Venise : un jeune couple de mariés percuté et tué par un bateau-taxi
Sean Michieli, 25 ans, pêcheur de palourdes, et son épouse Gabriella Querino, 26 ans, d'origine brésilienne, ont été percutés samedi 12 septembre 2026 avant l'aube par un bateau-taxi dans la lagune de Venise, près de Campalto. Sean est mort peu après à l'hôpital Sant'Angelo de Mestre ; le corps de Gabriella, portée disparue pendant plusieurs jours, a été retrouvé mardi 15 septembre près de la même zone. Le pilote du taxi nautique, un Vénitien de 38 ans en remplacement ce jour-là, affirme n'avoir rien vu avant le choc. Une enquête pour homicide nautique a été ouverte par le parquet de Venise.
Le drame s'est noué dans l'obscurité, sur un canal de la lagune situé après l'île de Tessera, à quelques encablures de l'aéroport Marco Polo. Sean et Gabriella naviguaient à bord de leur petite embarcation orange, en direction d'une barène où ils avaient l'habitude d'aller ramasser des vers servant d'appâts pour la pêche aux palourdes, activité qui faisait vivre le jeune homme. Il était environ cinq heures du matin lorsque leur bateau a croisé la route d'un taxi nautique qui rejoignait l'aéroport, probablement pour une réservation matinale.
Le choc a été d'une violence extrême. Le conducteur du taxi, un habitant de Venise de 38 ans qui assurait ce jour-là un remplacement, a expliqué aux carabiniers « ne pas avoir vu le petit bateau dans le canal » et n'avoir « entendu que le choc » au moment de la collision. Le tronçon où s'est produit l'accident ne dispose ni d'éclairage public ni de caméras de vidéosurveillance, ce qui complique la reconstitution exacte des circonstances pour les enquêteurs.
Un mari mort, une épouse recherchée pendant trois jours
Sean Michieli a succombé à ses blessures peu après avoir été pris en charge et transporté à l'hôpital Sant'Angelo de Mestre. Gabriella, elle, avait disparu dans les eaux de la lagune au moment du choc. Le sac contenant ses papiers d'identité avait été repêché dès les premières heures des recherches, mais son corps n'a été localisé que trois jours plus tard, mardi matin, non loin de Campalto, par un habitant qui a donné l'alerte en l'apercevant dans l'eau. Entre-temps, les pompiers avaient ratissé la zone en hélicoptère, sans succès.
Le couple s'était marié le 12 juin 2026, après un an de relation. Originaire du Brésil, Gabriella avait appris à piloter une embarcation et à ramasser les appâts aux côtés de son mari, s'intégrant peu à peu à la vie lagunaire et à ce métier de pêcheur de palourdes transmis de génération en génération dans certaines familles vénitiennes. Le maire de Venise, Simone Venturini, a exprimé « le choc et la tristesse de toute la communauté », décrivant Sean comme « un jeune homme travailleur, profondément attaché à notre lagune ».
L'enquête pour homicide nautique confiée au parquet de Venise doit désormais établir les responsabilités exactes. Des analyses toxicologiques ont été ordonnées sur le conducteur du taxi. Les carabiniers doivent également entendre deux touristes américains qui se trouvaient à bord de l'embarcation au moment de l'impact, ainsi que d'autres chauffeurs de taxis nautiques présents dans le secteur cette nuit-là. Le bateau du jeune couple doit lui aussi être examiné techniquement pour tenter de reconstituer la trajectoire des deux embarcations avant la collision.
La sécurité de la navigation à Venise de nouveau en question
Ce drame relance le débat récurrent sur la sécurité du trafic nautique dans la lagune vénitienne, où taxis, vaporetti, bateaux de pêche et embarcations privées se croisent chaque jour par centaines sur des canaux parfois étroits et mal éclairés la nuit. Les associations de gondoliers et de pêcheurs locaux dénoncent depuis plusieurs années la vitesse excessive de certains taxis nautiques et l'effet du moto ondoso, ce phénomène de vagues générées par le trafic intense qui fragilise aussi bien les petites embarcations que les fondations historiques de la ville.
Venise n'en est pas à son premier accident nautique mortel : la lagune a déjà été le théâtre de collisions similaires impliquant des vaporetti, des taxis et des embarcations de plaisance, sans qu'un dispositif de régulation plus strict n'ait jusqu'ici été mis en place sur l'ensemble du réseau de canaux périphériques. La mort de Sean Michieli et de Gabriella Querino, quelques mois seulement après leur mariage, ravive les appels à un meilleur balisage nocturne et à des limitations de vitesse renforcées, notamment aux abords des zones fréquentées par les pêcheurs professionnels.
L'Italie a déjà été frappée par d'autres drames impliquant des transports dans la région de Venise, à l'image du bus tombé d'un pont qui avait fait au moins 22 morts en 2023, ou plus récemment de l'accident de téléphérique survenu à Macugnaga, dans le nord du pays. Autant d'épisodes qui relancent, à chaque fois, les mêmes questions sur la sécurité des infrastructures de transport italiennes, qu'elles soient routières, aériennes ou, comme à Venise, lagunaires.