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Sid Ahmed Seglab, influenceur en situation irrégulière, choisit de rentrer en Algérie

Après onze années passées en Europe en situation irrégulière, l'influenceur algérien Sid Ahmed Seglab a annoncé son retour au pays. Une décision qui s'inscrit dans le cadre de la politique de réconciliation initiée par le président Abdelmadjid Tebboune envers les Algériens de la diaspora vivant dans la précarité à l'étranger.

Originaire de Ghardaïa, dans le sud algérien, Sid Ahmed Seglab s'est fait connaître sur les réseaux sociaux, notamment TikTok où il cumule plusieurs centaines de milliers d'abonnés. Son parcours est marqué par les événements tragiques de 2014 dans sa région natale, où son père a perdu la vie lors des tensions intercommunautaires entre Arabes Chaambas et Mozabites.

L'influenceur a récemment diffusé un live sur TikTok intitulé « Al-Awda ila al-Jazair » (Le retour en Algérie), officialisant ainsi sa décision de regagner son pays d'origine après plus d'une décennie d'exil en Europe. Un choix personnel qui résonne avec l'actualité politique algérienne.

La main tendue de Tebboune aux « égarés »

Le 12 janvier 2026, lors d'un Conseil des ministres, le président Tebboune a annoncé une mesure exceptionnelle : la régularisation des ressortissants algériens en « situation irrégulière et de précarité » à l'étranger. Cette décision concerne potentiellement des dizaines de milliers de personnes ayant quitté le pays par les voies de la harga, l'immigration clandestine.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations, environ 54 000 Algériens ont rejoint l'Europe entre 2020 et 2024 par des voies non conventionnelles. L'année 2025 a confirmé l'ampleur du phénomène, avec plus de 9 500 personnes ayant atteint les côtes espagnoles par la mer.

Le dispositif prévoit que les consulats algériens à l'étranger accompagnent les démarches de régularisation. Toutefois, des conditions strictes encadrent cette « grâce conditionnelle » : les bénéficiaires doivent s'engager à ne pas récidiver et à renoncer aux discours subversifs.

Entre réconciliation et fermeté

Le message présidentiel distingue clairement les « égarés », emportés par les turbulences politiques, des « traîtres » considérés comme des instruments de services étrangers. Pour ces derniers, la déchéance de nationalité reste une menace brandie par les autorités. Les auteurs de crimes graves – crimes de sang, trafic de drogue ou d'armes, collaboration avec des services de sécurité étrangers – sont explicitement exclus du dispositif.

Le cas de Sid Ahmed Seglab illustre cette politique de rapprochement avec la diaspora algérienne. Pour le pouvoir, il s'agit de reprendre la main sur le dossier migratoire tout en consolidant l'unité nationale autour de la figure présidentielle.

Sur les réseaux sociaux, les réactions demeurent partagées. Certains saluent le courage de l'influenceur et la volonté de réconciliation des autorités. D'autres restent sceptiques quant aux garanties réelles offertes aux « harraga » de retour, en l'absence d'améliorations tangibles des conditions de vie en Algérie.

Le retour de Sid Ahmed Seglab intervient également dans un contexte de tensions récurrentes autour de l'immigration clandestine en Méditerranée et de bras de fer diplomatique entre Alger et Paris sur la question des influenceurs algériens en France.

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