Cyberharcèlement d'Imane Khelif : l'influenceur Papacito jugé le 26 février
L'influenceur d'extrême droite Papacito, de son vrai nom Ugo Gil-Jimenez, sera jugé le 26 février 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris pour cyberharcèlement et injure discriminatoire à l'encontre d'Imane Khelif. La boxeuse algérienne, médaillée d'or aux Jeux Olympiques de Paris, avait été la cible d'une violente campagne de haine en ligne durant la compétition, alimentée par une polémique sur son genre.
L'enquête, confiée à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine (OCLCH), a permis d'identifier l'un des cyberharceleurs présumés de la championne olympique. Les faits reprochés à Papacito concernent des propos diffusés sur TikTok, où il compte plus de 30 000 abonnés. Il est poursuivi pour "injure publique à caractère transphobe" et "cyberharcèlement moral aggravé".
La polémique avait éclaté lors des JO-2024 quand l'adversaire d'Imane Khelif au premier tour, l'Italienne Angela Carini, avait abandonné dès la première minute de leur combat. Sur les réseaux sociaux, une déferlante de haine s'était alors abattue sur la boxeuse algérienne, présentée à tort comme "un homme combattant des femmes". Des personnalités comme Elon Musk ou J.K. Rowling avaient relayé ces accusations infondées.
Un influenceur déjà condamné par le passé
Le trentenaire, né à Toulouse et résidant en Espagne, n'en est pas à son premier démêlé avec la justice. En juin 2021, il avait diffusé une vidéo simulant l'exécution d'un électeur de La France insoumise. En avril 2024, il a été condamné pour injures homophobes et incitation à la violence envers un maire du Sud-Ouest, ce qui avait conduit YouTube France à fermer sa chaîne en juin 2023.
Face aux accusations, la défense conteste : "Mon client s'est strictement borné à exprimer son avis dans le cadre de la controverse relative à l'éligibilité d'Imane Khelif à concourir dans la catégorie féminine", a déclaré son avocat, Me Martial Groslambert. Une ligne de défense qui risque de se heurter à la qualification de cyberharcèlement retenue par le parquet.
L'avocat d'Imane Khelif, Me Nabil Boudi, a salué la saisine de la justice, rappelant que "le cyberharcèlement peut avoir des conséquences sévères pour les victimes" et que "l'internet n'est pas une zone exempte de droit". La boxeuse avait déposé plainte à Paris le 12 août 2024, dénonçant une "campagne féroce" à son encontre.
Le même jour, un autre homme sera jugé : un Algérien de 31 ans poursuivi pour avoir cyberharcelé et proféré des menaces de mort racistes contre une autre boxeuse, la Marocaine Oumayma Bel Ahbib. Cette affaire illustre l'ampleur des violences en ligne qui ont visé plusieurs athlètes féminines durant les Jeux Olympiques de Paris 2024.