Clôture automatique des PEL en 2026 : 3,2 millions d'épargnants concernés
À compter du 1er mars 2026, une vague inédite de fermetures automatiques de Plans d'Épargne Logement (PEL) va frapper les épargnants français. En vertu de la loi de finances rectificative de 2010, tous les PEL ouverts après le 1er mars 2011 sont soumis à une durée maximale de 15 ans, au terme de laquelle les banques procéderont à leur clôture d'office. Selon la Banque de France, 3,2 millions de plans sont concernés d'ici 2030, pour un encours total dépassant les 90 milliards d'euros.
Le mécanisme est simple mais ses conséquences sont lourdes pour les épargnants mal informés. Lorsqu'un PEL atteint sa quinzième année, la banque le ferme automatiquement. Le capital et les intérêts acquis sont intégralement conservés, mais les fonds sont transférés sur un compte sur livret ordinaire, dont la rémunération moyenne plafonne à 0,8 %, selon les derniers chiffres de la Banque de France. Un écart considérable avec le taux de 2,5 % dont bénéficiaient les PEL ouverts entre 2011 et 2015.
Les premiers touchés seront les détenteurs de PEL souscrits en mars 2011, dont les plans arriveront à échéance dès le mois prochain. Puis, chaque année, une nouvelle génération sera concernée : les PEL de 2012 fermeront en 2027, ceux de 2013 en 2028, et ainsi de suite jusqu'en 2030. La Banque de France souligne que « les clôtures automatiques sur la période 2026-2030 vont être particulièrement importantes en raison du dynamisme des ouvertures réalisées au cours de la période 2013-2016 ».
Des droits à prêt qui disparaissent définitivement
Au-delà de la perte de rémunération, un autre enjeu est souvent sous-estimé : la disparition des droits à prêt épargne logement. Ces droits, accumulés tout au long de la durée de vie du PEL, permettaient d'accéder à un crédit immobilier à des conditions spécifiques. Une fois le plan clôturé, ils sont définitivement perdus et ne peuvent être ni utilisés ni transférés. Toutefois, pour les PEL ouverts entre août 2003 et janvier 2015, le taux de prêt associé s'élevait à 4,20 %, soit un niveau désormais supérieur aux conditions actuelles du marché, ce qui limite leur intérêt pratique.
Les banques ont l'obligation d'informer leurs clients un à deux mois avant la date de clôture par courrier. Certains établissements, comme la Société Générale, proposent un transfert automatique vers un livret à taux boosté de 1,70 % jusqu'à 70 000 euros, une offre plus avantageuse que le livret ordinaire mais qui reste temporaire. Il est donc crucial de ne pas rester passif face à cette échéance.
Quelles alternatives pour les épargnants ?
Plusieurs options s'offrent aux détenteurs de PEL en fin de vie. La première consiste à anticiper la clôture en retirant volontairement les fonds pour les réinvestir sur des supports plus adaptés. Le Livret A, le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) ou encore le LEP (Livret d'Épargne Populaire) pour les ménages éligibles offrent des rendements garantis et une fiscalité avantageuse. L'assurance-vie reste également une piste privilégiée pour ceux qui recherchent un placement à moyen ou long terme.
Pour les épargnants souhaitant conserver un plan d'épargne logement, il est possible d'en ouvrir un nouveau auprès de sa banque. Mais le rendement sera moins attractif : les PEL souscrits à partir du 1er janvier 2026 affichent un taux d'intérêt fixé à 1,75 %, contre 2,25 % pour ceux ouverts en 2024 et 2025. Un recul qui reflète la baisse progressive des taux directeurs de la Banque centrale européenne.
Pour ceux qui envisagent un achat immobilier, une construction ou des travaux dans leur résidence principale, il peut être pertinent d'utiliser les droits à prêt avant la clôture, même si leur avantage est aujourd'hui limité. Le site Service-public.fr rappelle que le PEL permet d'accéder à « un prêt d'épargne logement pouvant notamment permettre de financer l'achat ou la construction de sa résidence principale ».
Face à cette échéance, les experts financiers recommandent unanimement d'agir sans attendre. Vérifier la date d'ouverture de son PEL, contacter son conseiller bancaire et comparer les alternatives d'épargne sont les trois réflexes à adopter pour éviter de voir son capital dormir sur un livret faiblement rémunéré. Car en matière d'épargne, l'inaction a toujours un coût.