Hantavirus : l'OMS estime que d'autres cas pourraient être signalés
L'Organisation mondiale de la santé a indiqué mercredi qu'il était « possible » que d'autres cas d'hantavirus soient déclarés à la suite du foyer épidémique détecté à bord du navire de croisière MV Hondius, dans l'Atlantique sud. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a évoqué la longue période d'incubation du virus des Andes — pouvant atteindre six semaines — comme facteur de risque d'apparition de nouveaux cas parmi les passagers exposés.
L'alerte sanitaire concerne un foyer survenu à bord du MV Hondius, un navire d'expédition affrété pour des croisières en zones polaires et subarctiques, où plusieurs passagers ont développé des symptômes graves compatibles avec une infection à hantavirus. L'OMS collabore étroitement avec les autorités sanitaires des pays d'origine des passagers pour identifier les chaînes de contact et surveiller l'apparition éventuelle de nouveaux cas.
À ce stade, l'organisation fait état de huit cas signalés, dont cinq confirmés en laboratoire comme étant liés au hantavirus — plus précisément à la souche dite virus des Andes — et trois autres demeurant à l'état de cas suspects. Parmi ces huit personnes, trois sont décédées, ce qui illustre le taux de létalité particulièrement élevé de cette souche virale lorsqu'elle provoque une atteinte pulmonaire sévère.
Cinq cas confirmés et une surveillance épidémiologique active
Le MV Hondius, navire d'expédition naviguant dans des régions à faune abondante — notamment en rongeurs, réservoirs naturels du virus —, a été le théâtre d'un événement sanitaire sans précédent. Les autorités sanitaires ont rapidement mis en place un protocole de suivi des personnes à bord et des passagers débarqués dans les jours précédant l'alerte, compte tenu de la période d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines pour la souche des Andes.
L'un des éléments qui distingue la souche des Andes des autres hantavirus est sa capacité, dans de rares cas, à se transmettre de personne à personne lors de contacts étroits et prolongés. Ce phénomène, rarissime pour la famille des hantavirus, impose une vigilance renforcée autour des contacts des cas confirmés. C'est précisément ce risque de transmission interhumaine, même limité, qui a conduit l'OMS à maintenir une surveillance active au-delà des premiers cas identifiés.
Malgré la gravité des cas recensés, Tedros Adhanom Ghebreyesus a voulu rassurer l'opinion publique : il a déclaré ne pas penser que la situation soit comparable au début de la pandémie de Covid-19. L'OMS maintient que le risque global pour la santé publique reste faible à ce stade, tout en insistant sur la nécessité d'une surveillance épidémiologique rigoureuse. Une précédente alerte avait déjà été déclenchée lorsque le foyer sur le MV Hondius avait été signalé début mai 2026, avec trois décès confirmés à l'époque.
Les résultats de laboratoire sont coordonnés par des centres de référence nationaux et internationaux. Les passagers ayant quitté le navire dans les semaines précédentes ont été invités à contacter les services de santé de leur pays s'ils présentaient des symptômes comme de la fièvre, des douleurs musculaires ou des difficultés respiratoires — signes caractéristiques d'une infection à hantavirus.
Ce qu'il faut savoir sur le virus et la coordination internationale
Les hantavirus sont des virus à ARN appartenant à la famille des Hantaviridae, transmis principalement à l'être humain par contact avec des rongeurs infectés — leurs urines, leurs excréments ou leur salive — ou par inhalation de poussières contaminées. Selon l'OMS et l'Institut Pasteur, ils peuvent provoquer deux grands tableaux cliniques : le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), prépondérant dans les Amériques avec un taux de mortalité pouvant atteindre 40 %, et la fièvre hémorragique à syndrome rénal (FHSR), plus répandue en Europe et en Asie.
Il n'existe à ce jour aucun traitement antiviral spécifique validé contre les hantavirus. La prise en charge repose sur les soins de soutien — oxygénothérapie, assistance ventilatoire dans les formes sévères, surveillance hémodynamique — et la prévention des complications respiratoires, cardiaques ou rénales. La prévention primaire reste la mesure la plus efficace : elle consiste à éviter tout contact avec des rongeurs et leurs déjections, notamment dans les environnements naturels où ces animaux sont abondants.
Sur le plan international, l'OMS dit travailler en temps réel avec les autorités sanitaires des pays dont sont originaires les passagers du MV Hondius. Cette coordination vise à détecter d'éventuels nouveaux cas, à organiser leur prise en charge médicale et à réduire le risque de diffusion au-delà du navire. Des protocoles de traçage des contacts ont été activés dans plusieurs pays, et les laboratoires nationaux ont été alertés pour traiter en priorité les échantillons biologiques présentant un tableau clinique évocateur d'hantavirus.
La situation rappelle d'autres épisodes récents d'émergence virale, comme le foyer de virus Nipah détecté en Inde début 2026, pour lequel une centaine de personnes avaient été placées en quarantaine. Ces événements successifs illustrent l'importance d'une veille épidémiologique mondiale permanente, capable de détecter et de répondre rapidement à des foyers émergents avant qu'ils ne se propagent à l'échelle internationale.
Dans ce contexte, l'OMS insiste sur le caractère pour l'instant circonscrit de l'événement. La vigilance reste de mise, mais les experts s'accordent à dire que les mécanismes de surveillance internationale mis en place après la pandémie de Covid-19 ont permis une réponse beaucoup plus rapide face à ce type d'alerte sanitaire inattendue.