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Tom Félix, libre après 909 jours en Malaisie, témoigne face à Marc-Olivier Fogiel

Acquitté le 3 février 2026 par la Haute cour criminelle d'Alor Setar, Tom Félix a retrouvé le sol français après 909 jours d'incarcération en Malaisie où il risquait la peine de mort. Invité de Marc-Olivier Fogiel dans « Face à Fogiel » sur RTL, le Français de 34 ans a livré un témoignage glaçant sur les conditions inhumaines de sa détention et le combat judiciaire qui lui a permis de recouvrer sa liberté.

Le cauchemar de Tom Félix a commencé le 9 août 2023 sur l'île de Langkawi, dans le nord-ouest de la Malaisie. Ancien cadre chez Veolia, diplômé en aquaculture et biologie marine, ce natif de Saône-et-Loire s'apprêtait à ouvrir un restaurant avec un associé malaisien. La police découvre alors plusieurs centaines de grammes de cannabis dans les pièces communes de la maison qu'ils partagent. Tom Félix est arrêté et inculpé de huit chefs d'accusation pour détention et trafic de stupéfiants.

Le jeune homme a toujours clamé son innocence. Les analyses ADN ne l'ont jamais incriminé et son coaccusé, l'associé malaisien, avait reconnu avoir réceptionné les colis contenant la drogue. Malgré ces éléments, Tom Félix est resté derrière les barreaux pendant près de deux ans et demi, dans l'attente d'un procès qui ne s'est ouvert qu'en juin 2025. Il encourait la peine de mort, ou 104 années de réclusion, 54 coups de bâton et 27 000 euros d'amende.

« C'était absolument horrible » : le récit d'un enfer carcéral

Au micro de Marc-Olivier Fogiel sur RTL, Tom Félix a décrit des conditions de détention effroyables dans la prison de Perlis. « C'était absolument horrible », a-t-il confié. Il cohabitait avec une quarantaine de détenus dans une cellule de 40 m², soit à peine un mètre carré par personne. Dans l'un des États les plus chauds de Malaisie, où les températures grimpent jusqu'à 40 degrés, aucun ventilateur n'était mis à disposition. Les néons restaient allumés en permanence, même la nuit.

Pour dormir, le Français ne disposait que d'un simple tapis de yoga « dans un état très dégradé » et d'une fine couverture. La nourriture, du riz et du poisson servis quotidiennement, lui provoquait des allergies et des malaises. « Il n'y avait absolument rien à faire », a-t-il résumé, décrivant la torture psychologique d'une monotonie sans fin. Son avocat, Me François Zimeray, a comparé cette détention à un « Midnight Express à la malaisienne », peignant le portrait d'un homme « amaigri, dans une très grande souffrance, les yeux enfoncés ».

Le procès s'est finalement tenu en juin 2025 sur quatre jours d'audience, mais un témoin essentiel manquait à l'appel et une pièce à conviction faisait défaut. Ce n'est que le 3 février 2026 que la juge Evawani Farisyta Mohammad a tranché : « Le tribunal n'a pas réussi à établir la preuve de la culpabilité. L'accusé est donc acquitté et libéré. »

Un retour en France sous haute émotion

Tom Félix a atterri le jeudi 5 février à 6h30 à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. À sa descente d'avion, visiblement marqué, il a pris la parole : « La Malaisie m'a volé 909 jours de ma vie. Aucun système judiciaire ne devrait prendre autant de temps pour prouver l'innocence d'une personne. » Il a également exprimé sa « colère » et sa « tristesse », non seulement pour ce qu'il a enduré, mais aussi pour les souffrances infligées à sa famille.

Ses parents, Sylvie et Jean-Luc Félix, enseignants au lycée français de Singapour, n'ont jamais cessé de se battre pour leur fils. En mai 2025, ils avaient rencontré Emmanuel Macron lors d'une visite officielle à Singapour et obtenu son soutien. Le président de la République a salué « une formidable nouvelle », tandis que le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a exprimé un « immense soulagement ».

L'affaire Tom Félix rappelle la précarité des ressortissants français confrontés à des systèmes judiciaires étrangers, comme récemment en Turquie. En Malaisie, le trafic de stupéfiants reste passible de la peine capitale, même si aucune exécution n'a eu lieu depuis 2018. Pour Tom Félix, le temps de la reconstruction commence à peine. Sa mère l'a résumé avec justesse : « Il va falloir qu'on le soigne, qu'on le requinque et qu'on prenne le temps de panser ses blessures. »

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