L'Égypte et la France renforcent leur coopération dans les transports
L'Égypte et la France examinent les derniers développements de leurs projets de transport conjoints, confirmant l'ampleur d'un partenariat stratégique qui s'étend du métro du Caire aux lignes ferroviaires à grande vitesse. Avec plus de 4 milliards d'euros d'engagements financiers prolongés jusqu'en 2030, les deux pays consolident une coopération historique dans le secteur de la mobilité durable.
Le ministre égyptien de l'Industrie et des Transports, le général Kamel Al-Wazir, a signé une feuille de route avec son homologue français pour approfondir la coopération dans le domaine du transport ferroviaire et du traction électrique. Cet accord prévoit notamment la localisation de la fabrication ferroviaire en Égypte, avec la création d'un complexe industriel sur 66 feddans à Borg El-Arab, près d'Alexandrie. Ce site abritera deux usines : l'une dédiée aux systèmes électriques et de contrôle, l'autre aux unités mobiles à traction électrique.
Ce complexe industriel, qui devrait créer plus de 1 200 emplois pour les ingénieurs et techniciens égyptiens, est conçu pour produire les composants nécessaires à la ligne 6 du métro du Caire, à la modernisation de la ligne 1 et du tramway Raml, ainsi qu'aux systèmes de signalisation ferroviaire. Les produits fabriqués seront également destinés à l'exportation, générant des revenus supplémentaires pour l'État égyptien.
Un partenariat ferroviaire qui remonte à 1984
La coopération franco-égyptienne dans les transports urbains est ancienne. Depuis 1984, la France accompagne l'Égypte dans la construction de son réseau de métro. La modernisation du matériel roulant de la ligne 1 a mobilisé un financement exceptionnel de 777 millions d'euros en prêts concessionnels. Parallèlement, le projet de construction de la ligne 6 du métro constitue une priorité partagée par les deux pays.
L'Agence française de développement (AFD), premier partenaire financier bilatéral de l'Égypte avec 4 milliards d'euros d'engagements depuis 2006, a signé lors de la dernière visite présidentielle française plus de 260 millions d'euros de prêts et dons. Parmi ces financements, 70 millions d'euros sont dédiés au projet de ligne ferroviaire Robiki / 10e de Ramadan / Belbeis, un axe stratégique pour relier les ports secs à la mer et réduire les coûts logistiques.
À Alexandrie, le projet de métro Abu Qir, long de 21,7 kilomètres et doté de 20 stations, progresse avec le soutien de la Banque européenne d'investissement, de la BERD et de l'AFD. Sa première phase vise à doubler la capacité de transport, passant de 28 500 à 60 000 passagers par heure. Les entreprises françaises Thales, pour la signalisation CBTC, et Colas Rail participent activement à ce chantier.
Les entreprises françaises au cœur de la modernisation
L'ingénieriste français Systra pilote les travaux de la ligne 3 du métro du Caire et ses futures extensions. Il est également associé à 65 % avec Egis sur les lignes Blue et Red du réseau de train express électrique. La « Team France » de la filière ferroviaire, comprenant Vinci, NGE, Bouygues, TSO et Thales, est fortement impliquée. RATP Dev exploite le réseau depuis 2021.
Lors d'une rencontre récente, 29 entreprises et institutions françaises ont exploré de nouvelles opportunités d'investissement dans le secteur des transports égyptien. CDS, spécialisée dans la signalisation ferroviaire, a exprimé son intérêt pour la ligne Al-Fardan–Bir al-Abd–Arish–Taba. Artelia, cabinet d'ingénierie, souhaite contribuer au tramway d'Alexandrie et aux projets de modernisation aéroportuaire.
Le cadre de cette coopération bilatérale franco-égyptienne s'inscrit désormais dans un accord de partenariat stratégique élargi jusqu'en 2030, avec l'ambition de faire de l'Égypte un hub régional de transport. Avec 85 % de la signalisation ferroviaire encore manuelle dans le pays, le potentiel de modernisation reste considérable pour les années à venir.