Dossiers Epstein : le FBI a interrogé deux accusatrices mineures visant Donald Trump
La publication de trois millions de pages de documents liés à l'affaire Jeffrey Epstein par le ministère américain de la Justice, le 30 janvier 2026, a mis au jour des révélations explosives. Parmi elles, les témoignages de deux jeunes filles, mineures au moment des faits présumés, qui incriminent directement le président Donald Trump. Des républicains, rompant avec la discipline de parti, exigent désormais la transparence totale sur ces dossiers.
Les fichiers déclassifiés contiennent un diaporama de 21 pages produit par la cellule du FBI chargée de l'exploitation des enfants et du trafic d'êtres humains (Child Exploitation and Human Trafficking Task Force). Sous l'intitulé « Figures clés », une diapositive mentionne le témoignage d'une première accusatrice : entre 1983 et 1985, alors qu'elle était âgée de 13 à 15 ans, celle-ci affirme qu'Epstein l'a présentée à Trump, qui l'aurait contrainte à un acte sexuel avant de la frapper violemment lorsqu'elle a tenté de résister.
Un second document, un formulaire officiel du FBI, détaille la plainte d'une autre jeune femme qui accuse Trump de l'avoir violée à l'âge de 13 ans en 1994. Cette accusatrice anonyme, identifiée dans les procédures judiciaires sous le nom de « Jane Doe 4 », avait déjà déposé des plaintes civiles contre Trump, retirées avant l'élection de 2016. Selon les documents, Epstein l'avait engagée comme baby-sitter à son domicile de Hilton Head, en Caroline du Sud, avant de l'emmener à New York où elle aurait été « présentée comme une proie facile » lors de soirées privées réunissant des hommes influents.
Le FBI avait qualifié l'accusatrice de « crédible »
Le Daily Beast a révélé le 17 février 2026 que le ministère de la Justice avait auditionné à quatre reprises cette accusatrice, jugée « crédible » par les enquêteurs. Son premier entretien a été consigné dans les dossiers du FBI le 9 août 2019, soit un jour avant la mort d'Epstein dans sa cellule. Une femme présentant des caractéristiques biographiques identiques a poursuivi la succession d'Epstein et obtenu un règlement amiable en 2021.
Ces révélations contredisent frontalement les déclarations de la procureure générale Pam Bondi, qui avait assuré sous serment que le ministère de la Justice ne disposait d'aucune preuve de la présence de filles mineures lors de soirées auxquelles le président avait participé. Le représentant démocrate Ted Lieu l'a alors accusée de « parjure », s'appuyant sur un document du Centre national des menaces du FBI (National Threat Operation Center) attestant qu'un témoin avait signalé de tels faits dès 1995.
Des républicains brisent le mur du silence
Fait remarquable dans cette affaire à forte charge partisane, plusieurs élus républicains ont rompu avec la ligne de défense de la Maison-Blanche. Le représentant Thomas Massie, après avoir consulté les documents non caviardés, a publiquement mis en doute le témoignage du directeur du FBI, Kash Patel, qui affirmait en septembre 2025 qu'il n'existait « aucune information crédible » selon laquelle Epstein aurait livré des jeunes femmes à d'autres personnes que lui-même. « Si c'était le cas, j'aurais ouvert une enquête hier », avait-il déclaré.
Lauren Boebert, Marjorie Taylor Greene et Nancy Mace, toutes trois républicaines, avaient déjà signé la pétition de décharge qui a permis le vote à la Chambre des représentants. L'Epstein Files Transparency Act a été adopté par 427 voix contre une seule, celle du républicain Clay Higgins. Un sondage Reuters de décembre 2025 révèle que seuls 44 % des électeurs républicains approuvent la gestion de l'affaire par Trump, tandis que plus de 50 % estiment que l'administration cache quelque chose.
Le département de la Justice a qualifié les accusations contre le président de « mensongères et sensationnalistes », affirmant qu'elles avaient été « soumises au FBI juste avant l'élection de 2020 ». Trump n'a jamais été poursuivi par les autorités dans le cadre de l'affaire Epstein et nie toute implication. Mais les démocrates de la Chambre assurent que le FBI détient encore 2,5 millions de dossiers non publiés, alimentant les soupçons d'une transparence incomplète.
Pour un panel d'experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, les dossiers Epstein révèlent une « entreprise criminelle mondiale » dont les actes pourraient constituer des crimes contre l'humanité au sens du droit international. L'affaire, loin de se refermer, ne fait que commencer.