Crise énergétique : le G7 envisage de puiser dans ses réserves stratégiques de pétrole
Les ministres des Finances du G7 se sont réunis en urgence ce lundi 9 mars pour examiner une libération coordonnée des réserves stratégiques de pétrole, alors que le baril a brièvement dépassé les 120 dollars, une flambée historique de plus de 30 % provoquée par le blocage du détroit d'Ormuz.
La réunion, qui s'est tenue en visioconférence sous présidence française à 13h30, a rassemblé les représentants des États-Unis, du Japon, du Canada, du Royaume-Uni, de la France, de l'Allemagne et de l'Italie. Le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, s'est joint aux discussions.
Emmanuel Macron a confirmé aux journalistes que « l'utilisation des réserves stratégiques est une option envisagée », ajoutant qu'une « coordination des chefs d'État et de gouvernement du G7 cette semaine sur la question énergétique est à l'étude ». Selon le Financial Times, trois pays du G7, dont les États-Unis, soutiennent l'idée d'une libération massive de 300 à 400 millions de barils.
Un détroit d'Ormuz bloqué par les Gardiens de la Révolution
La flambée du prix du pétrole fait suite aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran et aux représailles des Gardiens de la Révolution, qui ont imposé un blocus du détroit d'Ormuz. Ce passage stratégique voit transiter environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. La production pétrolière irakienne a chuté de près de 60 %, tandis que le trafic des tankers s'est effondré dans la zone.
Les investisseurs redoutent une perturbation durable de l'approvisionnement mondial. Après avoir atteint 120 dollars lundi matin, le Brent s'est légèrement replié à 107,69 dollars (+16,18 %) vers 9h25, le WTI s'établissant à 103,64 dollars (+14,02 %). Cette accalmie relative coïncide avec les premières annonces sur une possible intervention coordonnée du G7.
Des positions divergentes au sein des grandes puissances
L'AIE impose à ses membres de détenir en permanence des stocks équivalant à au moins 90 jours d'importations nettes. La France dispose actuellement de réserves correspondant à 118 jours, tandis que les États-Unis possèdent les plus importantes réserves d'urgence au monde, stockées dans des cavernes de sel souterraines au Texas et en Louisiane.
Les positions restent toutefois divergentes. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a suggéré de lever les sanctions sur le pétrole russe pour « créer de l'offre ». Donald Trump a qualifié la hausse des prix de « petit prix à payer » pour éliminer la menace nucléaire iranienne. La Corée du Sud a annoncé un plafonnement des prix des carburants pour la première fois depuis trente ans.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, appelle à la prudence, rappelant que « 2026 n'est pas 2022 » et jugeant que la hausse des prix des hydrocarbures « pourrait être temporaire ». L'Iran a néanmoins menacé de faire grimper le baril au-delà de 200 dollars si les opérations militaires se poursuivaient, ravivant le spectre d'un choc inflationniste majeur en Europe et dans le monde.