Sonia Mabrouk écartée de CNews après ses propos sur Jean-Marc Morandini
La journaliste vedette de CNews, Sonia Mabrouk, a été écartée de l'antenne pendant une quinzaine de jours après avoir exprimé son malaise concernant le maintien de Jean-Marc Morandini sur la chaîne, malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs. Une prise de parole courageuse qui a provoqué une onde de choc dans le paysage audiovisuel français.
Le 14 janvier 2026, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs, sanctionnant des messages à caractère sexuel envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. Quelques jours plus tard, la direction de CNews annonçait pourtant le maintien de l'animateur à l'antenne, une décision qui allait créer une fracture interne au sein de la rédaction.
Le 20 janvier, alors qu'elle recevait le député socialiste Jérôme Guedj dans La Grande Interview, Sonia Mabrouk a été interpellée sur sa position concernant cette décision éditoriale. Sa réponse, visiblement non préparée, a marqué les esprits. "Je n'en dors pas depuis plusieurs jours", a-t-elle confié, avant de préciser que si elle respectait sa direction, elle ne pouvait "cautionner" ce choix. "Sur ce sujet, il n'y a pas d'ambiguïté à avoir", a-t-elle ajouté fermement.
Une absence remarquée qui alimente les spéculations
Depuis cette prise de parole, la journaliste n'a plus animé son émission matinale. Le 27 janvier, c'est Romain Desarbres qui a conduit La Grande Interview à sa place. Son absence, officiellement non commentée par la chaîne, aurait une durée de quinze jours selon plusieurs sources concordantes. La direction de CNews, par la voix de Gérald-Brice Viret, a simplement déclaré "assumer complètement" le maintien de Morandini, arguant qu'il n'était en contact avec aucun mineur dans le cadre de son émission.
Face aux rumeurs d'éviction, Sonia Mabrouk a réaffirmé sa position sur les réseaux sociaux : "Cette déclaration me sert de boussole. Hier, aujourd'hui, comme demain." Interrogée par Le Parisien, elle a expliqué n'avoir "absolument pas préparé cette tirade", ajoutant : "On m'interpelle, j'ai répondu avec le cœur. Cela fait dix ans que cela dure. Il fallait quand même une prise de parole. J'ai parlé au nom de beaucoup de personnes."
Solidarité au sein de la rédaction
La prise de position de Sonia Mabrouk a suscité des réactions de soutien parmi ses collègues. Pascal Praud, figure emblématique de CNews, a publié sur X : "J'exprime ici toute ma solidarité à Sonia. Elle a trouvé les mots justes. J'aurais pu prononcer quasiment les mêmes paroles." Laurence Ferrari s'est également déclarée "interpellée au-delà du plan professionnel" en tant que femme et mère, tout en maintenant sa loyauté envers la chaîne.
L'affaire a également eu des répercussions politiques inattendues. Jordan Bardella a ordonné aux élus du Rassemblement National de cesser toute participation à l'émission de Jean-Marc Morandini, définitivement condamné le 14 janvier dernier. Une décision significative, les responsables du parti étant auparavant des invités réguliers de l'animateur.
Pour Sonia Mabrouk, née à Tunis et devenue l'une des journalistes les plus influentes de France, ce choix de parler pourrait marquer un tournant dans sa carrière, quel qu'en soit le prix.