France : l'époux assassin de Chahinez Daoud condamné à perpétuité

France : l'ex-époux assassin de Chahinez Daoud condamné à perpétuité

Vendredi 28 mars, la cour d’assises de Gironde a rendu son verdict dans l’affaire du féminicide de Chahinez Daoud, perpétré le 4 mai 2021 à Mérignac. Mounir Boutaa, son époux, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Ce crime d’une rare barbarie avait profondément ému la France, ravivant le débat sur les violences conjugales.

Un acte d’une cruauté inouïe

Ce soir-là, Mounir Boutaa, alors âgé de 48 ans, avait tiré à deux reprises sur les jambes de sa femme avant de l’asperger d’essence et de la brûler vive devant leur domicile. Chahinez Daoud, mère de famille de 31 ans, succombait à ses blessures dans des souffrances atroces. Durant le procès, l’avocate générale, Cécile Kauffman, avait décrit un « acharnement meurtrier », soulignant que l’accusé avait cherché à « l’effacer totalement » : « Il fallait qu’elle n’existe plus, qu’elle n’ait plus ni visage, ni corps. »

Face au verdict, l’accusé est resté impassible, les mains croisées derrière le dos, sans un mot pour la famille de la victime. Invité à s’exprimer une dernière fois, il a simplement déclaré « regretter sincèrement », ajoutant que « l’erreur est humaine ». Des propos en décalage avec l’horreur des faits, d’autant qu’il n’a jamais présenté d’excuses aux proches de Chahinez.

Un procès marqué par l’émotion et l’incompréhension

Tout au long des audiences, la personnalité troublante de Mounir Boutaa a été mise en lumière. Les experts psychiatres ont diagnostiqué un fonctionnement « paranoïaque » avec des « traits narcissiques », estimant que son discernement était altéré au moment des faits. Malgré cela, la cour a écarté toute réduction de peine, suivant l’argumentation de l’avocate générale, qui insistait sur sa « dangerosité criminologique » et son « incapacité à se réinsérer ».

L’un des moments les plus bouleversants du procès fut l’intervention du fils du couple, âgé de 9 ans. Par la voix de sa représentante, l’enfant avait confié aux jurés : « Je veux que mon père tombe dans le coma, qu’il oublie que j’existe. » Une déclaration qui avait provoqué l’effondrement de plusieurs personnes dans la salle, tandis que l’accusé laissait échapper quelques larmes avant de se replier dans ses dénégations.

Un féminicide emblématique

Pour Julien Plouton, avocat de la famille de Chahinez, Mounir Boutaa incarne une « figure emblématique » des auteurs de féminicides. Ce drame rappelle l’urgence de mieux protéger les victimes de violences conjugales, un combat porté par les militantes féministes présentes en nombre devant le tribunal durant le procès.

Si la justice a rendu une décision sévère, conforme aux réquisitions, le chemin vers la reconstruction reste long pour les proches de Chahinez. Comme l’a souligné son avocat, « ils peuvent désormais tourner la page, même si la douleur persiste ». Quant à Mounir Boutaa, il dispose de dix jours pour faire appel, une éventualité que ses défenseurs n’ont pas écartée, tout en reconnaissant l’indicible gravité de son acte.

Ce verdict ne ramènera pas Chahinez à la vie, mais il scelle la reconnaissance de sa souffrance et de celle de tous ceux qui l’aimaient. Son nom, désormais associé au combat contre les féminicides, restera ancré dans la mémoire collective.