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Marseille : mairie envahie et commissariat visé en marge de la mobilisation

À Marseille, le samedi 17 octobre 2026, des violences ont éclaté en marge d'une journée nationale de mobilisation : des manifestants ont brièvement pénétré dans le hall de la mairie, des dégradations sont signalées au centre-ville et une source policière évoque des pillages. Selon France 3, plusieurs milliers de personnes défilaient pourtant dans le calme sur la Canebière. Les bilans, établis dans l'après-midi, restent provisoires : le préfet de région fait état d'une trentaine d'interpellations « pour le moment ».

Cette journée s'inscrit dans une mobilisation nationale réunissant, selon Paris Match et l'AFP, des gilets jaunes, des lycéens, des étudiants et des militants du climat. À Paris, la préfecture de police comptait 133 interpellations à 14h, avec des affrontements place de la République. À Marseille, on ignore à ce stade qui sont les auteurs des violences : rien ne permet de les rattacher à tel ou tel cortège.

Cet article repose, pour le 17 octobre, sur des comptes rendus publiés dans l'après-midi par franceinfo, France 3, Paris Match et l'AFP, appelés à être corrigés. Le récit des semaines précédentes s'appuie, lui, sur les articles d'ICI, de Made in Marseille, de Maritima et du Café pédagogique.

Samedi 17 octobre : la mairie, le commissariat et la Canebière

Selon franceinfo et l'AFP, publiés à 13h36, plusieurs dizaines de manifestants ont brièvement pénétré dans le hall de la mairie de Marseille, sur le Vieux-Port, après avoir enfoncé la porte en criant « C'est la Révolution, on prend la Bastille ». Ils ont été dispersés par les forces de l'ordre positionnées devant l'hôtel de ville. D'après Paris Match et l'AFP, la double porte en bois a été forcée avec des barrières de sécurité et à coups de pied, et du mobilier a été projeté au sol dans le hall.

Le maire, Benoît Payan, a déclaré à BFM TV, selon France 3 Provence-Alpes : « Il y a eu un mouvement de casseurs face à la mairie ». Il juge que « les dégâts sont assez limités », mais se dit surpris qu'un buste de Marianne ait été mis à terre. Après avoir appelé le président de la République, il qualifie la situation d'« indescriptible et inacceptable ».

Selon franceinfo, qui cite la préfecture de police, des manifestants ont aussi cassé des vitres et lancé des fumigènes dans le commissariat de la police municipale du 3e arrondissement. La préfecture évoque des « regroupements non déclarés ». Une tentative d'incendie a pu être évitée et aucun blessé n'est signalé. Toujours d'après franceinfo, l'entourage du ministre de l'Intérieur indique que, sur la Canebière, « des magasins ont été vandalisés et le poste de police municipal a été dégradé ».

Une source policière unique, citée par France 3 auprès d'ICI Provence-Alpes TV, parle de « nombreux pillages » et affirme que la boutique SFR a notamment été vandalisée et pillée. Cette version n'a pas, à notre connaissance, été confirmée par d'autres sources, et nous ne la généralisons pas.

Dans le même temps, selon le direct de France 3, plusieurs milliers de personnes remontaient la Canebière dans le calme, alors que des violences se poursuivaient près du Vieux-Port.

Sur X, Benoît Payan, cité par franceinfo, écrit : « Face à la situation hors de contrôle dans le centre-ville de Marseille ce matin, j'ai dû solliciter directement le Premier ministre et le ministre de l'intérieur en cellule de crise ce midi pour qu'une réponse soit apportée à la hauteur des besoins. » Il annonce des moyens supplémentaires, précisant sur franceinfo trois compagnies de CRS et deux véhicules Centaure en renfort.

Lors d'un point presse du préfet de région, Jacques Witkowski, rapporté par France 3, une trentaine d'interpellations a été annoncée « pour le moment ». Lors d'un point presse à la mairie, Benoît Payan a déclaré : « Je demande des comptes, parce que je ne vais pas laisser les choses en l'état. Je veux savoir ce qui s'est passé. Je veux savoir pourquoi, dans cette ville, des gens ont pu impunément casser ». Dans un entretien dont franceinfo reprend le titre, il affirme : « Les casseurs sont les idiots utiles de l'extrême droite ». Aucun bilan définitif, ni de blessés ni de dégâts, n'est disponible à ce stade.

Les semaines précédentes : du 1er au 13 octobre

Depuis la fin septembre, lycéens puis étudiants marseillais se mobilisent. Selon Made in Marseille, le mouvement met en avant le manque d'enseignants et de personnels, des classes surchargées, la dégradation des bâtiments et la suppression de Parcoursup. La plateforme de l'Union étudiante et de l'Union syndicale lycéenne compte dix revendications d'urgence, dont la rénovation des établissements, la fin de Parcoursup et de Mon Master, un repas étudiant à 1 euro et la fin de la répression des mobilisations. ICI rapporte que le ministre de l'Éducation nationale a promis de mobiliser 3.000 professeurs remplaçants.

Le jeudi 1er octobre, selon les autorités citées par ICI, 40 lycées des Bouches-du-Rhône étaient concernés et 18 totalement bloqués. ICI rapporte des affrontements avec la police en marge des blocus, notamment devant le lycée Saint-Exupéry, où un marin-pompier a été légèrement blessé. La RTM affirmait que « plusieurs bus de la RTM ont été pris à partie aux abords de lycées du nord et de l'est de Marseille » ; la RTM avait suspendu tout son réseau dans la matinée, d'après ICI. Un bilan provisoire publié par ICI à 17h10 faisait état de 68 interpellations dans les Bouches-du-Rhône.

Le mardi 6 octobre, selon Made in Marseille, un cortège de lycéens, d'étudiants et de syndicats a défilé dans le calme depuis les Réformés, et Aix-Marseille Université a fermé tous ses sites. En fin d'après-midi, la même source évoque une situation qui « se tend » dans le centre-ville, avec des tirs de lacrymogènes et des poubelles incendiées, sans bilan chiffré. Le mercredi 7, Maritima rapporte que la faculté de droit de la Canebière restait fermée par sa direction, qui invoquait des menaces de blocage.

Le mardi 13 octobre, jour de l'« acte V » selon ICI, les chiffres de participation divergeaient fortement : 35.000 manifestants selon la CGT, 60.000 selon la FSU, 3.800 selon la police, un chiffre non définitif, d'après ICI. Le Café pédagogique avançait 15 à 20 000 personnes et parlait d'« une mobilisation sans précédent depuis la révolte de la jeunesse contre le projet de CPE » en 2006. Selon ICI, l'ambiance était calme, festive et revendicative, et le service d'ordre de la CGT a écarté des individus casqués et cagoulés.

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