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Epstein : Bill Gates raconte le chantage à l'infidélité devant le Congrès

Jeffrey Epstein aurait tenté — en vain — de garder Bill Gates dans son giron en le faisant chanter au sujet de relations extraconjugales. C'est ce que le cofondateur de Microsoft a déclaré mercredi 10 juin devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants, lors d'une audition à huis clos qui a duré plus de cinq heures. Une déposition très attendue dans le cadre de l'enquête parlementaire sur les « dossiers Epstein », ces millions de pages de documents qui continuent d'ébranler les élites américaines et européennes.

Devant les parlementaires, le milliardaire de 70 ans a reconnu que le financier pédocriminel avait eu connaissance de ses infidélités durant son mariage avec Melinda French Gates, et l'a accusé d'avoir utilisé ces informations « et de nombreux mensonges » pour le pousser à se rapprocher de lui. « Il n'a pas réussi dans cette démarche, mais cela montre certaines des techniques qu'il a utilisées pour tirer parti de ses interactions avec moi » à son propre bénéfice, a déclaré Bill Gates, selon des propos rapportés par USA Today.

Le fondateur de Microsoft a indiqué avoir cessé toute communication avec Jeffrey Epstein en 2014, après avoir compris que ce dernier ne financerait jamais ses travaux philanthropiques sur la santé mondiale. C'est après cette rupture qu'Epstein aurait tenté d'exploiter des informations sensibles sur sa vie privée pour le contraindre à reprendre contact. En février dernier, Bill Gates avait déjà reconnu des liaisons extraconjugales et exprimé ses regrets concernant ses liens avec Epstein, alors que la pression médiatique s'intensifiait autour de lui.

« Je n'ai jamais fait de mal à quiconque »

Face aux élus, Bill Gates a fermement démenti toute implication dans les crimes du financier, mort en prison en 2019 avant son procès pour crimes sexuels. « Je veux l'exprimer très clairement : je n'ai jamais été témoin ou eu aucune indication qu'Epstein se livrait à une activité criminelle en cours », a-t-il affirmé dans ses propos introductifs, publiés sur son site GatesNotes. « Je n'ai jamais fait de mal à quiconque », a-t-il insisté, assurant que si Epstein avait bien tenté de « nourrir une relation personnelle » avec lui, cela ne l'avait jamais intéressé. « Je ne suis jamais allé sur son île, dans son ranch ou dans sa maison de Floride », a-t-il ajouté.

À son arrivée au Capitole, le milliardaire avait dit espérer que son témoignage aiderait « le travail important de cette commission pour rendre justice aux victimes » de Jeffrey Epstein. Il a ensuite quitté les lieux sans s'exprimer devant la presse. Le président de la commission, le républicain James Comer, avait donné le ton avant l'audition : les élus veulent savoir ce que Bill Gates a vu de la relation entre Epstein et sa complice Ghislaine Maxwell, qui purge une peine de vingt ans de prison aux États-Unis. « Qu'a-t-il vu ? Savait-il ce qui se passait ? Était-il impliqué ? », interrogeait l'élu du Kentucky.

Les « Epstein Files » continuent de faire trembler les puissants

Cette audition s'inscrit dans une vaste enquête parlementaire nourrie par la publication progressive des « Epstein Files », environ trois millions de pages de documents issus des archives du financier. Carnets d'adresses, courriels et registres de vols y dessinent l'étendue d'un réseau d'influence qui s'étendait bien au-delà des États-Unis, touchant des personnalités politiques, économiques et culturelles des deux côtés de l'Atlantique. En France aussi, les révélations s'enchaînent, comme l'épisode de la référence à Élie de Rothschild qui a déclenché une partie des investigations.

Pour Bill Gates, l'enjeu dépasse désormais la simple réputation. Sa fondation, pilier de la philanthropie mondiale, a vu plusieurs partenaires prendre leurs distances depuis le début de l'affaire, et son divorce avec Melinda French Gates, finalisé en 2021, avait déjà été partiellement attribué à ses fréquentations avec le financier. En choisissant la transparence devant le Congrès — tout en niant fermement toute complicité —, le cofondateur de Microsoft espère refermer l'un des chapitres les plus embarrassants de sa vie publique. La commission, elle, poursuit ses auditions et promet de nouvelles révélations dans les semaines à venir. D'autres grands noms de la finance et de la technologie figurent sur la liste des témoins pressentis, signe que l'onde de choc de l'affaire Epstein est encore loin de s'éteindre à Washington.

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