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Municipales à Marseille : Sébastien Delogu entendu sans poursuites, une audition sans suite judiciaire

Entendu librement ce dimanche 8 février par la gendarmerie dans le cadre d’une enquête visant un tiers déjà condamné, le candidat insoumis à la mairie de Marseille, Sébastien Delogu, est ressorti sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. Ni mis en examen, ni poursuivi, le député LFI se retrouve pourtant au cœur d’une séquence politique sensible, à cinq semaines du premier tour des municipales.

L’information est tombée dans la soirée de ce dimanche 8 février, relayée notamment par Le Parisien et confirmée par plusieurs sources judiciaires : Sébastien Delogu a été entendu par les gendarmes d’Aix-en-Provence dans le cadre d’investigations portant sur un réseau de trafic de stupéfiants démantelé dans les Bouches-du-Rhône. Mais très vite, une précision essentielle s’impose. À l’issue de cette audition, aucune charge n’a été retenue contre lui. Le parquet n’a engagé ni poursuites, ni procédure judiciaire à son encontre.

Selon les éléments connus du dossier, l’audition du député s’inscrit dans une enquête distincte visant un individu déjà condamné pour des faits de narcotrafic. Des échanges téléphoniques anciens auraient été identifiés entre ce dernier et Sébastien Delogu, échanges qui, selon la défense, concernaient une relation strictement professionnelle liée à une activité de livraison. Un point que les enquêteurs ont cherché à éclaircir, sans retenir le moindre élément constitutif d’une infraction.

Une clarification judiciaire immédiate, mais une onde politique durable

À sa sortie de la brigade, l’avocat du candidat insoumis a tenu à lever toute ambiguïté. « Il n’existe aucun lien, de quelque nature que ce soit, entre M. Delogu et un quelconque trafic de stupéfiants », a déclaré Me Yonès Taguelmint, précisant que son client avait fourni « des justificatifs précis et des factures attestant du cadre strictement professionnel de ces échanges ». L’homme mis en cause dans le dossier, a-t-il rappelé, « a été condamné dans une procédure totalement indépendante, dans laquelle Sébastien Delogu n’est ni cité ni inquiété ».

Sur le plan judiciaire, le dossier est donc clair : aucune mise en cause, aucune charge, aucune suite. Mais sur le plan politique, l’effet est immédiat. À Marseille, où la question du narcotrafic irrigue depuis des années le débat public, l’information intervient dans un contexte de campagne municipale déjà tendu. La sécurité, la lutte contre les réseaux criminels et la responsabilité des élus figurent au cœur des échanges entre candidats.

Dans les rangs de La France insoumise, on dénonce une instrumentalisation politique d’une audition sans portée judiciaire. Sébastien Delogu, qui mène campagne face au maire sortant Benoît Payan et à plusieurs listes de droite et d’extrême droite, a dénoncé une tentative de déstabilisation. « Je n’ai rien à me reprocher et la justice l’a confirmé », a-t-il fait savoir à ses soutiens, tout en affirmant vouloir poursuivre sa campagne « sans se laisser détourner des enjeux réels pour les Marseillais ».

À droite et à l’extrême droite, certains adversaires ont appelé à davantage de transparence, tout en reconnaissant l’absence de poursuites à ce stade. Une ligne de crête délicate, tant le sujet du narcotrafic demeure inflammable dans une ville marquée par des règlements de comptes meurtriers et une forte pression médiatique sur les élus locaux.

Reste que, juridiquement, la situation est sans équivoque. L’audition de Sébastien Delogu n’a débouché sur aucune mise en cause et ne s’inscrit pas dans une procédure le visant personnellement. Une réalité factuelle que la campagne municipale devra désormais intégrer, au risque de voir le débat politique se nourrir davantage de soupçons que de faits établis.

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