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Grève du 29 septembre : 241 des 470 écoles de Marseille sans cantine

Mardi 29 septembre 2026, huit organisations syndicales de la fonction publique — CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP — appellent ensemble à une journée de grève nationale dans les trois versants de la fonction publique. À Marseille, la conséquence la plus concrète pour les familles tombe sur les cantines scolaires : sur les 470 écoles publiques de la ville, 241 ont un restaurant scolaire perturbé mardi, soit plus de la moitié, dans les 16 arrondissements sans exception. Voici comment savoir si votre enfant sera accueilli, et par qui.

Le chiffre est sans appel. Selon le décompte affiché sur la page dédiée de marseille.fr, actualisée vendredi 25 septembre à 17h20 pour la journée de mardi, 134 écoles ont leur restaurant scolaire purement et simplement fermé, sans solution de repli proposée par la mairie. Dans 107 autres écoles, la cantine ferme également mais un pique-nique reste possible, à condition que les parents le fournissent eux-mêmes. Au total, 241 établissements sur 470 sont donc concernés par une perturbation de la restauration scolaire, un chiffre qui ne dit rien en revanche du nombre d'écoles réellement fermées.

C'est là que la confusion guette les familles. La page de la ville ne recense que les fermetures de cantines et de garderies du matin, qui dépendent du personnel municipal. Les fermetures de classes ou d'écoles entières, elles, dépendent de la grève des enseignants et sont annoncées séparément, directement par la direction de chaque établissement. Autrement dit, un chiffre de 241 écoles aux cantines perturbées ne signifie absolument pas que 241 écoles marseillaises seront closes mardi : "vous serez averti(e)s directement par la direction de votre école" pour tout ce qui touche à l'ouverture des classes elles-mêmes, précise la mairie.

Concrètement, si le restaurant scolaire de l'établissement de votre enfant figure sur la liste des fermetures, la consigne de la ville est limpide : "Lorsqu'un restaurant scolaire est fermé, votre enfant doit être récupéré à 11h30 pour la pause déjeuner." Dans les écoles où un pique-nique est organisé en remplacement, la règle est tout aussi claire : "Lorsque la mise en place d'un pique-nique est possible, ce dernier doit être fourni par les parents." Aucune cantine ne sera donc en mesure de nourrir les enfants sans que les familles n'aient anticipé la situation, sauf dans les écoles absentes de la liste des perturbations.

Pour vérifier la situation précise de l'école de son enfant, la mairie met à disposition un outil de recherche en temps réel sur marseille.fr, qui permet de filtrer par arrondissement : seuls les établissements réellement concernés y apparaissent. La liste reste "actualisée en temps réel en fonction des remontées des services, jusqu'à 20h maximum", ce qui signifie que la situation peut encore évoluer dans la soirée précédant la grève.

Pourquoi cette mobilisation, et qui appelle à faire grève

Cette journée d'action s'inscrit dans un climat social tendu autour des rémunérations de la fonction publique. Le déclencheur direct remonte à la mi-septembre, lorsque le Premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué au Figaro qu'il souhaitait une nouvelle fois geler le point d'indice qui sert de base au calcul du salaire des fonctionnaires. Les huit syndicats réclament une revalorisation salariale face à ce gel annoncé et à l'inflation qui continue de peser sur le pouvoir d'achat des agents publics, qu'ils soient d'État, territoriaux ou hospitaliers. Luc Farré, représentant de l'UNSA, résume l'état d'esprit des agents rencontrés sur le terrain : "Lorsqu'on interroge les agents, tous, sans une exception, parlent de leur pouvoir d'achat, de leur salaire, d'un besoin de reconnaissance." Cette phrase traduit un sentiment largement partagé au sein des trois versants de la fonction publique, où la question salariale s'accompagne d'une demande plus large de reconnaissance du travail accompli. Made in Marseille évoque à ce titre une "journée noire" de mobilisation attendue dans plusieurs villes de la région.

Ce n'est pas la première fois que Marseille traverse une séquence de grèves marquantes dans ses services publics : la ville garde en mémoire la reprise du travail des éboueurs après six jours de grève, un épisode qui avait fortement perturbé le quotidien des Marseillais. La journée du 29 septembre s'annonce d'une nature différente, plus large et plus diffuse, puisqu'elle touche simultanément les cantines scolaires, les pompiers et plusieurs services municipaux, où des ralentissements et des fermetures temporaires sont attendus, des permanences étant toutefois maintenues pour les urgences et la continuité des soins restant assurée dans les établissements de santé. Les 58 crèches municipales font en revanche exception : aucune fermeture n'y était signalée lors de la dernière mise à jour, vendredi 25 septembre à 16h10.

Un accueil minimal organisé dans certains arrondissements

La loi de 2008 impose aux communes d'organiser un accueil minimal dans les écoles publiques maternelles et élémentaires dès lors que le taux d'enseignants grévistes atteint ou dépasse 25 %. À Marseille, plusieurs mairies de secteur ont d'ores et déjà annoncé la mise en place de solutions d'accueil pour mardi. Dans les 6e et 8e arrondissements, deux Centres Municipaux d'Animation ouvriront leurs portes de 8h30 à 16h30 : le CMA Castellane, au 23 rue Falque (13006), joignable au 04 91 47 08 36, et le CMA Pastre, au 115 avenue de Montredon (13008), joignable au 04 91 25 33 16. L'inscription se fait uniquement par appel téléphonique direct auprès des responsables de chaque centre, dans la limite des places disponibles. Les familles doivent prévoir un pique-nique froid, un goûter et une gourde pour leur enfant, ainsi qu'un doudou et une tenue de rechange marquée pour les plus petits scolarisés en maternelle. Dans les 11e et 12e arrondissements, la mairie de secteur ouvre également un Centre Municipal d'Animation, mais uniquement sur inscription préalable, sans que les horaires précis n'aient été communiqués à ce stade. Pour les autres arrondissements, aucune information officielle sur l'ouverture ou non de centres d'accueil similaires n'était disponible à l'heure de la mise à jour de la page municipale ; les familles concernées sont invitées à se rapprocher directement de la direction de leur école ou de leur mairie de secteur pour connaître les dispositions prévues près de chez elles.

Sur le plan des déplacements, la journée devrait rester globalement gérable pour les familles qui doivent malgré tout se rendre au travail. Du côté des transports, "le trafic, lui, restera stable sur la quasi-totalité des lignes de métro, tramway et bus, selon la RTM", même si les niveaux de service exacts restent à vérifier au plus près de l'heure de départ, bus, tram et métro pouvant être ponctuellement concernés par des mouvements de grève. À la SNCF, un trafic normal est prévu sur les TGV et les Intercités ; seuls les TER pourraient être affectés de façon ponctuelle sur certains créneaux. Une note plus inquiétante concerne les liaisons maritimes : un préavis de grève dès 8h a été déposé par la CGT des marins de Marseille chez Corsica Linea, ce qui pourrait perturber les liaisons vers le Maghreb ce jour-là.

La mobilisation prendra aussi la forme d'un cortège dans les rues du centre-ville. Un pré-rassemblement est prévu à 9h devant l'Hôtel de Ville, à l'appel de la CGT des territoriaux, avant une manifestation plus large fixée à 10h30 aux Réformés, sur la Canebière dans le 1er arrondissement, en direction de la préfecture. Des déviations de circulation sont à prévoir en centre-ville durant toute la matinée. La mobilisation dépasse le seul périmètre marseillais : des rassemblements sont également annoncés à Arles à 10h au kiosque à musique, à Martigues à 10h au rond-point de l'Hôtel de Ville, et à Miramas à 10h30 devant la mairie, tandis que dans le Var, des cortèges sont prévus à Toulon à 10h30 place de la Liberté et à Draguignan à 10h30 devant la sous-préfecture. À Aix-en-Provence, la municipalité a de son côté annoncé des perturbations dans les cantines et garderies de plusieurs écoles maternelles et élémentaires, sur le même schéma qu'à Marseille.

Au-delà de la seule journée du 29 septembre, cette mobilisation dans les services publics intervient dans un contexte plus large de tensions autour de l'avenir du service public et de la formation en France, un climat qui touche jusqu'au secteur privé de l'enseignement supérieur, comme l'illustre la situation actuelle des écoles de commerce en France, confrontées elles aussi à des turbulences profondes sur leur modèle. Pour les parents marseillais, le réflexe le plus sûr reste de consulter l'outil de suivi en temps réel sur marseille.fr avant de partir travailler mardi matin, et de contacter directement l'école de leur enfant en cas de doute sur une éventuelle fermeture de classe.

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