Alerte enlèvement en Seine-Saint-Denis : trois enfants dont un bébé prématuré recherchés
Une alerte enlèvement a été déclenchée samedi 21 février 2026 par le ministère de la Justice pour retrouver trois enfants soustraits par leurs parents le 19 février à Épinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis. Parmi eux, Dalia, un bébé prématuré de six semaines atteint d'une cardiopathie, dont la vie est en danger sans prise en charge médicale urgente.
Les trois enfants recherchés sont Dalia, âgée de six semaines seulement, Naël, 18 mois, et Eline, deux ans et demi. C'est la situation médicale de la plus jeune qui inquiète particulièrement les autorités judiciaires et sanitaires. Née prématurément, Dalia souffre d'une malformation cardiaque grave qui requiert des soins hospitaliers spécialisés dans les plus brefs délais. Son état de santé fragile rend chaque heure qui passe potentiellement décisive.
Le procureur de la République de Bobigny a insisté sur la gravité de la situation lors d'une conférence de presse organisée en urgence : « Une prise en charge médicale est indispensable dans les 48 heures. Sans traitement approprié, son état pourrait devenir critique », a-t-il alerté avec fermeté. Un appel solennel qui traduit l'urgence vitale de cette affaire, dépassant largement le cadre habituel des alertes enlèvement déclenchées en France.
Selon les premières informations communiquées par le parquet, les parents auraient quitté leur domicile d'Épinay-sur-Seine dans la précipitation mercredi 19 février, emportant avec eux les trois enfants alors que ceux-ci devaient être remis aux services sociaux. Les circonstances exactes de leur départ font encore l'objet d'investigations approfondies de la part des enquêteurs.
Des enfants placés, des parents en fuite
Les trois enfants avaient été confiés aux services de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) à la suite d'un signalement effectué par le personnel hospitalier. Les motifs invoqués par les professionnels de santé faisaient état de « conditions d'hébergement précaires » et d'une « consommation de stupéfiants par les parents », des éléments jugés suffisamment préoccupants pour justifier une mesure de placement judiciaire.
Lorsque les autorités se sont présentées le 19 février au domicile familial pour exécuter l'ordonnance de placement prononcée par le juge des enfants, les parents se sont fermement opposés à la mesure et ont pris la fuite avec leurs trois enfants. Cette opposition à une décision de justice constitue un délit passible de poursuites pénales, rappellent les magistrats en charge du dossier.
Cette affaire rappelle d'autres cas similaires ayant mobilisé le dispositif d'alerte enlèvement en France, comme l'enlèvement d'un bébé de deux mois par son père dans un hôpital de Toulouse en 2018, qui s'était heureusement conclu par la découverte de l'enfant sain et sauf quelques heures plus tard.
Les enquêteurs n'excluent pas que la famille ait pu quitter le territoire national depuis mercredi. Les investigations se poursuivent à un rythme soutenu, impliquant les services de police judiciaire et les unités spécialisées dans la protection de l'enfance. La coopération internationale a été sollicitée pour élargir le périmètre des recherches au-delà des frontières françaises.
Signalement des parents recherchés
Le père, Abdelkader Benabderrahmane, âgé de 24 ans, mesure environ 1,70 mètre. Il est décrit comme étant de corpulence mince, avec les cheveux et les yeux bruns. Il pourrait présenter des griffures au visage au moment de sa disparition. La mère, Chaima Hattab, 20 ans, mesure entre 1,63 et 1,65 mètre, de corpulence mince également, avec les cheveux et les yeux bruns.
Les autorités appellent toute personne disposant d'informations à contacter immédiatement le 197, numéro dédié aux alertes enlèvement, ou à envoyer un courriel à l'adresse alerte-enlevement@interieur.gouv.fr. Le message officiel diffusé dans le cadre de l'alerte insiste : « N'intervenez pas vous-même ». En Seine-Saint-Denis, département régulièrement confronté à des situations d'urgence, les forces de l'ordre restent pleinement mobilisées, comme lors de précédents drames ayant frappé ce territoire.
Le dispositif d'alerte enlèvement, inspiré du système américain Amber Alert et mis en place en France en 2006, permet une diffusion massive et rapide de l'information auprès de l'ensemble de la population via les médias, les panneaux autoroutiers et les réseaux sociaux. Depuis sa création, ce mécanisme a démontré son efficacité avec un taux de résolution particulièrement élevé. Chaque minute compte désormais pour retrouver Dalia, Naël et Eline sains et saufs.