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RSA, APL, AAH : la CAF lance un outil en ligne pour combattre les fake news

Face à la multiplication des fausses informations sur les réseaux sociaux concernant le RSA, les APL ou encore l'AAH, la Caisse nationale des allocations familiales a décidé de passer à l'offensive. Depuis le 6 février 2026, un espace dédié au fact-checking est accessible sur caf.fr pour permettre aux allocataires de démêler le vrai du faux sur leurs droits et couper court aux rumeurs qui polluent le débat public.

Les rumeurs sur les aides sociales n'ont jamais autant circulé. Entre les vidéos virales sur TikTok annonçant une prétendue prime de 400 euros versée à tous les allocataires, les publications Facebook affirmant que 42 % des bénéficiaires de la CAF seraient des étrangers, ou encore les montages trompeurs opposant systématiquement travailleurs et bénéficiaires du RSA, la désinformation a atteint un niveau critique. La CAF, dont les prestations touchent près d'un foyer français sur deux, a décidé de ne plus laisser faire et de reprendre le contrôle du récit.

L'institution a lancé un espace en ligne accessible à l'adresse caf.fr/contreladesinformation. Ce portail centralise des articles de « désintox » rédigés en partenariat avec Les Surligneurs, un média indépendant composé de journalistes et d'enseignants-chercheurs en droit, spécialisé dans le legal-checking, c'est-à-dire la vérification juridique des informations. Le principe est clair : chaque fois qu'une fausse information atteint un niveau de diffusion significatif sur les réseaux sociaux, la Cnaf publie un article factuel et sourcé pour rétablir la vérité.

Des chiffres manipulés, des conséquences bien réelles

Parmi les infox les plus tenaces figure l'affirmation selon laquelle 42 % des allocataires de la CAF seraient de nationalité étrangère. Ce chiffre, largement repris dans les discours politiques et relayé massivement sur les réseaux sociaux, est tout simplement faux. La CAF précise qu'un allocataire désigne un foyer, et non une personne individuelle. En comparant correctement les données disponibles, environ 11 % des foyers allocataires sont de nationalité étrangère, soit près de quatre fois moins que le chiffre avancé par les publications virales.

Autre rumeur récurrente : l'idée que les aides au logement comme les APL ou le RSA seraient réservés aux personnes sans emploi, et que le fait de travailler exclurait automatiquement de tout droit aux prestations sociales. La réalité est tout autre. Le RSA peut être perçu par des travailleurs aux revenus modestes, notamment à temps partiel, et les APL sont attribuées en fonction des ressources du foyer, indépendamment du statut professionnel de l'allocataire.

Ces fausses informations ne sont pas anodines. Elles génèrent une confusion massive parmi les usagers et provoquent une surcharge de travail considérable pour les agents des CAF locales, contraints de traiter des demandes fondées sur des rumeurs plutôt que d'accompagner les familles réellement dans le besoin. Des allocataires renoncent parfois à faire valoir leurs droits légitimes, tandis que d'autres sollicitent des aides qui n'existent pas.

Le Gorafi, allié inattendu de la Cnaf

Pour toucher un public plus large, notamment les jeunes utilisateurs des réseaux sociaux particulièrement exposés aux infox, la CAF a fait un choix de communication pour le moins audacieux en s'associant au Gorafi, le célèbre site parodique qui compte près de quatre millions d'abonnés. Le principe est simple et redoutablement efficace : des publications humoristiques volontairement absurdes, comme l'annonce d'une aide fictive destinée aux influenceurs s'expatriant à Dubaï, sont diffusées sur Instagram, TikTok et Facebook. Ces contenus décalés renvoient ensuite vers la page officielle de la CAF, où les internautes peuvent consulter des informations vérifiées et fiables.

En parallèle, la Cnaf s'engage à signaler systématiquement les contenus frauduleux auprès des plateformes numériques — Facebook, Instagram, TikTok — pour en limiter la propagation. Une démarche qui s'inscrit dans un contexte plus large de lutte contre la désinformation en France, où institutions publiques et médias tentent de reprendre la main face aux infox qui fragilisent le lien de confiance avec les citoyens.

La CAF rappelle enfin quelques réflexes essentiels aux allocataires : se méfier des messages au ton alarmiste, des promesses trop belles pour être vraies et des publications comportant des fautes d'orthographe ou des liens vers des sites inconnus. En cas de doute, l'institution recommande de ne jamais relayer l'information suspecte et de vérifier systématiquement sur caf.fr. À l'heure où la défiance envers les institutions ne cesse de croître, cet outil de transparence apparaît comme une initiative indispensable pour restaurer la confiance entre les allocataires et leur caisse.

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