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Découverts bancaires : ce qui va vraiment changer en novembre 2026

Non, les découverts bancaires ne seront pas « interdits » en France. Contrairement aux rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux, la réforme qui entrera en vigueur le 20 novembre 2026 ne supprime pas cette facilité de paiement mais la soumet aux règles du crédit à la consommation. Une évolution qui pourrait néanmoins compliquer l'accès au découvert pour les ménages les plus fragiles.

La confusion est née d'une mauvaise interprétation de la directive européenne 2023/2225, transposée en droit français par une ordonnance publiée le 4 septembre 2025. Plusieurs personnalités politiques, notamment de La France insoumise, ont affirmé que « Macron veut interdire les découverts bancaires ». Une pétition lancée par la députée Clémence Guetté a même recueilli plus de 50 000 signatures contre cette prétendue interdiction.

En réalité, comme le précise la Fédération bancaire française, les découverts resteront parfaitement légaux. La Banque de France confirme qu'à partir du 20 novembre 2026, « la facilité de caisse et le découvert bancaire basculent dans le régime complet du crédit à la consommation ». Concrètement, les banques devront désormais réaliser une analyse de solvabilité pour tous les découverts, y compris ceux inférieurs à 200 euros et de moins d'un mois.

Des conditions d'accès plus strictes

Cette nouvelle obligation pourrait conduire les établissements bancaires à refuser des découverts à certains clients aux revenus jugés insuffisants ou présentant un risque de surendettement. « Les conditions plus restrictives vont évidemment rendre l'accès au découvert un peu plus compliqué pour certains ménages », analyse Timothée Waxin, responsable du département Finance à l'École de Management Léonard de Vinci.

Bonne nouvelle toutefois pour les clients actuels : les découverts déjà en place avant le 20 novembre 2026 ne seront pas impactés par cette réforme. Seules les nouvelles demandes seront soumises aux nouvelles règles d'évaluation. Cette mesure d'harmonisation européenne vise à mieux protéger les consommateurs contre le surendettement, un fléau qui touche des centaines de milliers de ménages français chaque année.

Pour les associations de consommateurs, cette réforme présente un double visage. Si elle peut effectivement prévenir certaines situations de détresse financière, elle risque aussi de priver de flexibilité bancaire les personnes qui en ont le plus besoin, notamment en fin de mois. Les banques auront un an pour adapter leurs systèmes et former leurs conseillers à ces nouvelles procédures d'évaluation.

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