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L’ONU réclame une enquête indépendante après la bavure de Minneapolis

Les Nations unies ont réclamé, ce mardi, une enquête « rapide, indépendante et transparente » après la mort d’une femme abattue par un agent de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis. L’affaire, survenue la semaine dernière, a déclenché une vague d’indignation et de manifestations à travers les États-Unis.

Un tir qui bouleverse Minneapolis

Âgée de 37 ans, Renée Nicole Good a été tuée par balle le 7 janvier lors d’une intervention de la police fédérale de l’immigration dans un quartier résidentiel de Minneapolis. Selon les premières informations, l’agent aurait tiré alors que la femme tentait de bloquer une opération de contrôle. Mais plusieurs témoins contestent cette version. « Elle ne représentait aucune menace. Elle voulait simplement filmer la scène depuis sa voiture », raconte un proche de la victime cité par les médias locaux.

À Genève, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Jeremy Laurence, a rappelé que « l’usage intentionnel de la force létale n’est autorisé qu’en dernier recours, contre une personne représentant une menace imminente pour la vie ». L’ONU dit prendre acte de l’ouverture d’une enquête du FBI, mais insiste sur la nécessité d’un processus « réellement indépendant et transparent » pour établir les responsabilités.

Depuis le drame, des milliers de manifestants se sont rassemblés à Minneapolis, New York, Chicago ou encore Los Angeles. Dans plusieurs cortèges, le nom de Renée Good est devenu un symbole des excès reprochés aux forces de l’immigration sous la précédente administration américaine. « Justice pour Renée », pouvait-on lire sur les pancartes brandies ce week-end dans les rues du Minnesota.

Une affaire à portée nationale

Face à la colère, les autorités locales du Minnesota ont dénoncé le manque de transparence de la police fédérale. Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a fustigé « des méthodes indignes d’un État de droit » et annoncé une action en justice contre le gouvernement fédéral pour entrave aux enquêtes locales. Selon lui, « nul n’a le droit d’arrêter sans discernement des citoyens américains dans nos rues ».

L’affaire Renée Good intervient dans un contexte de tension déjà élevée entre l’administration fédérale et plusieurs États démocrates, qui dénoncent la brutalité croissante des opérations migratoires. Pour les observateurs, la réaction rapide de l’ONU souligne la portée internationale d’un drame qui ravive les blessures du passé — celles de George Floyd, tué dans la même ville en 2020.

À ce stade, ni le FBI ni l’agence ICE n’ont publié leurs conclusions. Mais pour les Nations unies, la question dépasse le seul cas individuel : elle interroge la manière dont la première puissance mondiale applique le droit fondamental à la vie et à la dignité humaine. « La transparence n’est pas une option », a insisté Jeremy Laurence à Genève.

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