CAN 2025 : "On rêve trop, on ne travaille pas assez", le coup de gueule de Mejbri
Au lendemain de l'élimination des Aigles de Carthage face au Mali aux tirs au but en huitièmes de finale de la CAN 2025, Hannibal Mejbri a livré un constat brutal sur l'état du football tunisien. Des mots forts qui résonnent bien au-delà du rectangle vert.
C'est un Hannibal Mejbri visiblement marqué qui s'est présenté en zone mixte après la défaite de la Tunisie face au Mali (1-1, 2-3 aux t.a.b.), samedi 3 janvier à Casablanca. Le milieu de terrain de 22 ans, considéré comme le meilleur Tunisien sur le terrain ce soir-là, n'a pas mâché ses mots.
« On rêve trop et on ne travaille pas assez. Et ça, c'est le cas de tous les Tunisiens », a-t-il lâché devant les journalistes. Une déclaration qui fait déjà le tour des réseaux sociaux et suscite de vifs débats dans le pays. Le joueur formé à Clairefontaine et passé par Manchester United avant de rejoindre Burnley cet été a poursuivi son analyse sans détour.
« On est en retard sur tout »
« On est en retard dans notre football, et ça il faut le dire. Quand on voit l'Algérie, le Maroc, tous les pays d'Afrique progresser sauf nous, sur tout, je n'ai même pas les mots », a ajouté le milieu de terrain. Une comparaison qui fait mal, notamment avec le Maroc, pays hôte de cette CAN 2025, dont les infrastructures ont impressionné toutes les délégations.
Mejbri avait d'ailleurs critiqué l'état du stade de Radès quelques semaines plus tôt, pointant le contraste saisissant avec les enceintes marocaines. « On ne se forme pas. Ce n'est pas la honte d'apprendre tous les jours », a-t-il insisté, élargissant son propos à l'ensemble de la société tunisienne.
Sur le terrain, la Tunisie a pourtant dominé une grande partie de la rencontre face à des Maliens réduits à dix dès la 27e minute, après l'expulsion de Woyo Coulibaly pour une faute sur... Mejbri lui-même. Mais les Aigles de Carthage n'ont jamais su concrétiser leur supériorité numérique. Un penalty transformé par Lassine Sinayoko à la 96e minute a arraché les prolongations, avant que le gardien Djigui Diarra ne devienne le héros de la séance de tirs au but.
Le coup de gueule de Mejbri intervient dans un contexte difficile pour le football tunisien, qui peine à retrouver son lustre d'antan malgré un vivier de talents. À 22 ans, l'ancien pensionnaire de Monaco incarne une génération qui refuse de se satisfaire de la médiocrité et appelle à une remise en question profonde. Reste à savoir si ce message sera entendu.