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BTR New Material confirme le démarrage de ses usines à Tanger Tech en 2026

Au cœur du chantier de la Cité Mohammed VI Tanger Tech, le premier comité de pilotage des projets de batteries électriques du géant chinois BTR New Material Group a réuni, vendredi 22 mai 2026, une délégation marocaine conduite par Karim Zidane, ministre délégué chargé de l'investissement, de la convergence et de l'évaluation des politiques publiques. La réunion, organisée dans une base de travail installée directement sur le chantier, a confirmé l'entrée en production imminente des unités de cathodes et d'anodes dès cette année. L'investissement global dépasse les six milliards de dirhams et devrait générer plus de 1 150 emplois directs hautement qualifiés dans la région de Tanger.

Les images diffusées sur les réseaux sociaux par le ministre témoignent d'un chantier en phase avancée d'achèvement : structures métalliques déjà dressées, grues dominant le vaste terrain, la physionomie des deux futures usines se dessine désormais nettement à l'horizon de la zone franche de Tanger. La délégation marocaine et son homologue chinoise ont parcouru ensemble les installations avant d'entamer une séance de travail dans la base modulaire aménagée sur site. Les responsables du groupe BTR New Material ont exprimé leur «satisfaction quant au rythme soutenu de l'avancement des projets» et évoqué «les perspectives de développement de nouveaux projets industriels au Maroc», notamment dans les technologies liées à la mobilité électrique. Le ministre Zidane a, quant à lui, salué «l'état d'avancement significatif des deux projets industriels», confirmant «la dynamique soutenue de mise en œuvre de cet investissement stratégique pour le Royaume».

Des capacités de production qui placent le Maroc sur la carte mondiale des batteries électriques

Le projet cathodique de BTR à Tanger Tech prévoit une capacité annuelle de 50 000 tonnes de matériaux cathodiques, avec une première tranche de production de 25 000 tonnes annoncée pour septembre 2026. L'accord d'investissement pour cette seule unité de cathodes, signé avec les autorités marocaines en mai 2024, porte sur un montant de trois milliards de dirhams, soit environ 300 millions de dollars américains. Parallèlement, l'usine dédiée aux matériaux anodiques vise une capacité annuelle de 60 000 tonnes, complétant ainsi un dispositif industriel intégré capable de répondre aux besoins de fabrication de batteries pour 500 000 véhicules électriques par an. Ces deux unités ensemble forment l'une des plus importantes installations de matériaux pour batteries électriques du continent africain.

Ces projets s'inscrivent dans l'écosystème marocain des gigafactories, dont l'ambition est de faire du Royaume un maillon central de la chaîne de valeur mondiale de la batterie électrique. Le choix stratégique de Tanger Tech — zone industrielle dédiée portant le nom de Sa Majesté le Roi Mohammed VI — n'est pas fortuit : la proximité immédiate des ports de Tanger Med, première infrastructure portuaire du continent africain, et la compétitivité fiscale de la zone constituent des avantages décisifs pour des groupes internationaux cherchant à rapprocher leurs capacités de production du marché européen. BTR New Material Group, classé parmi les leaders mondiaux des matériaux pour batteries Li-ion, confirme ainsi son ancrage durable et stratégique sur le sol marocain, près de deux ans après la signature de l'accord d'investissement avec le gouvernement du Royaume.

Le Maroc s'affirme comme plateforme incontournable de la transition énergétique mondiale

En réunissant ce premier comité de pilotage directement sur le chantier, Karim Zidane a voulu insister sur la dimension concrète et irréversible de cet engagement industriel. Il a souligné que ces projets «constituent un jalon majeur dans le développement de l'écosystème marocain des batteries électriques et de la mobilité durable», et participent à «la confirmation du positionnement du Maroc comme plateforme industrielle compétitive intégrée aux chaînes de valeur mondiales des industries vertes et des technologies de pointe». La construction des deux bâtiments industriels a été en partie confiée à China State Construction Engineering Corporation, l'un des plus grands groupes de BTP au monde, ce qui garantit la solidité technique et le respect des délais ambitieux fixés par les deux parties. Le soin apporté à la coordination maroco-chinoise, visible lors de cette réunion de pilotage, témoigne d'une relation de confiance mutuelle qui dépasse le simple cadre financier.

L'engouement des investisseurs chinois pour Tanger Tech ne se limite pas à BTR New Material. Le groupe Shanghai Ingin Auto Technology a ainsi annoncé un investissement de 200 millions de dirhams dans la même zone économique spéciale pour y produire des coffres électriques destinés à l'industrie automobile, illustrant l'attractivité croissante de ce pôle industriel. Ce dynamisme sino-marocain reflète une stratégie nationale qui s'appuie sur les abondantes ressources en énergies renouvelables du Maroc, sa position géographique privilégiée entre l'Europe et l'Afrique subsaharienne, et un dense réseau d'accords de libre-échange avec plus de cinquante pays. Dans un contexte mondial marqué par la fragmentation des chaînes d'approvisionnement depuis la pandémie de Covid-19 et les tensions géopolitiques entre grandes puissances, le Maroc se positionne habilement comme alternative de proximité pour les industriels cherchant à sécuriser leurs approvisionnements en composants stratégiques.

Avec l'entrée en production prévue dès 2026 des deux usines BTR à Tanger, le Maroc franchit une étape décisive dans sa transformation en hub industriel de la mobilité électrique et des batteries de nouvelle génération. Les 1 150 emplois directs attendus viendront s'ajouter aux dizaines de milliers de postes déjà créés dans la filière automobile marocaine, qui représente aujourd'hui le premier secteur exportateur du pays devant les phosphates. Le succès de ce pari industriel — soutenu par des investissements publics et privés massifs, par une diplomatie économique active et par une offre de formation professionnelle spécialisée en constante progression — pourrait durablement faire de Tanger Tech l'une des zones industrielles les plus stratégiques de la région méditerranéenne dans la décennie à venir.

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