Lait infantile : Danone élargit son rappel massif en France et en Europe
Danone a annoncé, mercredi 5 février 2026, un élargissement significatif de ses rappels de lait infantile en France et dans plusieurs pays européens. Ce sont désormais 119 lots et 19 références des marques Gallia et Blédilait qui sont concernés dans l'Hexagone, tandis que le retrait s'étend aussi à la Pologne, l'Autriche, l'Allemagne, la Hongrie, la Roumanie et la Suisse. En cause : la présence de céréulide, une toxine bactérienne détectée dans un ingrédient fourni par un industriel chinois.
Cette décision fait suite à la mise à jour, par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), de ses recommandations concernant le seuil toléré de céréulide dans les préparations pour nourrissons. La toxine, qui peut provoquer diarrhées et vomissements, a été identifiée dans une huile riche en acide arachidonique produite par le fabricant chinois Cabio Biotech, fournisseur de plusieurs géants de l'agroalimentaire mondial.
En France, les 19 références retirées concernent notamment les gammes Gallia Calisma, Gallia Bébé Expert AR Caroube, Gallia Bébé Expert AR Amidon, ainsi que des produits Blédilait 1er âge et Blédilait AR. Les dates de durabilité minimale des lots rappelés s'échelonnent de juillet 2026 à début 2027. En Autriche et en Allemagne, ce sont les marques Aptamil et Milumil qui font l'objet de retraits, avec plus de 120 lots concernés.
Une crise qui dépasse largement Danone
Ce rappel s'inscrit dans une crise bien plus large qui secoue l'industrie du lait infantile depuis décembre 2025. Le groupe Nestlé avait ouvert le bal en rappelant des dizaines de lots dans plus de 60 pays, suivi par Lactalis et d'autres acteurs plus modestes. La contamination à la céréulide, liée à l'huile produite par Cabio Biotech, touche ainsi l'ensemble de la filière.
Le 17 janvier dernier, les autorités de Singapour avaient bloqué les premiers lots suspects de Danone, provoquant une chute inédite du titre du groupe en Bourse. Depuis, la crise n'a cessé de s'amplifier, contraignant les industriels à multiplier les retraits au fil des nouvelles analyses.
En France, la situation a pris un tour dramatique. Des enquêtes pénales ont été ouvertes à Bordeaux et à Angers après le décès de deux nourrissons ayant consommé des laits Nestlé rappelés, même si aucun lien direct n'a été établi à ce stade. Cinq autres bébés ont été hospitalisés après avoir ingéré des laits concernés par les rappels, mais « tous sont depuis sortis de l'hôpital », selon les autorités sanitaires.
Foodwatch porte plainte, les autorités se veulent rassurantes
L'association de défense des consommateurs Foodwatch a porté plainte auprès du parquet de Paris aux côtés de huit familles. Elle accuse les fabricants d'avoir « tardé à rappeler leurs lots suspects », pointant un délai de plus d'un mois entre la première détection de la toxine et l'élargissement des retraits.
De son côté, Danone a tenu à rassurer les parents : « Nos laits infantiles sont sûrs. Toutes les préparations de nos marques sont fabriquées selon des normes strictes de sécurité alimentaire et font l'objet de tests rigoureux avant de quitter nos sites de production », a déclaré le groupe. La direction générale de l'Alimentation (DGAL) a pour sa part indiqué qu'il fallait « s'attendre à de nouveaux rappels » avec le nouveau seuil fixé par l'Efsa, tout en écartant le risque de pénurie alimentaire, les retraits restant « modestes par rapport aux volumes » fabriqués.
Les parents sont invités à consulter le site officiel Rappel Conso pour vérifier si les produits qu'ils possèdent figurent parmi les lots concernés. Les laits rappelés ne doivent en aucun cas être administrés aux nourrissons. En cas de symptômes tels que des vomissements ou des diarrhées après consommation, il est recommandé de consulter rapidement un médecin. Cette nouvelle crise du lait infantile, qui rappelle le scandale des nanoplastiques dans l'eau en bouteille, relance le débat sur la traçabilité des ingrédients et la dépendance de l'industrie agroalimentaire européenne vis-à-vis de fournisseurs extra-communautaires.