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Robots tueurs : les machines de guerre autonomes chinoises bientôt opérationnelles

La Chine pourrait déployer ses premières machines de guerre entièrement autonomes sur le champ de bataille d'ici deux ans, selon des analystes de défense. Robots humanoïdes capables de reproduire instantanément les mouvements d'un soldat, chiens-robots armés de fusils d'assaut, essaims de drones coordonnés par intelligence artificielle : Pékin investit massivement dans ce que l'Armée populaire de libération (APL) appelle la « guerre intelligentisée ». Une course technologique qui redessine les rapports de force militaires mondiaux.

Les images ont fait le tour du monde. Lors du gala du Nouvel An chinois 2026, 24 robots humanoïdes ont exécuté des acrobaties stupéfiantes : sauts périlleux, parkour sur table, vrilles aériennes. Au-delà du spectacle, ces démonstrations révèlent les progrès fulgurants de l'industrie robotique chinoise. « De tels spectacles sont conçus pour impressionner et surestiment probablement les capacités de la technologie », tempère toutefois Hans Liwång, expert à l'Université de défense suédoise, interrogé par Euronews.

Mais derrière les paillettes, la réalité militaire est tout aussi saisissante. Lors de la 12e Semaine internationale des cadets de l'armée, organisée en novembre 2025, l'APL a présenté un robot de combat humanoïde capable de répliquer en temps quasi réel chaque mouvement d'un opérateur équipé d'une combinaison à capteurs. Coups de poing, manœuvres défensives, postures tactiques : la machine imite le soldat avec une latence proche de zéro.

Des chiens-robots armés déjà testés au combat

Le volet le plus avancé du programme concerne les robots quadrupèdes, communément appelés « chiens-robots ». La firme Unitree Robotics, dont les liens avec l'APL ne cessent de se renforcer selon le cabinet d'analyse Kharon, commercialise des modèles à partir de 3 000 dollars — contre 75 000 dollars pour le Spot de Boston Dynamics. Ce rapport de prix, de un à vingt-cinq, permet un déploiement à grande échelle difficilement envisageable pour les armées occidentales.

En juillet 2025, l'APL a testé des chiens-robots armés de fusils automatiques lors d'exercices de tir réel près de la frontière russe. En octobre, de nouvelles manœuvres amphibies à proximité de Taïwan ont intégré des quadrupèdes explosifs capables de franchir tranchées et barricades pour ouvrir des brèches, tandis que d'autres acheminaient des munitions vers des escouades dispersées. « L'APL emploie actuellement ces robots dans des rôles spécifiques et consommables — réduction d'obstacles, ravitaillement de dernière minute, appui-feu ponctuel », précise le site spécialisé Army Recognition.

Les « RoboWolves » de la China South Industries Corporation, pesant environ 70 kg, peuvent opérer pendant trois heures avec un rayon d'action de sept kilomètres et se coordonner avec jusqu'à 30 autres robots ou drones sans contrôle humain permanent. Cette capacité d'opération en essaim constitue le cœur de la doctrine chinoise de guerre augmentée par l'intelligence artificielle.

Une course que l'Occident peine à suivre

L'analyste de défense britannique Francis Tusa estime que la Chine développe ses systèmes d'armes autonomes « quatre à cinq fois plus vite que ses adversaires potentiels », libérée des contraintes éthiques qui freinent les programmes occidentaux. La position officielle de Pékin sur les systèmes d'armes létaux autonomes (SALA) reste volontairement ambiguë : dans un document soumis aux Nations unies en 2022, la Chine ne considère un système autonome comme inacceptable que s'il réunit simultanément cinq caractéristiques restrictives — un seuil jugé permissif par la majorité des experts.

Côté américain, la réponse tarde. Le Pentagone a manqué plusieurs objectifs de déploiement de systèmes autonomes, tandis que Foundation Future Industries propose son humanoïde Phantom MK1 à 150 000 dollars l'unité — soit onze fois le prix du G1 d'Unitree à 13 500 dollars. Morgan Stanley rapporte que « les entreprises chinoises détiennent 63 % de la chaîne d'approvisionnement mondiale en robots humanoïdes ». En 2024, la Chine a représenté plus de la moitié des installations de robots industriels dans le monde, avec 300 000 unités déployées en un an contre seulement 34 000 aux États-Unis.

Comme le souligne un rapport de la Brookings Institution, les avancées chinoises en matière d'autonomie et de systèmes d'armes alimentés par l'IA « pourraient modifier l'équilibre militaire, tout en exacerbant les menaces pour la sécurité mondiale et la stabilité stratégique ». Dans cette bataille technologique où les États-Unis refusent tout cadre de régulation mondial de l'IA, la perspective de machines de guerre capables de tuer sans intervention humaine n'a jamais été aussi proche de la réalité.

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