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Influenceurs français à Dubaï : quand le paradis fiscal se transforme en zone de guerre

Alors que les missiles iraniens s'abattaient sur Dubaï ce samedi 28 février 2026, des influenceurs français installés dans l'émirat pour fuir le fisc ont filmé leur panique en direct sur les réseaux sociaux, appelant la France à les protéger. Une situation qui relance le débat sur l'exil fiscal et le contraste saisissant avec le sort des populations locales prises sous les bombes.

« Oh mon Dieu, il y a un missile au-dessus de chez moi », snappe Maeva Ghennam à ses 2,3 millions d'abonnés. « La France, protégez-nous », implore-t-elle, passeport à la main. À quelques kilomètres, Kamila, ex-candidate de Secret Story, décrit des scènes de chaos : « Je suis en panique, en l'espace de 10 minutes, on a vu trois missiles. » Dans le ciel de Dubaï, les traînées lumineuses des projectiles iraniens déchirent l'image de carte postale que ces créateurs de contenu avaient l'habitude de montrer à leurs communautés.

Selon le ministère émirati de la Défense, 137 missiles et 209 drones ont ciblé les Émirats arabes unis ce jour-là, en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran. La majorité a été interceptée, mais l'hôtel Fairmont de Palm Jumeirah a pris feu, l'aéroport international a suspendu ses opérations, et un civil a trouvé la mort à Abou Dhabi. Les missiles iraniens ont frappé l'émirat avec une violence que personne n'avait anticipée dans cette ville-vitrine du luxe mondialisé.

Le paradis fiscal sous les bombes

Diego El Glaoui, entrepreneur et compagnon de l'influenceuse Nabilla, a annoncé avoir « évacué Dubaï vers un lieu stratégique, loin du danger ». Une option que les travailleurs immigrés philippins, indiens ou pakistanais qui font tourner l'économie de l'émirat n'ont pas. Ni jets privés, ni double nationalité pour fuir les bombes. Élodie Gossuin, animatrice sur M6, présente à Dubaï en vacances avec sa famille, a qualifié cette journée de « pire journée de sa vie ».

Sur les réseaux sociaux français, l'indignation monte. Le humoriste Bastos se moque ouvertement des « expats de télé-réalité » qui ont choisi Dubaï pour le confort et la fiscalité mais se plaignent dès que la région cesse d'être un décor de carte postale. « Si tu veux revenir, tu paies », lance-t-il, faisant référence aux impôts que ces expatriés ont fui en quittant la France.

Car derrière les stories dramatiques se cache une réalité moins glamour. Dubaï attire depuis des années créateurs de contenu et entrepreneurs grâce à l'absence d'impôt sur le revenu. Certains influenceurs y déclarent des bénéfices mensuels avoisinant 50 000 euros, totalement défiscalisés. Une situation qui fait l'objet d'enquêtes du fisc français, qui utilise désormais l'intelligence artificielle pour scruter les réseaux sociaux et traquer les fausses résidences.

L'évasion fiscale rattrapée par la géopolitique

L'affaire des « Dubaï Papers » a déjà conduit à une première condamnation en France : deux dirigeants ont écopé de neuf mois de prison avec sursis et 80 000 euros d'amende pour blanchiment de fraude fiscale. Un procès impliquant trois sociétés et quatorze personnes, dont un prince belge, est prévu fin 2026 à Paris. Les Émirats eux-mêmes exigent désormais que les influenceurs déclarent leurs revenus auprès de l'Autorité fiscale fédérale.

Sur X, les commentaires sont cinglants. « On va voir si les expats à Dubaï vont revenir en France payer leurs impôts maintenant », ironise un utilisateur. D'autres dénoncent la couverture médiatique : « C'est la guerre et BFM nous parle des influenceurs à Dubaï », s'insurge un chroniqueur, pointant le décalage entre l'attention portée à ces expatriés fortunés et le sort des civils sous les bombes dans toute la région.

Le contraste est en effet saisissant. Pendant que des influenceurs français filmaient leur peur depuis leurs appartements de luxe, des centaines de victimes tombaient en Iran, en Israël et dans les pays du Golfe. La mort d'Ali Khamenei dans les frappes américano-israéliennes a déclenché une escalade régionale dont les conséquences restent imprévisibles. Les Émirats, qui se sont longtemps présentés comme un havre de paix, découvrent brutalement leur fragilité géopolitique.

Pour ces influenceurs qui avaient choisi l'exil doré, le réveil est brutal. Le paradis fiscal qu'ils vantaient sur Instagram s'est transformé en zone de guerre. Et les appels à la solidarité lancés depuis leurs stories sonnent étrangement creux pour ceux qui ont fui l'impôt, ce contrat social qui finance notamment la protection des citoyens français à l'étranger.

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