Révolution en Iran 2026 : Reza Pahlavi, le prince exilé qui veut faire tomber le régime des mollahs
L'Iran traverse sa plus grande vague de contestation depuis des années. Au cœur de la tempête médiatique, Reza Pahlavi, 65 ans, fils du dernier chah renversé en 1979, tente de se positionner comme figure de l'opposition depuis son exil doré près de Washington. Ses appels répétés à Donald Trump pour une intervention américaine divisent profondément les Iraniens, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.
Ce qui a commencé comme des protestations dans les bazars de Téhéran contre l'inflation galopante s'est transformé en un soulèvement national. La semaine dernière, les prix de produits de base comme l'huile de cuisson et le poulet ont augmenté de manière spectaculaire, mettant le feu aux poudres dans un pays étranglé par les sanctions américaines depuis des années. Un contexte économique désastreux dont les causes sont multiples et ne sauraient être imputées au seul régime iranien.
Reza Pahlavi se présente comme le leader naturel de cette contestation. Pourtant, sa légitimité est contestée par une grande partie de l'opposition iranienne elle-même. Beaucoup lui reprochent de vivre confortablement aux États-Unis depuis 45 ans, loin des souffrances quotidiennes du peuple iranien. Son père, Mohammad Reza Pahlavi, avait été renversé en 1979 après des décennies d'un règne autoritaire soutenu par la CIA et marqué par la répression de la police politique SAVAK.
L'ombre de l'ingérence américaine plane sur la contestation
Les appels de Pahlavi à une intervention de Trump suscitent la méfiance, y compris parmi les opposants au régime. L'histoire de l'ingérence américaine en Iran reste une plaie ouverte : le coup d'État de 1953 orchestré par la CIA contre le Premier ministre démocratiquement élu Mohammad Mossadegh, le soutien au régime du chah, puis les sanctions économiques qui asphyxient la population depuis des décennies.
Trump a d'ailleurs refusé de rencontrer Pahlavi, estimant que cela ne serait « pas approprié ». Une prudence qui révèle les calculs géopolitiques de Washington, davantage préoccupé par la question nucléaire iranienne que par le sort du peuple. Les avertissements répétés du président américain contre Téhéran apparaissent comme une instrumentalisation de la souffrance des manifestants à des fins de politique étrangère.
Sur le terrain, la répression est brutale : 65 morts et plus de 2 300 arrestations selon les ONG. Internet a été coupé, isolant l'Iran du monde extérieur. Le procureur général menace de peine de mort quiconque participe aux protestations. Une violence d'État inacceptable, mais qui ne doit pas faire oublier que les sanctions américaines tuent elles aussi, en privant les Iraniens de médicaments et de biens essentiels.
Le guide suprême Khamenei accuse les manifestants de servir les intérêts de Trump. Une rhétorique de diversion, certes, mais qui trouve un écho chez ceux qui refusent de voir leur révolte récupérée par des puissances étrangères. Car si le régime iranien mérite d'être critiqué pour sa gestion autoritaire, les Iraniens n'ont pas besoin d'un prince en exil adoubé par Washington pour décider de leur avenir. Leur révolution, si révolution il y a, devra être la leur.