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Le « premier bain de l’année » : d’où vient cette tradition glacée qui rassemble les foules ?

Chaque 1er janvier, ils sont des centaines – parfois des milliers – à se jeter dans la mer, à Nice, Marseille, Collioure ou Sète. En maillot, déguisés, ou simplement armés de courage, ces baigneurs d’un jour bravent une eau à moins de 15 degrés pour un rituel devenu incontournable : le premier bain de l’année. Mais d’où vient cette tradition ? Et pourquoi attire-t-elle chaque année de nouveaux adeptes ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette pratique n’a rien d’ancestral. Le premier « bain du Nouvel An » remonte à la première moitié du XXᵉ siècle, inspiré des « polar bear plunges » (bains des ours polaires) organisés dans les pays anglo-saxons — notamment aux États-Unis et au Canada.

En France, les premières éditions recensées datent des années 1950, sur la Côte d’Azur. À Nice, des nageurs du club local décident, au lendemain du réveillon, de se jeter à la mer pour « commencer l’année du bon pied ». L’idée séduit, se répand, et devient au fil du temps un événement festif, parfois même caritatif.

Méditerranée : du défi sportif au symbole collectif

Dans les villes méditerranéennes, la tradition prend une dimension particulière. Le climat plus doux facilite la participation, mais c’est surtout l’esprit de communauté qui en fait un rendez-vous à part. À Collioure, par exemple, le « bain du Nouvel An » est accompagné d’un apéritif collectif sur la plage. À Marseille, c’est le club des Dauphins de la Corniche qui maintient le rituel depuis les années 1960, dans une ambiance bon enfant où se croisent sportifs aguerris et familles.

Loin du simple plongeon, ce moment est devenu un symbole d’énergie et de renaissance, une manière de « se laver » de l’année écoulée et d’accueillir la nouvelle. Les participants y voient un geste de courage, de purification, voire un défi personnel face au froid et à la mer.

Les adeptes invoquent aussi des vertus physiologiques : stimulation de la circulation, regain d’énergie, libération d’endorphines. Des études confirment que les immersions brèves en eau froide peuvent renforcer le système immunitaire et améliorer l’humeur. Mais au-delà de l’aspect santé, le premier bain reste surtout un rituel social et symbolique, où le courage collectif devient contagieux.

Aujourd’hui, du Grau-du-Roi à Menton, en passant par Sète, Banyuls ou Toulon, chaque ville décline le premier bain à sa manière : concours de déguisements, fanfares, ou simple bain convivial. Les réseaux sociaux ont amplifié le phénomène : une photo du 1er janvier, dans la mer, vaut désormais comme une médaille d’entrée dans la nouvelle année.

Ce plongeon hivernal, mi-sportif mi-festif, est né de l’envie de se dépasser ensemble — et d’ouvrir l’année par un geste à la fois absurde, joyeux et profondément humain. Une tradition qui, sous le soleil méditerranéen, prend des airs de célébration collective du courage et de la bonne humeur.

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