Grève des médecins : jusqu'à six mois pour voir un dermato, « cette loi va aggraver la pénurie », craint la profession
Alors que la grève des médecins libéraux se poursuit depuis le 5 janvier 2026 et jusqu'au 15 janvier, les dermatologues tirent la sonnette d'alarme. Avec des délais d'attente pouvant atteindre six mois pour une consultation, ils dénoncent une situation qui pourrait encore s'aggraver avec les nouvelles mesures du budget de la Sécurité sociale.
La mobilisation des médecins libéraux en cours depuis le 5 janvier a pris une ampleur considérable. Selon les syndicats, environ 85% des praticiens participent à ce mouvement de grève qui doit se poursuivre jusqu'au 15 janvier 2026. La manifestation du 10 janvier dernier à Paris a rassemblé plusieurs milliers de professionnels de santé, entre 5 000 et 20 000 selon les sources.
Les dermatologues en première ligne
Le Syndicat national des dermatologues-vénérologues (SNDV) s'est joint au mouvement de grève du 5 au 15 janvier. Le Dr Luc Sulimovic, président du syndicat, évoque une « urgence sanitaire et démographique », rappelant que la dermatologie constitue « le dernier rempart pour la prise en charge des cancers de la peau en France », avec plus de 150 000 cas diagnostiqués chaque année.
« Notre expertise sauve des vies, votre mépris les met en danger », dénonce le syndicat, pointant du doigt « l'asphyxie budgétaire » qui frappe la spécialité. Les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous avec un dermatologue atteignent désormais six mois dans certaines régions, une situation qui préoccupe fortement les professionnels.
Des mesures jugées dangereuses
Les médecins libéraux dénoncent plusieurs articles du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026. L'article 24, qui permettrait à l'Assurance maladie de baisser unilatéralement les tarifs des consultations, cristallise particulièrement les tensions. Les praticiens s'opposent également aux mesures d'encadrement des prescriptions et aux contraintes liées au dossier médical partagé (DMP).
Lors de la manifestation du 10 janvier à Paris, Anna Boctor, présidente du syndicat des jeunes médecins, a prévenu que « le mouvement va se durcir ». Elle a dénoncé une « dérive autoritaire » de plusieurs articles de la loi de financement de la Sécurité sociale, tandis que les manifestants défilaient derrière une banderole proclamant : « Maltraiter les soignants, c'est maltraiter les patients ».
La grève se poursuit actuellement et prendra fin le 15 janvier. Les patients sont invités à contacter le 15 (SAMU) en cas d'urgence médicale ne pouvant être différée. La ministre de la Santé a tenté d'engager des discussions avec les syndicats, mais ces derniers ont pour l'instant refusé ses propositions de rencontre.