sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Guerre au Moyen-Orient : le ministre de l'Industrie craint "une situation plus qu'une crise"

Alors que le conflit au Moyen-Orient entre dans son deuxième mois, le ministre de l'Industrie français tire la sonnette d'alarme. Dans un contexte de flambée des prix de l'énergie et de perturbations des chaînes d'approvisionnement, il redoute qu'un prolongement de la crise ne se transforme en catastrophe économique pour l'industrie française et européenne.

Le ministre a exprimé ses inquiétudes face à une situation qui "sera plus qu'une crise" si le conflit se poursuit. Depuis le déclenchement de la guerre fin février 2026, suite aux attaques des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique par où transite environ un cinquième de la production mondiale de pétrole, est quasi-paralysé. Cette situation a immédiatement provoqué un choc sur les marchés énergétiques mondiaux.

Les conséquences économiques se font déjà sentir. Les prix du pétrole Brent et WTI évoluent au-dessus de 100 dollars le baril, tandis que Roland Lescure, ministre de l'Économie, évoque "un nouveau choc pétrolier". Selon ses analyses, une hausse permanente de 10 dollars par baril représente environ 0,1 point de croissance en moins et 0,3 point d'inflation supplémentaire pour la France.

Des secteurs industriels déjà impactés

L'industrie française, qui tentait de se relancer après des années de déclin, subit de plein fouet les conséquences du conflit. Les prix de certaines matières premières essentielles ont explosé depuis le début des hostilités : +29,8% pour le soufre, +72% pour les alcools acycliques indispensables à la chimie industrielle, et +81,7% pour les engrais azotés minéraux ou chimiques. L'urée, un des principaux engrais minéraux azotés, a vu son prix grimper de plus de 40%.

Cette flambée des coûts fragilise les efforts de réindustrialisation du pays. Les entreprises industrielles, déjà confrontées à une concurrence internationale féroce, doivent désormais composer avec une facture énergétique alourdie et des coûts de production en forte hausse. Le ministre de l'Industrie craint que cette situation ne compromette durablement les investissements et les projets de développement du secteur.

Des perspectives économiques assombries

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a révisé à la baisse ses prévisions pour la zone euro, abaissant de 0,4 point sa prévision de croissance à 0,8%. L'institution estime que sans le conflit, la croissance du PIB mondial aurait pu être relevée d'environ 0,3 point. Plus préoccupant encore, l'OCDE relève nettement sa prévision d'inflation pour 2026, de 0,7 point à 2,6%.

Face à cette situation, le G7 s'est déclaré prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver la stabilité du marché de l'énergie, y compris en puisant dans les réserves stratégiques de pétrole. Toutefois, ces mesures d'urgence ne pourront pas compenser indéfiniment les effets d'un conflit prolongé.

Le ministre de l'Industrie appelle à une résolution rapide du conflit, estimant que chaque semaine supplémentaire de tensions aggrave les perspectives économiques. En cas de prolongement des perturbations, des pénuries d'énergie importantes pourraient apparaître, freinant encore davantage la croissance économique. L'Insee confirme que l'économie française est "percutée" par cette guerre, dont les répercussions touchent l'ensemble des secteurs productifs.

La situation actuelle rappelle les crises pétrolières des années 1970, mais dans un contexte économique déjà fragilisé par plusieurs années de turbulences. Le gouvernement français surveille de près l'évolution de la situation et prépare des mesures de soutien pour les secteurs les plus touchés, tout en multipliant les appels à la désescalade diplomatique au niveau international.

sfy39587stp16