sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Le dollar s'envole après les frappes sur l'Iran, l'euro chute face à la crise énergétique

Le dollar américain a bondi lundi 2 mars à son plus haut niveau depuis cinq semaines, porté par une ruée des investisseurs vers les valeurs refuges après les frappes aériennes américano-israéliennes du week-end sur l'Iran. La mort du guide suprême Ali Khamenei a déclenché une onde de choc sur les marchés financiers mondiaux, propulsant le billet vert et faisant plonger l'euro.

L'indice du dollar américain a progressé de 0,74% pour atteindre 98,37, son niveau le plus élevé depuis janvier. Les analystes des principales banques mondiales s'accordent à dire que la devise américaine restera le principal bénéficiaire de cette situation géopolitique explosive. « Si le conflit devait durer et perturber l'approvisionnement en pétrole, le dollar américain se renforcerait face à la plupart des devises », estiment les analystes de la Commonwealth Bank of Australia.

La monnaie unique européenne a subi une chute brutale dans ce contexte de tensions extrêmes. Les analystes de Wells Fargo ont tiré la sonnette d'alarme : l'Europe fait face à des réserves de gaz historiquement basses à l'approche de la saison de réapprovisionnement. Au 16 mars, les stocks de gaz européens n'étaient remplis qu'à 34%, contre 60% à la même époque en 2024. En Allemagne, la situation s'avère encore plus préoccupante avec des capacités remplies à seulement 32%.

Le détroit d'Ormuz au cœur des inquiétudes

Le pétrole a grimpé en début de séance dans un contexte de perturbations majeures du détroit d'Ormuz, par où transite environ 20% de la consommation mondiale de pétrole. Le baril de Brent s'est envolé de près de 10% à 80,16 dollars, tandis que le WTI américain bondissait de 8,25% à 72,55 dollars. Les principales compagnies maritimes, dont MSC et Maersk, ont suspendu tout passage par ce goulet d'étranglement stratégique.

L'économiste en chef de Lombard Odier a déclaré qu'un « scénario de perturbation contenue » est actuellement en cours. Toutefois, les prévisions les plus pessimistes évoquent un baril pouvant atteindre 140 à 200 dollars en cas de conflit prolongé, selon le Financial Times.

Les autres valeurs refuges ont également profité de cette fuite vers la sécurité. L'or a bondi de 2%, portant sa hausse à 22% depuis le début de l'année 2026. Le franc suisse progresse de 3% face au dollar sur l'année. Ces mouvements traduisent une aversion au risque généralisée sur les marchés mondiaux.

L'Europe face à un défi énergétique majeur

La crise énergétique européenne s'aggrave dans ce contexte géopolitique tendu. L'Agence internationale de l'énergie avait averti fin février que « les systèmes énergétiques européens sont confrontés à une année difficile ». La vague de froid prolongée et la compétition féroce avec l'Asie pour le gaz naturel liquéfié ont accéléré la hausse des prix de l'énergie.

Les prix du gaz ont bondi de 5,32% au 1er mars en France. L'escalade militaire autour du détroit d'Ormuz ravive les craintes sur l'approvisionnement, ce passage stratégique voyant transiter 20% des flux mondiaux de pétrole et de gaz. Les analystes prévoient une course au gaz cet été pour reconstituer les stocks avant l'hiver prochain.

Donald Trump a déclaré s'attendre à ce que l'opération américaine contre l'Iran dure « quatre semaines ou moins ». Mais les marchés restent nerveux face à l'incertitude qui plane sur la durée et l'intensité de ce conflit aux répercussions économiques mondiales.

sfy39587stp16