourmente énergétique

Jusqu'en 2022, la Russie fournissait près de la moitié du gaz consommé en Europe. Aujourd'hui, cette part est tombée à moins de 6 % pour le gaz par gazoducs, mais le continent reste vulnérable. La guerre au Moyen-Orient et les menaces russes créent une tempête parfaite pour les économies européennes, déjà fragilisées par l'inflation.

Les analystes redoutent un scénario de stagflation si les perturbations se prolongent. Le brut Brent a dépassé 82 dollars le baril, son plus haut niveau depuis janvier 2025, tandis que les prix à la pompe aux États-Unis ont grimpé à 3,25 dollars le gallon. Pour l'Europe, la dépendance énergétique devient un enjeu de sécurité nationale autant qu'économique.

L'Algérie, un atout stratégique

Face à cette crise, l'Algérie émerge comme un partenaire essentiel. Depuis l'invasion de l'Ukraine, le pays est devenu le troisième fournisseur de gaz de l'UE, derrière la Norvège et les États-Unis. Les exportations algériennes devraient atteindre 54,8 milliards de mètres cubes (bcm) en 2026, selon la Banque mondiale, grâce notamment à des accords conclus avec l'Italie et l'Espagne.

Sonatrach, la compagnie nationale, prévoit de lancer en 2026 la construction du gazoduc transsaharien, capable de transporter 30 bcm par an depuis le Nigeria. Par ailleurs, des projets de modernisation des gazoducs Medgaz (vers l'Espagne) et Transmed (vers l'Italie) sont en cours, visant à renforcer les capacités d'exportation. « L'Algérie dispose des infrastructures et des réserves nécessaires pour répondre à la demande européenne », soulignent les experts du secteur.

Le champ gazier de Hassi R'Mel, pilier de la production algérienne, bénéficiera également de nouvelles stations de compression dès la fin 2026, augmentant encore les volumes exportables. Ces investissements massifs positionnent l'Algérie comme un rempart contre les chantages énergétiques de Moscou et les turbulences moyen-orientales.

Alors que Poutine joue la carte de l'intimidation et que le Moyen-Orient s'embrase, la stratégie énergétique de l'Algérie pourrait bien transformer une crise en opportunité historique. Pour l'Europe, la diversification de ses sources d'approvisionnement n'est plus une option, mais une nécessité vitale. Et l'Algérie semble prête à en tirer profit.

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