Croissance mondiale : le rapport du FMI confirme le basculement vers l’Asie
Les chiffres sont sans appel. Selon les dernières projections du Fonds monétaire international, l’Inde et la Chine s’imposent comme les principaux moteurs de la croissance mondiale. Un basculement économique qui redessine les équilibres géopolitiques et interroge la place de l’Europe et du bassin méditerranéen.
Dans un contexte de ralentissement global, marqué par l’inflation, les tensions géopolitiques et les séquelles de la crise sanitaire, l’Asie continue d’afficher une dynamique robuste. L’Inde, en particulier, enregistre des taux de croissance parmi les plus élevés au monde, portée par sa démographie, ses investissements et un marché intérieur en expansion rapide. La Chine, malgré un essoufflement relatif, reste un pilier incontournable de l’économie mondiale.
Ce constat alimente les débats dans les capitales occidentales. Aux États-Unis comme en Europe, certains responsables politiques alertent sur un déclassement progressif. « Le centre de gravité de l’économie mondiale est en train de se déplacer », résume un économiste cité par le FMI.
Quelles conséquences pour l’Europe et la Méditerranée?
Pour les pays du sud de l’Europe et du Maghreb, ce basculement pose des questions stratégiques. Comment attirer les investissements dans un monde de plus en plus tourné vers l’Asie ? Comment préserver des chaînes de valeur industrielles fragilisées ? Le rapport souligne la nécessité de renforcer l’innovation, la formation et la coopération régionale.
Dans le bassin méditerranéen, où les économies restent très dépendantes du tourisme, de l’énergie et des échanges avec l’Europe, le risque est celui d’un décrochage silencieux. Le FMI appelle à des réformes structurelles, mais aussi à une meilleure intégration régionale, afin de ne pas rester en marge d’un monde qui se réorganise rapidement.