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Condamné à 2 ans de prison ferme, Alain Soral se réfugie en Russie

Alain Soral, figure controversée de l'extrême droite française, a été condamné le 26 février 2026 à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris. Visé par un mandat d'arrêt, l'essayiste a quitté la Suisse où il résidait depuis 2019 pour se réfugier à Moscou, d'où il promet de « continuer le combat ».

Le tribunal judiciaire de Paris a reconnu Alain Bonnet, dit Alain Soral, coupable d'association de malfaiteurs dans le cadre d'une enquête antiterroriste. L'affaire portait sur la promotion d'une chaîne Telegram baptisée « Axe de la Résistance », suivie par quelque 12 000 abonnés, qui diffusait des contenus faisant l'apologie du Hamas, du Hezbollah et du Djihad islamique.

Selon le jugement, la plateforme « Égalité et Réconciliation », dont Soral est le directeur de publication, « a servi de relai d'influence » aux propos de ce collectif pro-iranien. Le tribunal a estimé qu'il avait contribué à leur médiatisation en apportant « un soutien matériel et technique », participant ainsi à une structure organisée destinée à diffuser des contenus illégaux.

Une relaxe partielle mais une peine alourdie

Si l'essayiste a été relaxé du chef d'apologie d'acte de terrorisme concernant un article intitulé « Hamas, terrorisme, territoires occupés », la sentence n'en demeure pas moins lourde. Outre les deux ans de prison ferme, Alain Soral a été condamné à une amende de 15 000 euros et à la privation de ses droits civiques pendant cinq ans. L'avocate de la Licra a qualifié cette condamnation de « première en France » et de « symbole très fort ».

Cette nouvelle condamnation s'ajoute à un casier judiciaire déjà bien rempli. L'essayiste avait notamment été condamné le 11 septembre 2025 à un an de prison ferme pour provocation à la haine raciale. Son casier compte plus de 30 mentions pour des faits similaires : incitation à la haine, négationnisme, diffamation.

Parmi les autres prévenus jugés dans cette affaire figurait Mahdieh Esfandiari, ressortissante iranienne et traductrice, condamnée à un an de prison ferme avec interdiction définitive du territoire français. Elle était soupçonnée d'avoir contribué à l'animation et à la diffusion des contenus de la chaîne Telegram incriminée.

De la Suisse à Moscou : un exil assumé

Absent lors de son procès, Alain Soral résidait en Suisse depuis 2019 pour échapper à la justice française. Face à cette nouvelle condamnation assortie d'un mandat d'arrêt, il a choisi de quitter l'Europe occidentale pour se réfugier en Russie. Le 28 février, depuis Moscou, il a publié une vidéo sur sa plateforme.

« La France étant totalement sous occupation des suprémacistes sionistes, c'est d'ici que se mène le combat pour la libération de la France désormais ! Je reviendrai... », a-t-il déclaré sur le réseau social X, se comparant implicitement à Charles de Gaulle lançant son appel depuis Londres en 1940.

Cette fuite vers la Russie s'inscrit dans une tendance observée ces dernières années. Plusieurs figures controversées françaises, à l'instar de Francis Lalanne ou Franck Pengam, ont également trouvé refuge auprès du Kremlin. Un phénomène documenté par France Info qui évoque des « complotistes français adoubés par le Kremlin ».

À 66 ans, Alain Soral semble avoir définitivement rompu avec la France, où il risque désormais l'incarcération immédiate en cas de retour. Depuis la capitale russe, il promet de poursuivre ses activités, protégé par un État qui n'extrade pas ses résidents vers les pays occidentaux.

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