Mehdi Benatia quitte l'OM : bilan d'un passage éclair mais décisif
Mehdi Benatia a officialisé sa démission du poste de directeur du football de l'Olympique de Marseille ce dimanche 15 février 2026. Un départ qui intervient quatre jours seulement après le limogeage de Roberto De Zerbi, dans un club plongé en pleine crise de résultats. L'ancien international marocain laisse derrière lui un bilan contrasté, fait de mercatos ambitieux et de désillusions sportives.
Le communiqué est tombé sur Instagram, à la veille du prochain match de championnat. « Compte tenu des crispations autour de la direction, j'ai posé ma démission, car selon moi, le club passera toujours avant les hommes », a écrit Benatia dans un long message adressé aux supporters. La rupture, annoncée depuis des semaines, est désormais consommée. L'OM perd en quatre jours son entraîneur et son directeur sportif, deux piliers du projet bâti à l'été 2024.
Le déclic remonte à la nuit du 10 au 11 février, lorsque Roberto De Zerbi est démis de ses fonctions après l'humiliation subie face au PSG (5-0) et l'élimination en Ligue des champions à Bruges (3-0). Benatia avait alors immédiatement contacté Pablo Longoria et Frank McCourt pour proposer de partir lui aussi, refusant de laisser le technicien italien endosser seul la responsabilité de la débâcle. Sa première offre de démission avait été refusée.
C'est le match nul concédé à Strasbourg (2-2), samedi, dans un climat de fronde au Vélodrome avec des banderoles hostiles déployées dans le virage Depé, qui a scellé sa décision définitive.
Un architecte de mercatos ambitieux
Arrivé comme conseiller de Pablo Longoria en novembre 2023, puis promu directeur du football en janvier 2025, Benatia aura profondément marqué le recrutement olympien. Son audace sur le marché des transferts restera comme sa principale qualité. C'est lui qui convainc Roberto De Zerbi de venir à Marseille à l'été 2024, puis enchaîne avec les arrivées de Mason Greenwood, Pierre-Emile Höjbjerg, Geronimo Rulli et Adrien Rabiot — un mercato à 85 millions d'euros qui propulse l'OM vers une deuxième place en Ligue 1 et un retour en Ligue des champions.
L'hiver 2025 voit Benatia corriger le tir avec l'arrivée d'Ismaël Bennacer, Amar Dedic et Amine Gouiri. L'été suivant, il poursuit avec Igor Paixão (35 M€ depuis Feyenoord), Facundo Medina (22 M€, ex-Lens), Angel Gomes et CJ Egan-Riley en transferts libres. Au mercato d'hiver 2026, il finalise les dossiers Quinten Timber (4,5 M€) et Ethan Nwaneri, pépite prêtée par Arsenal.
Sa stratégie économique a aussi été saluée par Frank McCourt : réduction de la masse salariale, transferts ciblés de joueurs en fin de contrat, et valorisation d'actifs. Sur le plan financier, l'OM de Benatia est un club assaini.
Des résultats qui n'ont pas suivi
Mais le football juge les hommes aux trophées et aux classements. Et sur ce terrain, le bilan est sévère. Malgré un effectif considérablement renforcé, l'OM pointe au quatrième rang de Ligue 1, relégué à dix longueurs du leader lensois. L'élimination en Ligue des champions, compétition retrouvée après des années d'absence, a été vécue comme un échec cuisant.
Le turnover permanent constitue l'autre point noir. Depuis l'ère Longoria, 160 mouvements de joueurs ont été enregistrés. Des onze titulaires alignés lors de la démonstration inaugurale à Brest (5-1) sous De Zerbi, seuls quatre — Greenwood, Höjbjerg, Balerdi et Rulli — figurent encore dans l'effectif actuel. Cette instabilité chronique a empêché toute construction d'un véritable collectif sur la durée.
« Je pars avec le sentiment d'avoir fait le maximum sur le plan professionnel, mais avec le regret de ne pas avoir réussi à apaiser l'environnement autour du groupe », a reconnu Benatia. Un constat lucide pour un dirigeant qui n'a jamais manqué d'investissement personnel mais n'a pas réussi à transformer ses ambitions en résultats concrets.
Pablo Longoria se retrouve désormais seul en première ligne, face à des supporters en colère et à l'urgence de nommer un nouvel entraîneur et un nouveau directeur sportif en plein cœur de saison. Selon la presse italienne, Benatia susciterait déjà l'intérêt de plusieurs clubs de Serie A, où son réseau et son expérience sont reconnus. Pour l'OM, une nouvelle page s'ouvre — dans la tempête.