Menace russe : Macron muscle la défense des sites sensibles français
Vendredi 18 septembre 2026, Emmanuel Macron a réuni à l'Élysée les principaux candidats à la présidentielle et leurs équipes pour une rencontre confidentielle consacrée à la menace russe. Le chef de l'État y a annoncé un plan de protection des infrastructures critiques françaises, confirmé trois jours plus tard par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Ni l'un ni l'autre ne font état d'une attaque physique déjà survenue sur le sol français.
Devant les candidats à la présidentielle, Emmanuel Macron a justifié sa démarche par une évolution du contexte sécuritaire européen. « La nature de l'agressivité russe et des menaces en Europe change », a-t-il affirmé, avant de préciser avoir « demandé au gouvernement de préparer un plan de protection de nos infrastructures [critiques] ». Ce plan cible en priorité « les sites les plus sensibles de notre base industrielle et technologique de défense », selon ses mots. Le président a également prévenu que « nul n'est à l'abri », tout en jugeant que les attaques hybrides attribuées à la Russie ne devaient pas rester « sans réponse » de la part des Européens.
Emmanuel Macron a illustré son propos en citant la découverte, durant l'été 2026, d'un drone chargé d'explosifs à l'aéroport de Leipzig, en Allemagne. Cet attentat déjoué a été imputé à la Russie par les autorités allemandes au terme de leur enquête. Le président a estimé que Moscou serait dans « l'erreur » si elle continuait « d'agir de cette manière », et a annoncé la tenue prochaine d'un G7 consacré à l'énergie. Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle, présent à la réunion, a abondé dans ce sens : « Si on veut une paix et une sécurité durables, il faut (...) continuer nos efforts de défense ».
Une menace jugée réelle, mais aucun incident physique constaté en France
Trois jours plus tard, le lundi 21 septembre, Laurent Nuñez a tenu à couper court à toute accusation de dramatisation politique. « Non, ce n'est pas de la com' », a déclaré le ministre de l'Intérieur, ajoutant : « On parle d'une menace qui est réelle, qui est une menace qui est documentée ». Selon lui, « la majorité des services de renseignement de tous les pays européens... ont pointé, ont caractérisé cette menace de guerre hybride russe », et il serait « irresponsable de [la] minimiser ».
Le ministre a néanmoins apporté une nuance de taille : à ce jour, aucun survol de drones n'a été constaté en France, et aucun « sabotage majeur » n'y a été recensé, contrairement à plusieurs pays européens voisins. La France a en revanche bien été la cible d'attaques cyber, sans que Laurent Nuñez n'attribue formellement ces dernières à la Russie. Le contexte européen reste tendu : d'autres pays du continent ont récemment renforcé leurs règles face aux incursions de drones en Europe, tandis que l'Italie a elle-même fait état d'une cyberattaque russe contre l'Italie visant 120 sites avant les Jeux olympiques de Milan-Cortina.
Cartographie, patrouilles et mobilisation des préfets
Pour le ministre de l'Intérieur, cette menace hybride « vise à attaquer nos réseaux d'infrastructures, notre base industrielle de défense, celle-là même qui soutient l'Ukraine ». Plusieurs mesures concrètes ont été annoncées : une cartographie des sites sensibles à protéger, des rondes et patrouilles renforcées des forces de sécurité, ainsi que des contacts accrus entre services de renseignement et opérateurs d'infrastructures. S'y ajoutent la sécurisation des approvisionnements en biens vitaux, des exercices de gestion de crise et une modernisation de la réserve civile.
Laurent Nuñez a par ailleurs réuni les préfets de région afin de renforcer la résilience nationale face à ce type de menace. De son côté, la Russie dément toute implication dans les attaques hybrides qui lui sont attribuées en Europe. Le dossier s'accompagne également d'un volet de désinformation : une vidéo générée par intelligence artificielle, aux images truquées, a ainsi prétendu qu'Emmanuel Macron aurait commandé un bunker privé en anticipation d'une guerre mondiale, illustrant la dimension informationnelle de cette confrontation hybride.
Au final, le tableau dressé par l'exécutif français tient sur un équilibre précis : une alerte assumée au plus haut niveau de l'État, appuyée sur des constats partagés par les services de renseignement européens, mais sans qu'aucun incident physique majeur n'ait, à ce stade, frappé le territoire français. C'est cette anticipation, plus que la réaction à une attaque déjà survenue, qui structure le plan de protection annoncé par Emmanuel Macron et mis en œuvre par Laurent Nuñez.