Iran : le président du Parlement promet une "leçon inoubliable" à Trump
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a menacé dimanche d'infliger une "leçon inoubliable" au président américain Donald Trump en cas d'attaque contre l'Iran. Cette déclaration intervient alors que le pays fait face à la plus importante vague de contestation depuis 2022, avec un bilan humain qui ne cesse de s'alourdir.
Devant des milliers de partisans du régime rassemblés sur la place de la Révolution à Téhéran, le chef du Parlement a livré un discours particulièrement virulent. "En cas d'attaque contre l'Iran, le territoire occupé et tous les centres militaires, bases et navires américains dans la région seront nos cibles légitimes", a-t-il déclaré, qualifiant Israël de "territoire occupé".
Mohammad Bagher Ghalibaf a précisé que l'Iran ne se considérait pas "limité à réagir après l'action" et agirait "sur la base de tout signe objectif de menace". Une posture offensive qui traduit la nervosité du pouvoir face à la pression conjuguée des manifestations internes et des menaces américaines.
Une "guerre sur quatre fronts"
Le président du Parlement a qualifié la situation de "guerre sur quatre fronts" : économique, psychologique, militaire contre les États-Unis et Israël, et désormais "contre des terroristes", en référence aux manifestants. Cette rhétorique vise à légitimer la répression brutale des protestations qui secouent le pays depuis fin décembre.
Le mouvement, parti de Téhéran pour dénoncer la cherté de la vie et l'effondrement de la monnaie nationale, s'est propagé aux 31 provinces iraniennes. Selon l'ONG Iran Human Rights basée en Norvège, au moins 192 personnes ont été tuées. D'autres organisations avancent des bilans bien plus lourds, évoquant plusieurs centaines voire des milliers de morts.
Trump n'exclut pas l'option militaire
Face à cette escalade, Donald Trump a affirmé que l'Iran souhaitait "négocier" et qu'une rencontre était "en cours de préparation". Le président américain n'a toutefois pas écarté l'option militaire, indiquant que son administration étudiait "des options très fortes".
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a répondu en affirmant que la République islamique était "tout à fait préparée pour la guerre" tout en se disant prête à des négociations "équitables, avec des droits égaux et fondées sur le respect mutuel".
L'Union européenne s'est déclarée prête à imposer de nouvelles sanctions, tandis que le chancelier allemand a condamné la violence comme un "signe de faiblesse" du régime iranien. La communauté internationale observe avec inquiétude cette confrontation qui pourrait redéfinir l'équilibre géopolitique au Moyen-Orient.