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Groenland : le Danemark prêt à riposter militairement face aux États-Unis

Escalade majeure dans la crise du Groenland. Le ministre danois de la Défense a affirmé ce vendredi que les forces armées danoises répondront immédiatement à toute tentative américaine sur le territoire arctique, précisant que la priorité serait donnée à l'action avant toute discussion. Une déclaration d'une gravité exceptionnelle qui marque un tournant dans les relations entre Copenhague et Washington.

Cette annonce intervient dans un contexte de tensions extrêmes entre le Danemark et les États-Unis. Depuis plusieurs semaines, Donald Trump multiplie les déclarations menaçantes sur le Groenland, allant jusqu'à évoquer une annexion possible "dans environ deux mois". Le président américain a nommé le 22 décembre dernier un "envoyé spécial pour le Groenland", alimentant les craintes d'une action imminente.

La position danoise s'appuie sur un cadre juridique solide. Une directive de 1952, adoptée pendant la Guerre froide pour éviter qu'une invasion ne prenne à nouveau le pays par surprise comme lors de l'occupation nazie, ordonne aux forces danoises d'intervenir immédiatement si le territoire est attaqué. Les unités militaires ont pour consigne d'"engager le combat sans délai" et "sans attendre d'ordres", afin de gagner du temps pour une mobilisation plus large.

12 milliards d'euros pour réarmer le Groenland

Le ministre de la Défense et vice-Premier ministre Troels Lund Poulsen a annoncé que le royaume envisageait de dépenser 88 milliards de couronnes danoises, soit environ 12 milliards d'euros, pour réarmer le Groenland. Un investissement colossal qui témoigne de la détermination de Copenhague à défendre sa souveraineté sur ce territoire stratégique de l'Arctique.

La Première ministre Mette Frederiksen a également haussé le ton ces derniers jours. "Si les États-Unis choisissent d'attaquer militairement un autre pays de l'OTAN, alors c'est la fin de tout. Y compris notre OTAN et donc la sécurité mise en place depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale", a-t-elle déclaré sur TV2.

Le Premier ministre groenlandais Múte Egede a également réagi avec fermeté : "Ça suffit maintenant", a-t-il lancé face aux menaces répétées de Donald Trump, rappelant que le Groenland "n'est pas à vendre".

Face à cette crise, l'Europe fait bloc derrière le Danemark. Sept pays — la France, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne, l'Espagne, le Royaume-Uni et le Danemark — ont exhorté Washington à respecter la souveraineté du Groenland. Paris travaille avec Berlin et Varsovie sur un plan d'action au cas où les États-Unis mettraient leurs menaces à exécution, selon le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

Cette crise sans précédent au sein de l'Alliance atlantique pose une question fondamentale : que reste-t-il de l'OTAN si son membre le plus puissant menace d'envahir un allié ? La réponse du Danemark est claire : la résistance armée, quelles qu'en soient les conséquences.

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