Le bal tragique de la vie
Le Bal tragique de la vie
Nouvelle de Fabien VIE, Vita, Vida
Nouvelle en Hommage à mon très cher ami Nicolas Ethève
Paul arrive dans un petit village de Corse du nord.
Il est arrivé le matin à Ajaccio en provenance de Marseille avec le ferry .
Il gare sa voiture juste après l’entrée du village.
Il est midi passé.
Il a faim.
Il doit bien y avoir un petit restaurant. Se dit-il.
Paul croise un homme d’une bonne soixante-dizaine d'années qu’il aborde.
- Excusez-moi monsieur. Y aurait-il un restaurant d’ouvert dans le village ?
- Vous prenez la prochaine rue à gauche. Vous allez tout droit. Là, sur la place, il y a Chez Doumé. C’est très bon.
- Merci beaucoup
Paul arrive sur la place du village. Il voit le restaurant sous les arcades. Il y rentre. Il n’y a que deux personnes au comptoir et douze personnes assises à des tables. Nous sommes fin mars. Il n’y a pas encore la déferlante de touristes venus du continent.
Il s’avance vers le comptoir. Tout le monde le regarde. Il n’y a que des habitués. Derrière le comptoir, la cuisine est ouverte avec une cheminée où cuit de la viande et un îlot central où s'affaire le chef et son commis.
- Bonjour Madame, c’est possible de déjeuner ?
- Bien sûr que c’est possible. Vous êtes seul ou accompagné ?
- Seul
- Choisissez n’importe quelle table. Je vous apporte la carte.
Paul prend un pastis.
- Cela sent rudement bon. C’est un ragoût dans la cheminée ?
- Oui, un mélange de cochon, de saucisses piquantes et d’agneau avec des pommes de terre, des oignons, des tomates et des aubergines que mon mari fait mijoter depuis ce matin. Vous prendrez ça ?
- Tout à fait, avec un demi pichet de rouge aussi s’il vous plaît madame.
Il la regarde partir. Elle est sacrément jolie la femme du patron. Se dit Paul. Brune, les yeux noirs, visage ovale, des cheveux longs lisses, la peau mate, grande, mince, belle poitrine que l’on devine sous son pull à col roulé moulant et un cul de compétition. Elle doit avoir moins de quarante ans. Elle est aussi bien plus jeune que son mari. Paul l’aura finalement détaillé au millimètre près.
Le repas terminé, Paul se lève pour aller payer au comptoir.
- Je vous dois combien ?
- 25€ avec le café
- Savez-vous si je pourrais trouver une location dans le village pour la semaine ?
- Mon mari va vous dire cela.
- Bonjour Monsieur, tout d’abord, merci, je me suis régalé.
- C’est gentil. Je viens d’entendre. Vous cherchez une location pour la semaine. C’est ça ?
- Oui, je suis seul.
- Nous avons chez nous un maset que nous louons l’été. On peut aller le voir. Si cela vous plait, je vous le loue cinq cent euros la semaine.
- Ça me va.
- Je finis le nettoyage de la cuisine et d’ici vingt minutes, nous pouvons le visiter. Moi, c’est Doumé, et vous ?
- Paul, Paul Vita.
Deux heures plus tard, Paul s’installe dans le maset qui se trouve derrière la piscine de la grande bâtisse en pierre qui avec sa terrasse donne sur la mer au loin.
Paul, n’a qu’un sac de voyage en cuir et un autre avec son ordinateur, sa tablette, ses recharges et ses câbles.
Tous les matins, Paul va jusqu’à la mer à vélo. Puis, il prend son petit-déjeuner au restaurant bar Doumé sur la place du village. L’après-midi, il passe son temps à écrire un roman pour lequel la maison d’édition milanaise Montedison lui a versé une belle avance. C’est son quatrième roman. Les précédents eurent un succès improbable et furent adaptés par la RAI pour la télé. Le midi et le soir, Paul mange aussi chez Doumé.
A la fin de la semaine, Paul demande s’il peut prolonger son séjour de deux semaines ?
- Vous pouvez rester le temps que vous voulez. Dit en s’esclaffant de rire Doumé derrière son comptoir à l’heure de l’apéritif.
C’est samedi, le bar restaurant est bondé. Une vingtaine de personnes sont debout au bar et les trente tables de la salle sont occupées.
Deux semaines, puis trois se passent ainsi. Le mois de mai approche. Il fait beau et la température printanière est douce.
Paul est devenu un habitué des lieux. Parfois, il écrit l’après-midi entière à la terrasse du bar restaurant en fumant ses clopes et sirotant des citronnades maison. Paul fait petit à petit partie du décor.
- Et vous écrivez quoi Monsieur Paul ? Lui demande Katia la femme du patron, un soir en lui servant son habituel 102 au comptoir avec de la tapenade noire, des toasts grillés et quelques rondelles de figatelli dont il raffole.
- C’est une histoire triste à mourir, tragique.
- Pourtant, vous n’avez pas l’air triste.
- Je ne pense pas qu’il faille être triste pour l’écrire. Tout comme il ne faut pas être amoureux pour écrire une histoire d’amour.
- Laisse monsieur Paul tranquille Katia.
- Elle ne m’embête pas Doumé.
- Cela fait un mois que vous êtes là. Vous comptez rester plus longtemps ?
- Puisque vous en parlez. Puis-je rester tout le mois de mai ?
- Tant que vous payez et mangez chez moi, matin, midi et soir, cela me va. Dit Doumé en riant. Par contre, nous allons laisser le vous de côté et se tutoyer. Dit-il en resservant un 102 à Paul qui sourit.
Le mois de mai passe presque. Paul est devenu plus familier encore de Doumé qui a trente ans de plus que les trente huit de la belle Katia sa femme. Leurs enfants ont vingt et dix-neuf ans. Ils sont étudiants en droit à Aix-en-Provence et aux beaux-arts de Marseille.
Un matin, Paul prend son vélo pour aller jusqu’à la mer comme il le fit chaque jour ou presque depuis deux mois. Il est à peine huit heures. A la sortie d’un virage, il reconnaît Doumé dans sa voiture à l’arrêt contre la paroi rocheuse de cette petite route de montagne. Il s’arrête immédiatement. Paul ouvre la portière. Doumé a la tête penchée sur sa poitrine. Il respire encore. Sans réfléchir, Paul détache Doumé, l’installe à l’arrière en position latérale de sécurité. Il prend le volant et fonce en direction de Bastia et son hôpital en laissant son vélo de course sur le bas-côté.
Trois heures plus tard à l’hôpital dans la salle d’attente près du service de soins intensifs, Paul attend des nouvelles.
Il est toujours en short et tee-shirt. Katia la rejoint. Elle est assise en face de lui avec sa sœur qui l’a accompagnée.
Le cardiologue arrive pour leur parler.
- Monsieur Castaneda est hors de danger. Vous lui avez sans aucun doute sauvé la vie monsieur en l’accompagnant immédiatement ici sans attendre les pompiers qui seraient arrivés trop tard.
- Merci docteur. Lui dit Katia
- Par contre, il ne va pas fort. Je lui ai fait un triple pontage coronarien. Il doit arrêter définitivement la cigarette et l’alcool s’il veut vivre plus longtemps. Il pourra sortir d’ici une semaine. Mais il devra avoir une bouteille d’oxygène avec lui en permanence et prendre un repos complet de deux ou trois mois.
- Merci, merci docteur, puis-je le voir ? Demande Katia.
- Vous pouvez le voir trois minutes, pas plus.
Le soir même, le restaurant est fermé, mais pas le bar. Les gens du village se pressent pour prendre des nouvelles auprès de Katia de Doumé, très aimé par les habitants.
- Paul, merci pour ce que tu as fait pour mon mari. On a récupéré ton vélo. Tu restes ? Tu pars ?
- Je vais rester jusqu’à là mi juin.
- Ok, moi, il faut que je trouve un chef en urgence pour la saison.
- Dans une autre de mes vies, je fus chef. Je peux vous dépanner à partir de demain, le temps que tu trouves,
- Tu es sûr de toi ? Sûr que tu y arriveras à faire nos recettes Corses ?
- Sans problème et j’ai géré plus de mille couverts. Je pourrai en gérer 300 par jour si j’ai l’équipe autour.
- Écoutes. Tu commences demain. Puis, nous aviserons avec Doumé.
Dès le lendemain, Paul s’installe en cuisine pour la première fois depuis dix ans. Il est accompagné par un second, un pâtissier, deux commis et un plongeur. Katia tient le comptoir et la caisse, pendant que six serveuses s’occupent de la salle et de la terrasse.
Deux semaines plus tard, Doumé qui ne va pas très fort sur sa chaise roulante sur la terrasse de sa maison s’entretient avec Paul.
- Je te remercie à nouveau de m’avoir sauvé la vie mon ami.
- Tu aurais fait pareil. Je n’ai pas réfléchi deux secondes. C’était la seule solution.
- Puis, tu t’en sors incroyablement bien en cuisine. On fait le plein que nous ne faisions pas à la même époque l’année dernière en juin. D’après Katia, tous les habitués sont ravis.
- Merci, c’est un coup de main.
- Tu es fou. Personne ne ferait tout ce que tu as fait et fait.
- Merci Doumé
- Bon, on voudrait te garder toute la saison avec Katia. Tu serais dispo ?
- J’ai envoyé les trois quart de mon roman à mon éditeur. Ils sont très contents. J’ai jusqu’en novembre pour le finir. Je vous aime bien. Je peux être partant.
- Super, mais, parlons salaire et logement pour les quinze jours restants de juin et les trois mois à venir.
- Je te propose de rester dans le maset gratuitement, trois mille cinq cent euros net plus les primes au black. Cela te va ?
- Ça me va. Mais, je voudrais aussi le lundi pour respirer.
- Vendu ! Merci beaucoup, cela me soulage.
C’est le quatorze juillet. Cela fait maintenant un mois que Paul a lâché l’écriture pour redevenir chef cuisinier. Tout cela se passe très bien. Il s’entend bien aussi avec les enfants de Katia et Doumé qui sont venus en renfort tout l’été, au service pour Liliana et en cuisine pour Enzo. Tous les après-midi après son service, Paul va à la plage naturiste sauvage à vélo. C’est son moment de plaisir et de grande détente. La mer est transparente, cristalline. Il n’y a quasi jamais personne.
Il y a un bal sur la place du village chaque année pour la fête nationale. Il est vingt-trois heures. Paul a fini son service. L’équipe terminera de servir les derniers desserts et nettoiera sans lui. Il est douché, rasé. Ses habits blancs font ressurgir son bronzage. Paul fume une clope debout à côté de la terrasse pleine à craquer. Katia s’approche de lui.
- Nous avons fait deux cent couverts ce soir et la terrasse est maintenant pleine de gens qui boivent des coups et mangent des glaces. Je suis morte. Mais, je vais me doucher, me changer et aller danser un peu. J’adore ça.
- Je ne suis pas trop nase. Ça va. Je danserai peut-être si cela me plaît, à plus tard.
Il est minuit. Paul est près de l’estrade. Il a peu dansé. La musique s’arrête. Le chanteur annonce au micro qu’ils vont jouer quatre slows. Puis, qu’un dj prendra le relais.
Paul se retourne pour aller prendre un verre au bar.
Katia sublime dans une robe noire dos nu qui lui arrive au-dessus des genoux, lui fait face. Ils ne s’attendaient pas à se retrouver là tous les deux à ce moment. Liliana qui est à côté de sa mère lance sans s’apercevoir de l’émoi troublant entre elle et Paul.
- Maman, tu n’as qu’à danser avec Paul, s’il sait danser.
Paul sourit.
- Allez Katia, hop ! Dansons. Promis je ne t’écraserai pas les pieds.
Pendant tout le premier slow, ils ne parlent pas. Paul qui refusait de se sentir attiré par la sublime Katia, est troublé, charmé. Il sent sa poitrine ferme en liberté sans soutien-gorge contre son torse et le parfum Channel N°5 qu’elle porte.
Ils n’arrivent pas à se parler. Chacun est séduit. Paul enserre Katia plus fort dans ses bras. Elle sent sa queue en érection contre son ventre. Ses tétons durcissent. Son sexe devient chaud. Le dernier slow se termine. Ils se séparent sans rien dire en se lançant un regard électrique, puis rieur.
Paul prend enfin son verre de rosé glacé. Il regarde danser, se déhancher, la sublime Katia sur l’Afro-House du Dj.
Il ne reste pas. Il rentre se coucher. Il ne veut pas faire de connerie avec Katia. C’est une histoire impossible. Même si maintenant il crève d’envie de la baiser.
Le lendemain après son service du midi, à quatorze heures, Paul enfourche son vélo de course comme à son habitude pour aller se baigner nu à la plage. Il reconnaît immédiatement la Mini de Katia garée dans ce cul de sac connu que des locaux qui mène à la plage naturiste après un sentier d’un kilomètre. Ils ne s’étaient jamais vus à cette plage. Paul arrivant après son service, Katia après qu’il soit déjà parti. Paul s’installe au bord de l’eau avec sa grande serviette. Il n’y a personne à droite, une grande serviette avec personne au-dessus à gauche de la plagette. Paul se dit que Katia a dû s'installer plus loin afin qu’ils ne se croisent pas. Il s’assoie et voit la sublime brune sortir nue de l’eau.
Katia s’avance droit vers lui.
- Tu peux t’installer à côté de moi Paul. Je ne vais pas te manger, promis.
Il hésite un instant car il est totalement séduit par cette jeune femme. Paul n’arrive pas à dire non.
- Ok, j’arrive.
Il s’allonge près d’elle. Au bout de dix minutes, elle tourne la tête vers lui et lui demande :
- Peux-tu me passer du monoï dans le dos ?
Paul retient sa respiration. Il prend le flacon et en verse un peu dans sa main gauche. Il étale doucement le liquide sur les épaules, le dos, puis il descend jusqu’aux reins de la belle brune à la peau douce. Paul ne peut se retenir de s’enhardir. Il verse du monoï sur ses belles fesses bombées. Elle n’esquisse aucun geste. Katia ne dit rien.
Paul est maintenant à genoux près de ses fesses qu’il caresse, malaxe avec douceur. Katia toujours sur le ventre, sa tête tournée de l’autre côté de lui, écarte les jambes. Paul voit l’entrée de son sexe. Il verse maintenant du liquide sur ses jambes qu’il caresse de la main gauche l’une après l’autre. Ils ne disent rien. Ils sont seuls sur la plage. Katia cambre légèrement ses fesses magnifiques. Paul ne se retenant plus, lui caresse l’entrée de son sexe offert avec le pouce de sa main droite non enduite du liquide aux senteurs de vanille. Puis, il enfonce son doigt dans le sexe de Katia tout mouillé déjà d’excitation. Paul va plus vite maintenant. Il ne s’arrête pas. Il est surexcité. Katia est trempée. Elle esquisse juste des gémissements de jouissance.
Puis, Katia se retourne vers lui.
- Je veux sentir ta grosse queue en moi, maintenant.
- Là, ici ?
- Non Paul, allons dans la mer.
Ils se lèvent. Paul la prend par la main. Katia se détache deux pas plus loin. Elle court et plonge directement dans la mer en faisant quelques mètres sous l’eau. Paul la suit. Il plonge. Ils nagent maintenant l’un vers l’autre. Katia enserre directement ses longues jambes autour de sa taille et ses bras autour de son cou.
Ils s’embrassent pour la première fois, langoureusement très longtemps, puis furieusement. Paul prend son sexe énorme dans sa main et la pénètre jusqu’à la garde. Katia laisse échapper un cri de jouissance. Elle se colle à lui. Paul ne cesse de faire des va-et-vient en elle sans cesser de l’embrasser. Katia enserre sa tête avec ses bras. La mer les a presque amené jusqu’au bord. Leurs baisers sauvages sont entrecoupés de leurs gémissements de jouissance. Puis, un orgasme les foudroie. Paul jaillit de longues secondes en elle. Katia cri longuement tout en griffant le dos de son amant. Ils restent quelques minutes encore enlacés à s’embrasser doucement. Puis, ils sortent de la mer et s’allongent l’un contre l’autre, de côté, face à face, leurs regards sont plongés dans l’autre avec douceur. Ils ne se parlent pas. Ils ne peuvent s’empêcher de s’embrasser, de se toucher, se caresser avec bonheur. Katia rit aussi. Elle n’avait aimé que Doumé dans sa vie. C’était il y a une éternité, à 17 ans. Elle en a trente huit maintenant. Elle n’avait plus fait l’amour à ne plus s’en rappeler car Doumé ne pouvait plus, ne la touchait plus. Ils faisaient chambre à part depuis cinq ans. Katia n’avait jamais cédé aux avances de mille hommes auxquels elle faisait tourner les sangs par sa beauté.
- Il est dix-sept heures. Nous devons rentrer.
- Oui, Katia, allons-y.
Les deux dernières semaines de juillet. Ils se retrouvent chaque après-midi à la plage, à faire l’amour dans la mer et des câlins sur leurs serviettes. Chaque nuit, Katia rejoint Paul dans le maset. Puis elle s’éclipse au petit matin quand ses enfants et son mari dorment encore.
Katia a besoin de sentir Paul contre elle en chien de fusil toutes les nuits pour s’endormir, sentir sa peau et la douceur de ses caresses.
Cet été là, Paul Vita oublie qu’il n’a plus aimé et été aimé depuis cinq ans. Paul oublie qu’il n’a plus été heureux depuis le tragique accident sur une petite route de Corse non loin de là, où sa femme et ses deux enfants avaient été tués par Doumé au volant de sa voiture avec deux grammes d’alcool dans le sang. Il avait pu fuir. Il n’avait jamais été inquiété par la justice. Ses relations dans la police, la justice, ses amitiés politiques lui avaient permis de ne pas payer le prix pour la mort de la famille de Paul.
Il n’était pas là par hasard depuis plusieurs mois. Oui, il écrivait un nouveau roman. Paul avait fait son enquête, remonté tous les fils. Il était là pour se venger. Paul Vita était là pour tuer Doumé, pour faire mal à sa famille, pour essayer de survivre.
Mais, une fois qu’il fut installé au cœur de cette famille, petit à petit, ses sentiments changèrent. Il prit en amitié Doumé. Il lui sauva la vie. Paul tomba éperdument amoureux de la sublime Katia, même s’il essaya de ne pas succomber. Le piège s’était refermé sur lui. Comment pouvait-il se sortir de cette histoire ? Pouvait-il continuer à mentir ? Katia finirait par apprendre toute l’histoire. Leur amour naissant pourrait-il y survivre ?
Les deux premières semaines d’août passent. Paul et Katia sont amants depuis un mois. Ils se retrouvent chaque jour à la plage et toutes les nuits. Katia est rayonnante, heureuse, encore plus belle. Paul n’arrive toujours pas à tout lui avouer. Il essaye juste de savourer égoïstement chaque seconde de bonheur retrouvé.
Doumé, lui, ne va pas mieux. Son cœur est trop fatigué. Le quinze août, au petit matin, Katia qui lui apporte le café, le trouve mort dans son lit. Ils faisaient chambre à part depuis plus de cinq ans.
L’enterrement a lieu trois jours plus tard.
Katia rejoint Paul cette nuit là dans son maset.
- Je t’aime Paul. C’est douloureux pour mes enfants la mort de leur père. Moi, je t’aime. Tu me rends heureuse. Je ne veux pas que cela s’arrête entre nous.
- Je n’ai plus été heureux dans ma vie depuis cinq ans.
Paul marque un temps d’arrêt. Puis renonce à avouer la vérité à Katia.
- Je ne sais pas comment nous allons faire. Je suis tombé éperdument amoureux de toi au fil du temps puis totalement dès que nous avons dansé ensemble. Je ne sais pas. Mais, je veux essayer de t’aimer.
C’est la fin du mois d’août. Liliana et Enzo rentrent sur le continent pour poursuivre leurs études. Paul et Katia n’ont plus à se cacher le soir. Ils passent toutes leurs nuits ensemble et peuvent profiter du réveil doux le matin l’un contre l’autre.
- J’ai rendez-vous chez le notaire ce matin à Bastia. Doumé avait très bien fait les choses. Il avait anticipé son décès en faisant son testament. Mes enfants deviennent propriétaires de leur appartement dans lesquels ils vivent à Marseille. Il leur lègue aussi un petit pactole qu’il avait accumulé depuis quarante ans. Moi, j’ai le bar-restaurant et la maison avec ses dépendances. Je la conserverai pour mes enfants et nous. Le bar-restaurant, nous pouvons le garder ou le vendre et prendre un nouveau départ ailleurs.
- J’ai vendu ma maison à Marseille l’hiver dernier. Je ne pouvais plus y vivre. Car, elle porte en elle trop de malheurs et vide de bonheur pour moi depuis trop longtemps. Prenons le temps ma belle Katia.
Tout le mois de septembre passe. La saison est terminée. Katia et Paul sont enlacés l’un contre l’autre dans le lit de la chambre d’amis où elle s’était installée depuis longtemps.
- Paul, il faut que je te dise quelque chose d’important. Le mois dernier quand je suis allée à Bastia chez le notaire, je suis aussi allée chez ma gynécologue. Je suis enceinte de toi. Je suis enceinte de deux mois.
Paul est d’un coup pétrifié. Puis, il ne peut pas retenir ses larmes. Paul pleure à ne plus pouvoir rien retenir. Ses yeux se vident de toute son eau ou presque. Katia l’embrasse sur la bouche, sur les yeux, sur le visage.
- Ne pleure pas mon amour. C’est si beau. C’est la vie. C’est notre amour. Je pensais finir enterrée vivante dans mon mariage. Tu m’as redonné la vie, l’espoir et maintenant un enfant. Je t’aime. Ne pleure pas Paul.
Paul l’embrasse et lui dit une demi vérité.
- J’ai perdu ma femme et mes deux fils il y a cinq ans dans un stupide accident de la route. J’ai cru que je ne connaîtrais plus le bonheur dans ma vie. J’ai même essayé plusieurs fois de mourir en me saoulant jusqu’au-delà de tout. Mais, la mort n’a jamais voulu de moi, pas encore.
- Oh mon pauvre amour, je vais t’aimer très fort.
- Comment allons-nous annoncer cela à tes enfants ?
- Pas tout de suite, attendons Noël, je serai enceinte de cinq mois, le deuil de leur père sera atténué. Je serai grosse. Je ne pourrai plus le cacher.
- Je vais avoir un enfant.
- Nous allons avoir un enfant.
- C’est fou la vie.
Le mois suivant, Katia et Paul vont chez la gynécologue ensemble pour la première échographie, celle des trois mois. Ils sont heureux.
- Alors, comment vous dire cela ? Vous allez avoir des jumeaux.
Paul et Katia éclatent de rire et s’embrassent les larmes aux yeux.
- Cela me fait plaisir que vous le preniez comme cela, car parfois c’est un choc pour les parents.
Arrive Noël, Katia et Paul ont décidé de vendre le restaurant et la maison finalement et de s’installer à Marseille non loin de la rue d’Endoume avec une vue sur la mer. Ils avaient préalablement lors d’un week-end officialisé leur amour auprès de Liliana et Enzo les enfants de Katia qui ne le prirent pas mal.
- Je te trouvais plus heureuse depuis cet été maman. Lui dit sa fille.
- Même si papa est parti il n’y a pas longtemps. On ne peut rien faire contre l’amour. Lui dit également son fils très gentiment.
- Merci mes chéris, je vous aime très fort.
Paul, Katia et ses deux enfants sont à table pour le réveillon de Noël.
- Nous avons quelque chose à vous annoncer. Vous allez avoir un petit frère et une petite sœur, des jumeaux.
- Oh la vache ! Vous n’y allez pas de main morte avec nous. Ne peut s’empêcher de s’exclamer Enzo.
- En couple depuis cet été, une nouvelle vie à Marseille et des enfants, cela fait beaucoup. Enchaîne Enzo estomaqué.
- Désolé mon fils, tout s’est enchaîné comme ça. J’ai beaucoup aimé votre regretté père. Je suis très amoureuse de Paul qui me rend très heureuse.
- C’est la vie maman. Vous avez des prénoms ? Dit Liliana.
- Guido pour le garçon
- Ah quelle horreur ! S’exclame Enzo.
- Mais non, c’est une blague.
Tous les quatre rient ensemble.
- Nous avons choisi, roulement de tambours ! Clara et Ulysse.
- Pas mal… disent en cœur Liliana et Enzo.
Un an et demi est passé. Cela fait deux ans que Katia et Paul vivent dans le bonheur. Les jumeaux ont quatorze mois. Tout se passe bien dans leur vie. Paul écrit un sixième roman. Katia a ouvert près de leur maison, une épicerie avec les meilleurs produits corses. Elle propose aussi un plat du jour le midi pour une quarantaine de gourmands maximum sur place ou à emporter.
Ils se marient dans quelques jours. Katia voulait porter le même nom que ses jumeaux et celui de Paul qui devenait le grand amour de sa vie.
Les préparatifs du mariage battent leur plein dans un petit village de corse du sud où le couple a acheté une maison pour vivre l’été. Le maire du village est un cousin de Katia, un des premiers indépendantistes à gagner une mairie. Il y a juste sa famille à elle et des amis. Paul, fils unique, n'a plus ses parents et pas de famille.
Les bébés dorment à poing fermé dans leur chambre. Juliana et Enzo sont sortis danser dans une paillote. Paul et Katia sont au lit dans leur chambre l’un contre l’autre la veille du mariage.
- Je n’aurais jamais pu imaginer qu’une sublime Katia, Corse, me donne tant de bonheur et me rende si heureux.
- Tu as beaucoup de chance, une chance inouïe.
- C’est certain.
Ils s’embrassent. Paul retire le drap qui les recouvre. Embrasse les seins de Katia. Il lui lèche les tétons qui durcissent immédiatement. Puis, glisse des baisers sur son ventre. Paul lui écarte les cuisses et lui lèche le sexe d’un grand coup de langue direct. Katia glousse de plaisir et se cambre. Il saisit ses cuisses et ses fesses pour la maintenir. Paul lui dévore la chatte. Katia s’accroche aux draps très fort avec ses mains. A chaque coup de langue toujours plus chaude et brûlante dans son sexe, sur son clitoris devenu fou, elle pousse des gémissements et des petits cris en remuant la tête. Elle pousse des…
- Encore ! Plus fort ! Fais moi jouir ! Oui ! Baise moi ! Baise moi encore ! Plus fort !
Paul est encore plus surexcité. Il enfonce maintenant un doigt, puis deux dans sa chatte trempée, sans arrêter de la lécher, de sucer son clitoris.
- Paul ! Viens en moi ! Je veux ta queue ! Tu me rends dingue ! Je veux ta queue ! Prends moi par derrière tout de suite. Tape au fond. Je veux ta queue. Je veux la sucer.
Katia se redresse. Elle prend sa queue et le suce follement. Au bout d’à peine une minute, Paul retourne Katia pour la prendre par derrière. Son sexe est en feu de désir.
Il l’a transperce direct de par en par.
A chaque coup de rein au fond d’elle…
- Tu es ma femme.
- Oui
- Tu es ma maîtresse.
- Oui
- Tu es ma complice.
- Oui
- Tu es ma putain.
- Oui
- Dis-le.
- Je suis ta putain.
- Dis-le encore.
- Je suis ta putain.
- Dis-le encore.
- Je suis ta putain.
Paul tape de plus en plus fort tout au fond d’elle. Leur jouissance est très forte, frénétique, explosive. Leurs corps et leurs esprits sont en transe. Katia cri de plus en plus fort d’un plaisir explosif à chaque coup de rein. Elle est au bord de la rupture. La jouissance, leur jouissance monte encore d’un cran. Paul serre très fort les fesses de Katia avec ses mains. Il adore la tenir comme cela. Leur connexion est totale. Ils explosent en même temps. La bombe atomique irradie totalement leur être, des pieds, aux entrailles, au cerveau brûlé par l’orgasme.
Paul et Katia s’effondrent dans le lit l’un contre l’autre. Un frisson parcourt leur corps. Ils ont besoin de reprendre leur respiration. Leur cœur bat très vite. Ils sont en nage. Ils sont une nouvelle fois allés très loin dans cette connexion de plaisir qu’ils ont depuis le premier jour et qui grandit chaque jour qui passe.
Ils arrivent à se regarder enfin. Katia rit de bonheur. Paul lui caresse l’épaule avec un grand sourire et la serrant contre lui.
- Tu me rends fou de bonheur Katia.
- Je n’avais jamais rit de bonheur après avoir fait l’amour.
- Haaann tu caresses encore ma queue.
- Elle est à moi. Je vais te rendre encore plus fou amoureux de moi.
- J’adore.
Katia caresse le sexe de Paul qui devient très dur. A peine dix minutes se sont écoulées après leur orgasme. Ils revisitent leur lit, les positions langoureuses, douces, sur le côté, assis. Paul et Katia font l’amour. Leurs corps se mélangent. Ils s’embrassent. Leurs langues se tutoient, s’entrelacent, balayent leurs bouches, leurs visages. Paul ne peut s’empêcher de lécher chaque millimètre de sa peau. Il prend Katia sur le bord du lit un moment, ses jambes sur ses épaules. C’est bon. Il bascule sur le côté doucement pour se mettre sur le dos. Katia lui lèche la queue goulûment avec délice, puis vient se placer au-dessus de lui pour s’empaler doucement, sûrement, jusqu’au bout. Paul lui serre ses gros seins toujours si fermes, si beaux. Ils sont fous. Ils s’embrasent. Leurs corps sont en feu. Katia est accroupie sur Paul. Le mouvement quelle imprime lentement fait glisser son vagin trempée de jouissance sur le sexe de Paul en flammes de désir toujours plus fort. Brutalement, la jouissance les prend d’avoir été ensemble très haut, très loin, très fort.
Ils rient ensemble de tant de bonheur.
Ils boivent chacun un litre d’eau.
Puis, ils s’endorment comme chaque nuit, l’un dans l’autre en chien de fusil parce qu’il ne peut y avoir d’autre façon pour eux de dormir ensemble.
Paul et Katia sont sur les marches de la mairie entourés de leurs quatre enfants, les grands Liliana et Enzo tenant les jumeaux Clara et Ulysse dans les bras, et de leur famille et amis. Tout le monde a le sourire. Il fait beau et chaud en cette fin d’après-midi de juillet dans ce petit village de Corse du sud. Le photographe shoote à tout va. Paul appelle le maire, cousin de Katia qui se dirigeait vers sa voiture pour prendre des cigarettes, afin qu’il soit sur la photo entre eux.
Une moto avec deux passagers s’arrête à côté du photographe. Celui de derrière sort une kalashnikov et arrose longuement le mariage avant de repartir en trombe sous les hurlements de terreur. Il y a du sang partout.
Le maire est mort sur le coup de plusieurs balles dans la poitrine et une dans la tête.
C’était la cible.
Paul n’entend plus les cris, les hurlements, ni les pleurs. Il tourne la tête vers sa droite.
Enzo et Clara sont gisants sur le sol.
Tout s’embrouille autour de lui, dans sa tête. Il enjambe le corps du maire déchiqueté par les balles. Katia est par terre, sa robe blanche est rouge sang. Elle se tient le ventre et balbutie.
- Mes enfants… mon amour… Paul…
Paul devient fou.
Liliana et son fils Ulysse sont à terre morts de quelques balles de guerre.
Paul hurle.
Il se baisse pour prendre Katia dans ses bras contre lui.
Son regard, si noir, si lumineux, si doux, s’éteint.
Paul hurle de longues minutes toute son âme, toute la vie qu’il a en lui.
Le lendemain, le journal Corse Matin titre en première page Un règlement de compte mafieux endeuille un mariage.
Le maire était la cible. Toute une famille dont la mariée et ses quatre enfants meurent sous les balles. Seul le mari et père, l’écrivain Paul Vita en sort vivant.
La mort avait pris injustement la vie de sa première femme et ses deux enfants dans un accident de voiture.
La mort n’avait pas voulu de lui à maintes reprises.
Paul avait pris la femme de celui qui avait commis l’accident mortel des siens.
La mort lui reprit Katia son amour, Liliana, Enzo, Clara et Ulysse ses enfants.
Montpellier,
Marseille,
15 juin 2026
Fabien VIE, Vita, Vida