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De nouveaux tests civiques et de langue imposés dès le 1er janvier aux étrangers : un tournant controversé

À partir du 1er janvier 2025, tout étranger souhaitant s’installer durablement en France devra désormais réussir deux examens : un test de langue et un test civique. Présentées comme un outil d’intégration, ces nouvelles obligations suscitent déjà une vive controverse.

D’une durée de quarante-cinq minutes, le test civique sera administré sur support numérique dans des centres agréés par l’État. Pour être validé, il faudra obtenir un score d’au moins 80 % de bonnes réponses. Quant au test linguistique, il visera à évaluer la compréhension et l’expression en français selon les standards du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Ces évaluations conditionneront désormais l’obtention d’un titre de séjour de longue durée.

Officiellement, le ministère de l’Intérieur défend ces mesures comme un moyen de « renforcer l’intégration républicaine » et de « garantir la maîtrise des valeurs françaises ». Mais sur le terrain, nombre d’associations et d’observateurs dénoncent une approche jugée punitive plutôt qu’inclusive. « On prétend favoriser l’intégration, mais on commence par la méfiance et la suspicion », estime Nadia Benali, porte-parole du collectif La France

Un outil d’intégration ou une barrière supplémentaire ?

Pour beaucoup d’acteurs du monde associatif, ces nouveaux examens risquent d’exclure des publics déjà fragilisés, notamment les travailleurs précaires, les réfugiés ou les femmes éloignées de l’emploi. « Ces tests ajoutent une barrière bureaucratique et symbolique à des parcours déjà semés d’obstacles », alerte le sociologue Jean-François Moutet, spécialiste des politiques migratoires à l’Université de Paris.

Au-delà du coût matériel de l’organisation — formation des examinateurs, certification des centres, outils numériques —, c’est surtout la philosophie de la mesure qui interroge. Elle s’inscrit dans une série de durcissements administratifs adoptés depuis 2023, dans un contexte politique marqué par la montée des discours identitaires. « L’évaluation de l’amour de la République ne peut pas se réduire à un questionnaire à choix multiples », ironise un ancien haut fonctionnaire de l’OFII, sous couvert d’anonymat.

Les partisans de la réforme rétorquent que ces tests existent déjà dans d’autres pays européens, notamment en Allemagne ou aux Pays-Bas. Mais la comparaison a ses limites : en France, la sanction est immédiate. L’échec à l’un des deux examens peut retarder, voire empêcher, l’obtention du titre de séjour. Une conséquence que les associations jugent disproportionnée. « On confond intégration et sélection », conclut Nadia Benali.

Alors que les premiers candidats doivent passer ces épreuves dès la rentrée de janvier, les débats s’annoncent vifs sur l’équilibre entre exigence républicaine et droit à l’accueil. Car derrière l’apparente neutralité des tests, beaucoup voient le signe d’une France qui, peu à peu, se referme.

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